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Robert Knepper : « Mon inspiration pour Samuel dans Heroes ? Hitler et Keith Richards »

Robert Knepper : « Mon inspiration pour Samuel dans Heroes ? Hitler et Keith Richards »

Passé à la postérité pour son rôle de T-Bag dans Prison Break, l’acteur a enchaîné en 2009 avec la saison 4 de la désormais défunte Heroes. Une fois de plus dans la peau d’un beau salaud : Samuel Sullivan, mutant pas content. Interview réalisée en décembre dernier à Paris.

Invité à Paris par la chaîne Syfy, qui diffuse depuis le 12 janvier la saison 4 de Heroes en exclusivité, Robert Knepper aura marqué l’histoire de la télé de son petit coup de griffe à lui, via sa prestation jubilatoire en taulard vicelard dans Prison Break. Logiquement, les producteurs de la déclinante Heroes firent appel à son rictus hargneux (et sa notoriété) l’an dernier pour composer le très vilain Samuel Sullivan. Un sombre mutant doué du pouvoir de « géokinésie », à la tête d’une bande d’autres mutants (Allo Magneto ?), rassemblés autour de lui dans le cadre d’un cirque itinérant. Un peu comme Larry Hagman, l’ami Robert n’a évidemment rien d’une carne et se montre particulièrement affable (et sans langue de bois) pour la promotion d’une saison 4 de Heroes qui, hélas ou heureusement selon les points de vue, fut donc la dernière sur NBC. Affuté comme une lame, l’oeil vif, élégamment sapé de noir, il vous répond du tac au tac avec un chaleureux sourire. Depuis, Knepper a trouvé le moyen de renouer avec T-Bag le temps d’un épisode de la série à venir Breakout Kings. Ha il est fort, l’animal !

Connaissiez vous bien Heroes avant d’accepter le rôle de Samuel Sullivan ?
Non… J’ai grandi sans jamais regarder la télé et je continue encore aujourd’hui. La première personne que j’ai rencontré de la production fut Dennis Hammer, je ne connaissais pas Tim Kring. Le timing était le bon, je sortais de Prison Break qui venait d’être annulée au bout de quatre saisons et j’avais l’opportunité de jouer dans Heroes, qui démarrait sa quatrième saison… Ils avaient besoin d’un visage familier des téléspectateurs pour ce rôle et voilà ! J’ai juste regardé le pilote, que j’ai adoré. Putain d’épisode !

Ca s’est gâté par la suite, hélas…
Oui je suis au courant ! (rires) Mais je félicite Tim Kring, parce qu’il a tenté tellement de choses avec Heroes et cette série a été tellement copiée , il faut lui rendre ça.

Etes-vous familier de la culture super héros, lisiez vous des comics dans votre adolescence ?
J’ai du en lire quelques uns comme n’importe quel enfant américain, plutôt vers l’âge de dix ans. Les principaux, quoi :  Superman, Batman, Spider-Man… A l’adolescence j’ai plutot abandonné ces lectures. Mon père était vétérinaire,  j’ai grandi dans une ferme où il y avait beaucoup de travail. Mon père était très old school, il ne voyait pas l’intérêt d’engager un jardinier quand il pouvait me payer trois dollars pour tondre la pelouse et j’en ai tondu beaucoup ! Entre le boulot à la ferme, dés l’âge de 11/12 ans, et l’école, il ne me restait plus de temps pour les comics ou la télé.

Pour revenir à Samuel Sullivan, pourquoi avoir accepté le rôle – en dehors de la promesse d’un boulot stable ?
J’avais déja joué dans la série Carnivale (dans le rôle de Tommy Dolan – ndJP), j’étais donc habitué aux univers de freaks. Quant à Sullivan, même si il dirige un cirque itinérant, j’ai aimé qu’il ne soit pas écrit comme un aboyeur de foire typique comme on peut en voir dans les films. Dennis et moi, nous avons voulu en faire une rock star, un de ces bad boys du rock anglais et j’ai pensé à Keith Richards, surtout pour le look et ses yeux maquillés… Qui est-il derrière ce masque ? Il y a un petit détail que j’ai « créé » pour Samuel… Je n’en ai pas parlé jusque là. Vers le final de la saison 4, Samuel fait un discours devant ses troupes, qu’il ponctue d’un petit signe à peine perceptible (il esquisse un geste évoquant le salut hitlérien – ndJP).  J’ai visionné pas mal de documentaires sur Hitler, notamment ses discours devant les jeunesses hitlériennes et j’ai étudié son salut : la plupart du temps, il ne fait pas un vrai salut bras tendu, mais plutôt ce petit geste rapide un peu bâclé, presque comme une vague… J’ai voulu reproduire ce geste pour Samuel. Hitler était le mal à l’état pur, il était un dément, mais je suis fasciné par l’idée qu’un seul homme, aussi mauvais soit-il, ait pu avoir autant de pouvoir et d’influence sur autant de gens.  En Europe, y compris dans votre pays, beaucoup de gens ont cru à un moment que cet homme en Allemagne serait la solution à leurs problèmes. Certains l’ont suivi jusqu’à la tombe et ce fut une source d’inspiration pour mon rôle. Samuel est un Hitler en devenir, il a un charisme similaire et si personne ne met un terme à ses agissements, il pourrait bien tenter de s’emparer du monde.

