Round 2… 3,2,1… Fight!!!

Round 2… 3,2,1… Fight!!!

Fighters of Games  by denderotto (Deviantart)

Fighters of Games by denderotto (Deviantart)

Pour les adeptes des jeux de baston, les années 90 symboliseront l’âge d’or de cet art du bourre pif, une avalanche de titres, de coups et de combos.

16 Bits,  6 boutons, 2 raisons de tous les défoncer

Le round 1 a été marqué par le développement des jeux de baston sur bornes d’arcade et, fin des années 80, sur les PC de l’époque. Le début des années 90 symbolisera la montée en force des consoles de salon 16 bits qui donneront toutes leurs puissances pour faire pleuvoir les coups sur vos adversaires. Mais outre la puissance, c’est surtout l’apparition de pads à plusieurs boutons qui permettront aux jeux de baston de s’exprimer librement sur consoles.

3 poids lourds se battront dès 1990 pour la suprématie du ring :

  • La Neo Geo

La Rolls des Consoles : La Neo Geo AES  (SNK-1990)

Apparu en Avril 1990, la Neo Geo AES (SNK) demeure dans l’esprit de tous gamers comme la console qui a amené les bornes d’arcade dans leur salon. Profitant du catalogue SNK en bornes d’arcade, de spécificités techniques surpassant les consoles 8 bits existantes, d’un véritable stick avec 4 boutons, cette console a fait rêver plus d’un joueur et ruiner les plus chanceux (environ 1000 franc à l’époque).

En 1991, un des titres phares de la Neo Geo en Arcade et des jeux de baston en général sera porté sur cette console : Fatal Fury.

Fatal Fury (SNK -1991)

Fatal Fury (SNK -1991)

Sorti quelques mois à peine avant un autre adversaire de poids en la personne de Street Fighters II, Fatal fury est le premier jeu à proposer de jouer sur 2 plans, le plan avant principal et le plan arrière pour esquiver les attaques ; chaque personnage disposant d’attaques touchant les 2 plans. Jauges d’énergie qui se remplissent en bloquant les coups, gagner un match en faisant sortir un adversaire de l’aire de combat (ring-out), compteur de coups portés lors des combinaisons, les Desperation Moves (ou Furies) qui  lâchaient une avalanche de coups dévastateurs et spectaculaires ; jamais un jeu n’a été aussi novateur. Une innovation sur la durée, car Fatal fury est aussi un des premiers jeux à construire un univers autour de son histoire. En effet, Terry et Andy Bogard combattent lors du tournoi King of Fighter qui deviendra lui aussi une licence à part entière en 1994. Fatal fury 2 (1992) rajoutera 5 personnages jouables (au total 8) par rapport à la version précédente, et sera adapté sur les principales consoles de l’époque (SNES -PC engine – Megadrive).

samourai shodown

Samourai shodown (1994)

De nombreux titres sortiront sur Neo Geo apportant tous leurs innovations:

Art of Fighting (1992) qui inclura le système de Zoom sur les personnages pendant le combat.

King of Monsters (1991) où on incarne Godzilla et autres monstres dans une ville.

 Samourai Shodown, qui réintroduira le combat à l’arme blanche et sera suivi jusqu’en 2008 sur Playstation 2 et 2010 sur le Playstation network.

 

The_King_of_Fighters_-94_-_1994_-_SNK_CorporationThe King of Fighters (1994) apportera le système de Tag team à 3, plus un striker (en 1999) venant surprendre l’adversaire en plein combat, mais aussi des enchaînements manuels et automatiques de coups pour faire défiler le compteur. Cette licence est toujours active et un nouvel opus est prévu en 2015 par SNK.

La Neo Geo, sous ses différentes versions, demeurera une console emblématique pour les jeux de baston, jeux qui deviendront même une des raisons de l’achat de la console. Paradoxalement, SNK en portant ces jeux sur sa console et les autres existantes, sciera petit à petit la branche des bornes d’arcade : mais la branche demeurera solide et c’est toujours au travers des bornes d’arcade que sortiront les Hits des jeux de baston.

  •  La Super Nintendo et la Megadrive

Super Nintendo (Nintendo -1990)

La Super Nintendo (1990) est la première console 16 bits disposant de 6 boutons sur son pad, dont 2 placés sur l’épaisseur du pad pour contrôler certaines fonctions (rotation notamment sur F-Zéro puis Starfox). Ils donneront toutes leurs puissances dans les spécifications des coups (poing/pied, faible/moyen/fort). Sortie en réponse à la Megadrive (SEGA) en 1988, la politique de licence exclusive de Nintendo prendra fin avec Capcom ouvrant le portage de tous les jeux notamment SNK sur ces deux consoles.

