Revue de presse : True Blood, la patate chaude

Revue de presse : True Blood, la patate chaude

« C’est qui le nouveau. Et pourquoi il pleure ? »

S’il y a bien un boulot qui n’a pas l’air simple, c’est bien showrunner de la série vampirique d’HBO, True Blood. Après cinq ans de loyaux services (oui, « bons » ça nous semblait exagéré), Alan Ball a passé la main à Mark Hudis, présent depuis la saison 4, qui a côtoyé Ball quand ils travaillaient ensemble sur la série Cybill. C’était en mai 2012.

Début mars, alors que la saison 6 de True Blood est en plein tournage, c’est au tour de Hudis de dire stop (1). Et au tour de Brian Buckner, présent depuis la première saison, d’attraper la patate chaude au vol. En prenant ses fonctions en mai, Hudis en a profité pour signer un deal de développement avec HBO qui lui assure un futur assez radieux. Dégagé de ses obligations à Bon Temps, il va pouvoir s’attaquer à d’autres projets, peut-être moins risqués.

« Attendez, j’ai signé pour quoi, moi ? »

Officiellement, Hudis a déclaré qu’il était impossible de prendre la place d’Alan Ball. Trop dur, vu que le garçon a déjà offert deux gros succès à HBO, gagné un Oscar… bla-bla-bla. Mais est-ce que, au final, le problème ne viendrait pas de la série en elle-même, de ce qu’elle est devenue? Vu d’ici, True Blood ressemble à un champ de ruine. Chaque année a été le moyen pour les auteurs d’ajouter des créatures, de multiplier les sous-intrigues, tout en, paradoxalement, appauvrissant considérablement l’oeuvre.

La série possède une cargaison de personnages, mais très peu d’entre eux sont engageants. Alan Ball, pendant ses 5 ans à la tête du show, bien décidé à « se faire plaisir » après l’exigeant Six Feet Under, donne l’impression d’avoir tout pris par-dessus la jambe. Une surenchère de « plus c’est con, plus c’est bon » qui a eu pour effet de siphonner la série de toute sa moelle.

Si les personnages de Sookie (prononcer « Souhkay » très rapidement comme si vous étiez à bout de souffle) et de Bill Compton ont toujours été agaçants au possible, si Tara a toujours été une tête à claques, et si on s’est toujours plutôt foutu du sort d’Andy Bellefleur ou de Jason Stakehouse, tout le monde n’était pas à mettre dans le même sac.

Souvenez-vous bien, avant d’avoir des pouvoirs magiques, Lafayette était un personnage intéressant. Avant d’avoir un frère débile, Sam Merlotte était agréable à suivre. Avant de perdre la mémoire et d’être accroc au jus de fée, Eric Northman était un des personnages les plus cools de la télé (et son duo avec Pam était juste génial). 5 saisons, c’est le temps qu’il a fallu à Alan Ball et ses équipes pour rendre la série impossible à sauver.

« Avant, j’étais cool. Mais ça, c’était avant… »

A moins de renouveler le cast, d’insuffler du sang neuf, ou de réussir à rendre à nouveaux intéressant des personnages devenus leur propre parodie (ce qui tiendrait du miracle), on ne voit pas comment un nouveau showrunner pourrait à nouveau insuffler de la vie dans ce mort clinique. On souhaite bien du courage à Brian Buckner, nouveau taulier intronisé qui, en cas de succès pour la saison 6, gérera la septième.

Buckner, dont le CV laisse réveur sur le futur de la série : Friends, The Class, Joey. Et si HBO voulait faire de True Blood une sitcom multicam ? Vu le niveau de ridicule de son univers, ça ne serait pas si illogique. (2)

NDLR: La semaine prochaine dans ON A VU, Marine Pérot va nous parler de la fantastique saison 5 de True Blood. Un mot parasite est venu se glisser dans la phrase précédente; indice: ça n’est pas « semaine ».

PS: Avis à HBO, il y a un showrunner qui a déjà réussi à ressusciter un mort, c’est Glen Mazzara. Ce qu’il a fait aux zombies, il peut le faire aux vampires. Nuf’ said.

(1): …in the name of love. Ne me remerciez pas si vous l’avez dans la tête, dorénavant.

(2): Evidemment qu’on en pense pas un mot ! Encore que…

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