RIP Robin Williams (1951-2014)

RIP Robin Williams (1951-2014)

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Infinie tristesse au réveil ce mardi matin : la nouvelle du décès, à 63 ans, de Robin Williams. L’inoubliable héros de Good Morning Vietnam, Le Cercle des poètes disparus ou encore Will Hunting (qui lui valut un Oscar) s’est éteint cette nuit à Los Angeles. Son corps a été retrouvé à son domicile et la police de Marin County évoque un suicide comme cause probable du décès, même si une enquête est toujours en cours pour définitivement élucider les causes. Le choc est immense des deux côtés de l’Atlantique, les hommages se multiplient déjà et le Daily Mars reviendra probablement sur cet incroyable génie tragi-comique, dont les sériephiles se souviendront longtemps par ailleurs d’une foudroyante apparition dans un épisode sépulcral de Louie (photo). En attendant, Douglas McDouglas confie ici ses premiers sentiments. Difficile de réprimer l’émotion. Happy trails, O Captain, my captain…

Je me souviens encore du premier film dans lequel j’ai vu Robin Williams. J’avais 4 ans, c’était dans une salle de ciné de Gréoux Les Bains. Il pleuvait des cordes et mon grand père nous avait emmené mon frangin et moi voir Hook. J’avais eu droit à un gros Toblerone et j’en avais dégusté chaque triangle avec délectation. A l’écran, je découvrais le rôle pour lequel Robin Williams avait été taillé et dont je ne pourrais jamais l’en dissocier. Un homme au visage rond, un sourire espiègle, les collants verts de Peter Pan, une frimousse d’enfant qui aurait refusé à tout jamais de grandir et un type capable de la meilleure série d’insultes au monde dont les mythiques « paramécie » et « pion de fac ».

robinPour moi et pour beaucoup d’autres, Robin Williams sera a tout jamais ce personnage de grand gamin, de fou vivant, d’homme portant en lui cette tendresse que seuls les enfants ont et qui refuse la dégueulasserie du monde. Qu’il se fasse animateur radio en enfer dans
Good Morning Vietnam, professeur amoureux de la vie dans Le Cercle des Poètes Disparus, clodo fantasque dans Le Roi Pêcheur, génie malicieux dans Aladdin ou docteur blagueur dans Patch, Robin Williams aura amené dans chacun de ses rôles (et ce malgré la qualité parfois relative des films) une douceur et une drôlerie dont lui seul avait le secret.

insomniaMais comme beaucoup de grands comiques l’homme avait aussi sa part d’ombre. Cousin lointain de Peter Sellers avec lequel il partageait une fibre comique naturelle et une inclinaison pour la dépression, il n’a pas hésité au cours de sa carrière à explorer les faces les plus sombres de sa personnalité comme dans Insomnia où il s’était mué en tueur pervers et dans Photo Obsession où il s’était transformé en pervers tueur.

Récompensé d’un Oscar pour son rôle dans Will Hunting, Robin Williams savait naviguer entre la comédie pure et l’émotion brute. Capable de vous émouvoir aux larmes avec un de ses sourires tristes et de vous faire pisser de rire deux secondes plus tard, il était un de ces monstres sacrés irremplaçables qui aura marqué des générations entières de cinéphiles, des gamins qui comme moi l’ont découvert dans Hook ou plus tard dans Flubbers aux « grands » qui l’avaient vu lancer des « Ô capitaine mon capitaine » et changer une salle de classe coincée en salle de jeux débridée.

Ce 11 aout, Robin Williams a quitté un monde qu’il avait aidé à rendre plus beau. De lui on ne gardera pas l’image d’un comique qui derrière les rires se sera battu avec la drogue, l’alcoolisme et la dépression mais plutôt du formidable acteur qui nous aura donné envie de sourire quand tout va mal.

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Je me souviens encore de la dernière fois où j’ai vu Robin Williams. C’était dans la saison 3 de Louie, c’était pour un enterrement, c’était drôle, c’était beau, c’était tout Robin Williams.

Et souvenez vous: « You’re only given a little spark of madness. You mustn’t lose it. »

 

 

 

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