 

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Megadrive (SEGA – 1988)

La Megadrive (1988), quant à elle, ne dispose que de 3 boutons sur son pad, ce qui en terme de gameplay pour un jeu de combat, est limité. L’achat d’un, voire de deux pads, à 6 boutons (développés notamment pour Street fighter II) sera nécessaire pour rivaliser sur ces jeux avec sa concurrente directe.

Les deux consoles sont équivalentes (ça fait toujours mal de dire ça) et mis à part quelques exceptions, tous les titres phares des années 90 seront portés sur les deux systèmes. Ce combat entre les deux mastodontes de l’époque verra les titres se décliner en plusieurs versions, rajoutant quelques personnages jouables par rapport à la version concurrente ; un véritable coup bas dans le portefeuille du joueur toujours à la recherche d’une version complète sur sa console.

Get the ring!!!

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  •  Street Fighter II: The World  Warrior, sorti sur bornes d’arcade en 1991, demeure un jeu unique par la qualité de ses animations, de ses sons et de ses décors. 8 combattants jouables avec  des styles de combats différents, des mouvements spéciaux relativement simples à effectuer qui s’imposeront comme une norme dans tous les jeux qui suivront, et des personnages charismatiques avec leurs propres histoires.

 Street Fighter II (Capcom – 1992) : la version pour la Super Nintendo remporta un succès colossal et fit vendre des versions bundle de la Super Nintendo par millions. Il demeure un des éléments phares (avec Mario) du démarrage de la SNES et du rattrapage sur l’avance prise par SEGA sur le marché des consoles. En 1933, sortira la version Turbo, plus rapide. La Megadrive sortira Street Fighter II: Special Champion Edition en 1993 et ajouta les 4 boss jouables. En tout, 5 versions de SF II différentes sortiront avec du super hyper turbo dedans. A environ 690 francs de l’époque, la licence était devenue plus que rentable. Un seul mot pour reconnaître le jeu : Hadouken !!!

Mortal Kombat (Midway -1992)

  • Mortal Kombat (Midway Manufactuirng – 1992), sur bornes d’arcade constitue la réponse à SF II. Jeu qui séduira par sa brutalité absolue et de l’hémoglobine à gogo, il diffère de SF II graphiquement par l’utilisation de personnages digitalisés qui deviendront de véritables icônes de la licence, et par l’utilisation de 5 boutons (pied/poing, haut/bas, bloc).

Si les Fatality apparaissent dès le premier opus, les babality et autres friendships viendront s’ajouter aux opus suivants. On note aussi l’apparition d’un personnage secret comme Reptile que l’on pouvait combattre seulement sur la zone The Pit en effectuant deux perfects + fatality. Un bug graphique fut même à l’origine d’un second personnage caché, ERMAC (pour ERror MACro). Tout comme son homologue de chez Capcom, le jeu se déclinera sur toutes les consoles, avec quelques censures (Nintendo), mais aussi sur le petit/grand écran, en comics, dessin animé… Une licence très profitable. Une seule phrase pour reconnaître le jeu : Finish Him!!!

  • Et les Challengers sur consoles : on pourra citer la série des Dragon Ball Z qui splittait l’écran en deux pour rappeler les combats épiques du Manga (un mot pour reconnaître le jeu : Kamehameha !!!) ou Clay Fighters, faisant combattre des personnages en pâte à modeler. Killer Instinct qui engendrait des enchaînements automatiques allant jusqu’à 100 coups d’affilée. Des tortues ninjas (Kowabunga !!!) aux X-Men, à un improbable Shaq Fu (sic !!!), en 4 ans, ce n’est pas moins d’une centaine de titres (nouvelles versions incluses) qui sortiront, saturant le marché de produits de qualité moyenne et sans grandes innovations.

La fin du round approche, les deux adversaires ont le souffle court, droites et crochets ne touchent plus et le public commence à siffler et à quitter la salle. Une fois de plus l’arcade va remonter la jauge de barre de vie, bien mal en point des jeux de combat, et de nouveaux combattants vont monter sur le ring. Un Final round approche sous le signe de la 3D et de consoles toujours plus puissantes.

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