Pilote Automatique : Intelligence (CBS)

Pilote Automatique : Intelligence (CBS)

Note de l'auteur

Tous droits réservés ABC Studios

Reprise d’une critique publiée le 31 juillet 2013 suite à la projection du pilote lors de la Comic Con de San Diego.

Dès février 2014, CBS diffusera Intelligence, ou sa nouvelle version de L’Homme qui valait 3 milliards, avec Josh Holloway dans le rôle-titre. Jeudi matin, le pilote a été projeté en entier. Revue en détail.

Ça parle de quoi ?

Dans le cadre du projet secret Clockwork, l’armée américaine a implanté une puce révolutionnaire dans le corps d’un soldat, Gabriel. Elle est connectée à son cerveau à travers des neurotransmetteurs, ce qui lui permet d’accéder virtuellement à toutes les sources de données de tous les réseaux existants, afin de faciliter son enquête et ses réactions. Le pilote nous montre le créateur de cette puce, celui-là même qui a procédé à l’opération, être enlevé par un groupe de malfrats chinois très puissants. Au même moment, une ex-agent chargée de la sécurité du Président des États-Unis, Riley O’Neil, est débauchée pour protéger Gabriel.

Avec qui ?

Outre Josh Holloway, on retrouve Meghan Ory  (Ruby dans Once Upon A Time), John Billingsley en scientifique poussé à la retraite (The Nine) et surtout l’inénarrable Marg Helgenberger, qui trouve ici son premier rôle depuis son départ des Experts (Las Vegas).

Les cinq choses à retenir

1. Gabriel est omniscient, et ça rend la vie plus facile.
Au cœur d’ Intelligence, il y a donc ce super-ordinateur neural qui permet de tout savoir, tout visualiser, très vite et d’agir en conséquence. Par exemple, il connaît tout de la vie personnelle de Riley sans même l’avoir rencontrée, ce qui rend la scène d’introduction des deux plus glauque qu’amusante.

2. Gabriel n’a qu’un seul défaut dans sa cuirasse : sa femme disparue, Emilia.
C’est également un agent de la CIA, portée disparue après une opération qui a mal tourné à Mumbai, et soupçonnée d’être un agent double qui a trahi la mère-patrie. Le regard lourd de vulnérabilité, Gabriel fixe sa femme dans les yeux en recréant la scène de fusillade indienne dans sa tête, et demande : « Comment tu as pu faire ça ? » La mauvaise nouvelle ? L’exploration des failles de Gabriel s’arrête là. Lorsque le producteur Tripp Vinson a souligné que « Gabriel n’était pas un robot, il faut l’humaniser » lors du panel qui s’est ensuivi, on a beaucoup de mal à le croire.

3. Meghan Ory n’est pas vraiment prête pour sa propre série.
Le personnage de Riley est chargé d’encadrer Gabriel, mais autant l’actrice que le personnage sont dépassés par les évènements. Elle qui est décrite comme une agent émérite qui a neutralisé quatre importuns elle-même sans arme, va se retrouver piégée très rapidement par le malfrat chinois. Le modérateur a même posé la première question « shipper » Gabriel-Riley lors du panel. Pour la répartie et l’approfondissement du deuxième personnage féminin d’Intelligence, on repassera.

4. Les scènes d’action sont passables.
Les quelques combats et fusillades montrés dans le pilote montrent peu d’imagination, et frisent même le ridicule (allons nous fighter dans un vrai terrain de paintball ! Avec de vraies armes à feu !).

5. Passez votre chemin, les nerds.
Michael Seitzman a révélé que la disparition d’Emilia constituait plus le fil rouge mythologique de la première saison que le projet Clockwork. « Science-fiction » et évolutions technologiques sont apparemment un bien vilain mot. Et le kidnapping du créateur de la puce risque bien de porter ses fruits et d’aboutir à la création d’un deuxième « super-homme », mais de cela, l’équipe n’a pipé mot. Bref, Intelligence est une série qui se refuse à traiter ses thèmes d’une manière originale, et demande une suspension d’incrédulité tellement forte que cela finit par la desservir. Dommage : parmi l’équipe on retrouve le vétéran René Echevarria qui avait tiré un petit bijou autour d’un homme héritant de superpouvoirs : Un Agent Très Spécial (Now & Again), diffusée sur la même CBS.

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