Revue de Presse : Netflix et Arrested Development font une pause

Revue de Presse : Netflix et Arrested Development font une pause

Non, la nouvelle saison d’Arrested Development ne sera pas une préquelle située temporellement dans un passé lointain. (Ils ont pas bougé d’un poil, même Cera! – d’ailleurs c’est assez déprimant comme constat, le concernant)

Arrested Development était une série de la chaîne FOX, diffusée entre 2003 et 2006. 3 saisons qui tiennent du miracle, tant la série drainait une audience minimale. La série, créée et showrunnée par Mitchell Hurwitz était tout bonnement, à l’époque, une des meilleures comédies à l’antenne. La plus outrancière, la plus libre, la plus rythmée.

Arrested Development possédait cette particularité qu’elle n’a en commun qu’avec les plus grandes parodies de l’histoire du cinéma, celle de ne pas se contenter de mettre en scène une blague dans chaque plan, mais plusieures. Arrested Development est la reine du revisionnage. Sa densité fait qu’il est quasi-impossible de voir tout du premier coup. La série réussit se mélange rarissime et explosif d’excellence de l’écriture ajoutée à la brillance du casting, à la richesse de la réalisation, à la justesse de ses guests… bref, une oeuvre qui touche à la perfection.

Du coup, son retour programmé sur le réseau de diffusion netflix (1) provoque des réactions cyclothymiques : « Génial, c’est de retour, formidable ! » « Mais, oh… et s’ils se foirent ? » Lorsque la saison 4 de la série arrivera sur Netflix, il se sera passé 7 ans. 7 années pendant lesquelles Hurwitz s’est avéré ne pas réussir à rebondir après ce projet. Sit Down, Shut Up et Running Wilde étaient loin d’être aussi abouties, et on ne compte plus ses pilotes avortés. Tout ce qu’on espère, c’est que retrouver la famille Bluth relancera la machine pour un auteur extrêmement talentueux, qui n’avait jamais semblé avoir tourné la page.

L’équipe sur le tournage. Et en deuxième en partant de la droite, Stéphane Bern, invité pour l’occasion (à vérifier)

Les dernières infos qui viennent de la production tendent à prouver qu’Hurwitz a retrouvé son mojo (2). Originalement prévue pour 10 épisodes, la série en comptera 12, peut-être 15, rien n’est figé ! Hurwitz aurait tourné bien plus que prévu, et aurait ajouté des arches à son récit. Afin de ménager les divers emplois du temps, mais surtout permettre à Hurwitz de réorganiser son contenu, Netflix a interrompu le tournage. Quasiment pour réécrire.

La forme Netflix, qui n’est soumis à aucun calendrier de diffusion (en dehors de leur souhait de balancer le produit au printemps), permet ce genre de changements. Les auteurs de séries comiques disent souvent qu’ils ont besoin de temps pour trouver le ton. Ca s’est traduit sur beaucoup de récentes réussites formelles, comme Community, The Office, Parks and Recreation, 30 Rock… autant de séries qui peinaient à leurs débuts, avant de briller à partir de quelques épisodes. C’est le temps qu’il fallait aux auteurs pour s’harmoniser avec les voix de leurs comédiens, de peser le pour et le contre sur les pistes narratives choisies…

Hurwitz a le luxe de pouvoir passer par cette étape de pause et redéfinir sa série avant la mise à l’antenne. Et même si on a peur que ce retour entache ce qui est aujourd’hui une oeuvre formidable de cohérence, un petit bijou de comédie, on ne jouera pas les oiseaux de mauvaise augure. On souhaite avant tout que le retour d’Arrested Development soit une réussite totale.

Alors, Mitch, au boulot, et plus vite que ça !

Le générique de la série originale, avec la voix de Ron Howard comme narrateur.

(1) : ces épisodes sont censés ouvrir sur un film Arrested Development, du moins c’est ce qui était prévu en 2011 quand le projet a été lancé.
(2) : cette expression est copyrightée Nathalie Lenoir, qui sera dédommagée en conséquences.

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