Revue de presse : les pilotes séduisent à Luchon

Revue de presse : les pilotes séduisent à Luchon

Cette semaine avait lieu à Luchon, charmante bourgade des Pyrénées, le Festival des Créations Télévisuelles. Ce festival était notamment l’occasion de découvrir beaucoup de téléfilms (seize) et quelques séries (quatre) qui sont ou seront prochainement sur nos écrans, mais aussi des projets qu’on ne reverra peut être jamais.

Depuis 2011, le « Tremplin à la création » est une section du festival consacrée à la découverte de pilotes de séries proposés par des producteurs. Elle commence à faire parler d’elle puisque TéléObs a décidé de consacrer un article à ces mystérieux pilotes dont on ne sait pas grand chose.

En France, c’est souvent à l’initiative du producteur que nait un pilote pour trouver le graal : un diffuseur. Le pilote a cependant un double objectif : rassurer les chaînes sur la capacité des producteurs à produire des projets de qualité et montrer les qualités artistiques d’un projet qu’on ne voit pas toujours sur le papier. Laurent Lacroix confie à l’AFP « C’est désormais plus difficile de vendre aux chaînes un projet présenté uniquement sur papier. Il vaut mieux réaliser un pilote pour montrer ce que ça va donner, c’est plus parlant”.

Alors qu’aux Etats Unis, les pilotes font partie intégrante du processus de développement d’une série entre les studios et les networks, on peut se réjouir que le public français découvre enfin l’intérêt du pilote. Les chaînes y ont régulièrement recours notamment pour les programmes de flux, mais les projets de fiction n’ont pas toujours cette chance. Le CNC cherche pourtant à encourager cette pratique, puisqu’une aide sélective au pilote de fiction existe. Malheureusement, quand on regarde de plus près les résultats de la dernière commission, on remarque que la plupart de ces pilotes font entre 1 et 7 minutes. On savait la France championne en programmes courts mais à ce point…

En réalité, les pilotes produits en France sont rarement complets. Claude Coret, une des organisatrices du festival explique dans TéléObs : « Il est plus compliqué de faire une superbe fiction de trois minutes qu’une de 26 minutes”. Oui mais une superbe fiction de 3 minutes, ce n’est malheureusement pas la même chose qu’une superbe fiction de 26 ou 52 minutes. Si le pilote sert surtout à rassurer le diffuseur sur les capacités du producteur à faire son travail, on peut se demander ce qu’il voit des qualités créatives de la série en si peu de temps.

Dans un article dédié aux enjeux de cette édition du festival, La Dépêche a osé une accroche un brin provocatrice « La télé devrait être dirigée par des créateurs », à croire que le journal a mieux compris les enjeux de la fiction télévisuelle de demain que certains diffuseurs.

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