Que pensez vous du parallèle que les fans ont fait entre votre personnage et celui de Magneto dans les X-Men ?

C’est le personnage joué par Ian McKellen au cinéma, c’est ça ? Oui, ça se tient… Un peu comme Magneto, Samuel a besoin de ses troupes pour être puissant, sans eux il n’est rien.

C’est une métaphore intéressante de votre propre métier d’acteur : vous dépendez de l’amour du public pour exister.

Avant Prison Break, je n’aurais sans doute pas été d’accord avec vous. Mais depuis que j’ai incarné T-Bag, je sais ce que c’est d’incarner un personnage aimé des gens, de ressentir cette popularité internationale à laquelle on devient accro. J’adore venir donner des interviews à Paris et être hébergé dans un super hôtel ! (Le Plazza athénée, à la demande de Knepper himself soit dit en passant… ndJP). Et surtout, on devient vite accro au fait que d’autres personnes viennent vous chercher pour vous dire « j’aimerais vous proposer ce rôle, je l’ai écrit pour vous ». Au final, j’ai choisi ce métier uniquement parce que j’adore jouer la comédie, enfin je pense ! Et c’est ça le plus important, c’est ce qui vous permet de surmonter les passages à vide, tant qu’il y a du boulot même dans des rôles moins prestigieux. Message aux débutants : si vous faites ce métier uniquement pour la célébrité, vous êtes baisés.

Après une excellente saison 1, Heroes est devenue la risée des fans et de la critique, surtout en saison 3, honnêtement catastrophique y compris en audiences. Cela vous a-t-il fait hésiter avant de signer ?
Franchement, non. Il y a quelques personnes dans mon entourage qui m’ont déconseillé de le faire, mais j’y ai vu simplement une opportunité de travail. Le personnage de Samuel était intéressant, fun à jouer… Les temps sont trop durs actuellement pour se la jouer diva et dire « mmmh, ce rôle est-il vraiment bon pour moi ? … ». Mon métier, c’est de faire l’acteur du mieux que je peux partout ou c’est possible. Si j’avais eu d’autres saisons de Prison Break sous le coude, je n’aurais sans doute pas accepté mais voilà…

Vous venez de reprendre votre rôle de Theodore Bagwell,  alias T-Bag dans Prison Break, dans la série à venir Breakout Kings et il parait que vous avez très envie d’en parler ! (Breakout Kings est une nouvelle série imminente sur la chaîne A&E dans laquelle des US Marshals s’entourent d’ex-détenus pour retrouver des fugitifs – ndJP).

Oh j’ai seulement tourné un épisode, le sixième, dans lequel les héros courent après T-Bag qui s’est échappé. Et quand le showrunner m’a appelé, j’ai d’abord trouvé l’idée stupide. Je pense qu’elle est venue de Peter Chernin, ex-patron de Fox Entertainment (studio qui produisait Prison Break – ndJP) et qui dirige maintenant la société qui produit Breakout Kings. Et puis, ça m’a semblé finalement une belle lettre d’amour à T-Bag, à qui je dois énormément. Je leur ai répondu : « tant que vous ne tuez pas T-Bag à la fin, j’en suis ! » Et ce fut une expérience géniale, un peu surréaliste de rejouer ce personnage. Franchement, je n’ai jamais lu d’aussi bons dialogues pour T-Bag que dans cet épisode et vous retrouverez le T-Bag que vous avez aimé dans Prison Break.

HEROES SAISON 4 (19 épisodes) : depuis le 12 janvier, chaque mercreci à 20h45 sur Syfy.

End of transmission
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