En attendant… la saison 2 de THE HOUR

En attendant… la saison 2 de THE HOUR

Mieux vaut tard que jamais. Près d’un an et demi après la diffusion de la première saison, The Hour revient ce 14 novembre sur la BBC. La série, située dans les années 60, raconte les aventures de l’équipe qui produit, anime et alimente une émission d’information novatrice et libre, « The Hour ». Elle est écrite par Abi Morgan (The Iron Lady)

On a failli attendre. Les épisodes sont prêts depuis plusieurs mois, mais dans un souci de mettre la série dans les meilleures conditions, la BBC a décidé de décaler la diffusion, originalement prévue en été, de ce qui est à présent un de leur produit phare (au Royaume-Uni comme aux Etats-Unis, où la série a plutôt bien marchée).

Et pourtant, la saison 1 était loin d’être parfaite, empêtrée qu’elle était dans une intrigue d’espionnage facile, sans grand intérêt, et qui donna lieu à un final grotesque. Malgré tout, The Hour, dans ce qui fait son choeur, est fascinante. Esthétiquement remarquable, elle dépeint avec une énergie formidable le quotidien de cette équipe, ses prises de becs avec l’autorité, ses guerres d’égos, ses histoires d’amours et de cul. Si la série s’était recentrée sur cet axe en délaissant l’accessoire, elle aurait certainement été l’un des meilleures séries de l’année dernière, sans problème.

C’est peut-être, d’ailleurs, le chemin que va prendre la saison 2.

Freddy (Ben Whishaw, le nouveau Q de James Bond dans Skyfall), viré de la BBC, va tenter par tous les moyens de revenir. Bel (la superbe Romola Garai), pas totalement remise de sa romance de saison 1, est sur les nerfs. Son ancien amant et animateur de « The Hour », Hector Madden (Dominic West, l’inoubliable McNulty de The Wire), va vivre un veritable ascenseur émotionnel, passant du statut de star à la prison, alors que sa femme, Marnie (Oona Chaplin, Talisa Maegyr dans Game of Thrones) devrait trouver un moyen de lui faire payer ses infidélités.

The Hour, quand elle se concentre sur ses personnages, est une série remarquable. La façon dont elle dépeint le quotidien de cette équipe, dont elle met en scène les soubresauts émotionnels de ces gens, est d’une subtilité incroyable. Les pistes de la saison 1 les plus réussies tournaient autour d’un élément qui est souvent raté ailleurs : le triangle amoureux. Freddy aime Bel, qui couche avec Hector. Dynamique bien connue, mais dans laquelle Abi Morgan ajoute un ingrédient ingénieux: si Freddy est jaloux d’Hector par rapport à Bel, il l’est surtout professionnellement. Il veut son poste, il veut présenter « The Hour », être le visage de l’information. Il trouve qu’Hector est trop lisse, trop politique, trop facilement manipulable (et en celà, il n’a pas forcément tort).

En faisant celà, Morgan créé un personnage multi-dimentionnel, pas seulement un héros romantique. Freddy est rongé par l’ambition. Bel, en tant que femme dans les années 60 doit toujours faire ses preuves, malgré son haut poste. Hector subit l’ambition de sa belle-famille, et se met là où on veut le mettre. Un trio fabuleux, qu’on est impatients de retrouver… et de voir opposés à Peter « The Thick of It »Capaldi. Un acteur monumental, tête d’affiche de la série d’Armando Ianucci, intense, bouffeur d’écran… n’en jetez plus ! Capaldi jouera le patron de « The Hour ».

Une série esthétiquement magnifique, qui semble se recentrer sur ses qualités et mettre de côté ce qu’elle ne maîtrise pas (et avec Peter Capaldi), voilà qui promet 6 semaines de plaisir sériphilique. The Hour saison 2 sera diffusé à partir de mercredi 14 novembre 2012 sur la BBC.

THE HOUR, Saison 2 (BBC)

Créée et Ecrite par Abi Morgan

Avec Bel Rowley (Romola Garai), Ben Whishaw (Freddy Lyon), Dominic West (Hector Madden), Anna Chancellor (Lix Storm), Peter Capaldi (Randall Brown)

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