« Rose Morte » : bit-lit période Renaissance

« Rose Morte » : bit-lit période Renaissance

Note de l'auteur

813jyZG2lQLL’histoire : Eileen, dite Rose, est une jeune fille de bonne famille aristocratique, anglaise et réfugiée en France pour échapper aux persécutions d’Elizabeth Ier. Esprit libre, elle refuse le mariage, alors même qu’elle a 28 ans. Sa route croise alors celle du Comte de Janlys, un homme mystérieux qu’elle ne voit que la nuit tombée. En parallèle, les guerres de religion font rage et que différents, et mystérieux « clans » jouent de troubles jeux d’alliances.

Mon avis : Récit historique et histoire de vampire et d’amour, ce titre est une introduction, intitulé La Floraison. Céline Landressie prend bien garde à rester dans un univers plausible, un contexte historique où les jeux de pouvoir du monde des humains se passent en parallèle du même jeu dans le monde de l’ombre, un monde avec ses propres règles et ses propres clans.

Les Vampires, les êtres de la Nuit, ne sont pas omniscients, ils sont juste différents. Si Rose apprend leurs usages et que les tribus sont différentes, avec leurs pouvoirs, leurs mutations, comme c’est l’usage dans ce type d’histoire, ils sont amenés de façon plus douce, et bien plus cohérente que dans un monde à la Anita Blake, dirons-nous.

Le roman n’est que le premier de la serie, et est un peu lent au démarrage. Il pose le cadre de la Renaissance, les luttes de pouvoir entre les hommes et les autres, et montre les difficultés qu’il y a à être une femme libre. Du moins, jusqu’à ce qu’elle rencontre un homme qui en saura plus qu’elle et sous le joug duquel elle va se placer. Bon, d’accord, j’exagère beaucoup, car l’amour, dans ce cas, est présenté dans le cadre d’une société où les femmes sont « protégées » et donc ont plus de facilité à penser aimer de toute leur âme, à tomber en pâmoison devant un seigneur. Rose n’est pas niaise et bien écrite comme une personne de son époque. Si les personnages principaux sont bien décrits, leurs relations et la politique environnante ciselés, les personnages secondaires ne sont pas oubliés, qu’il s’agisse du frère du Comte, Adelphe, ou du serviteur de Rose, Jacques.

rose-morte-2-cc3a9line-landressiePar contre, celui qui rechercherait une histoire où ça se prends férocement dans tout les coins et des descriptions graphiques de relations charnelles se verraient, pour le moment déçu. C’est une histoire de sentiments, de relations contrariés (quand même, voyons!), d’une mythologie remise au goût Renaissance, de la découverte du Nouveau Monde et de pouvoir. Rien que ça ! Un bon début, qui en tout cas, a des fondations solides et qui ne part pas dans tous les sens.

Autour du livre : Céline Landressie est une auteure française, qui possède d’ailleurs son blog.

Si vous aimez : Alexandre Dumas, avec une pinte de sang frais et un côté gouailleur à la True Blood. Mais avec, parfois, une certaine lenteur dans le propos, un peu comme les descriptions de la guerre d’Austerlitz par Victor Hugo (non, sérieux, Victor, 100 pages de description pour trois lignes de récit, je t’en veux encore !)

Extrait : « Une multitude de pas résonnaient dans la rue Gros-Horloge. Non pour cause d’activité marchande, puisque l’on était dimanche et que dimanche était jour chômé, mais parce que tout le quartier comptait en populace se rendait à l’office. Toute fois, entre la proximité de l’hôtel de ville, de la cathédrale, et de dizaines de boutiques ouvrant sur la rue, l’endroit grouillait de monde dès le premier coup de la Cache-Ribaud – l’une des deux cloches communales -, messe dominicale ou pas.
Lady Mary déplorait d’habiter ici, et le faisait savoir à qui voulait l’entendre. Elle aurait préféré loger dans un coquet petit hôtel particulier semblable à ceux qui bordaient le rue Sainte-Patrice. Requête à laquelle lord Edmund faisait la sourde oreille depuis des lustres. Rose soupçonnait qu’en réalité, malgré l’apparente aisance pécuniaire de la famille, ils n’en avaient simplement pas les moyens. D’ailleurs, peu nombreux étaient ceux qui possédaient encore une telle fortune. Les campagnes militaires successives avaient ruiné une large majorité de la petite noblesse. Bien des hobereaux avaient vu leur fortune réduite à peau de chagrin. »

Sortie : 20 mars 2015, éditions Milady, 587 pages, 7,90 €.

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