Sam Suffit (Séries Mania)

Sam Suffit (Séries Mania)

Note de l'auteur

Du 15 au 24 avril se déroule la septième saison de Séries Mania à Paris, et comme chaque année, le Daily Mars vous offre une couverture du festival. Au programme, critiques, bilans de conférences et autres surprises…

36398-series-mania7

Sam est un professeur atypique que les élèves adorent. Plus délicates sont toutefois ses relations avec ses collègues, voire avec ses propres enfants… Elle voit son quotidien basculer lorsque son premier amour ressurgit dans sa vie. Adaptation de la série danoise, Rita.

Avec Sam, TF1 cherche à nous vendre un programme détonnant, voire subversif, qui se glisserait dans la grille de la chaîne. Une façon d’offrir une série un peu moins polie sans pour autant mettre en péril la tenue générale du leader français. À chercher désespérément un point d’équilibre, Sam finit par devenir un objet tiède à l’agitation bien calculée. Et le pouvoir séditieux incarné par l’héroïne, d’arriver avec dix ans de retard. Certains thèmes abordés, certaines situations donneront l’impression qu’un vent nouveau se met à souffler. Une impression vide et vite balayée par un lifting made in TF1, qui pose sa surcouche maison et lave sous une esthétique fade et sans saveur, d’éventuelles impuretés.

SAM-2Quel est donc ce personnage atypique et subversif ? Un Instit bis sédentaire qui baise et fume au boulot. De la subversion playmobil, petit jouet sans danger, tout juste bon à choquer les plus innocents. Sam arrive après une longue lignée d’anti-héros, pas négatif mais se jouant des règles et de la bienséance. Une sorte de caricature féminine de House. Elle jure, provoque, élève ses enfants dans une transparence absolue, cassant la répartition verticale du pouvoir pour créer un endroit (son foyer comme sa salle de classe) sans règles. Seulement, ce schéma s’articule dans un produit très formaté, pure production TF1 dans ses mauvais penchants.

Chaque épisode donnera lieu à son petit thème, au sein d’un écoulement soapesque sans relief et très convenu. D’un coup de violence d’un professeur au fantasme d’un élève, le tableau débute de façon très pédagogique et pas très finaude, avant de voir le personnage conclure généralement par le mot de Cambronne. Sam se noie à force de vouloir nager contre le courant sans en avoir les moyens. Elle démontre combien la subversion n’est plus un moteur de fiction suffisante et qu’elle s’avère contre productive quand elle s’inscrit dans un programme aux angles arrondis. Si l’on peut deviner une volonté de TF1 de coller un peu plus à l’actualité, le lissage à plusieurs échelles dont souffre la série est symptomatique d’une démarche hésitante qui préfère tremper un orteil pour tester l’eau, que de se jeter dans l’inconnu…

Sam sera diffusé à partir du 2 mai sur TF1

Partager