On a vu… Sean Hayes sauver son monde (enfin, essayer)

On a vu… Sean Hayes sauver son monde (enfin, essayer)

Réfléchir : un truc que Sean Hayes serait bien inspiré de faire. Et vite.

Dans un entretien publié la semaine dernière, l’acteur vedette de Sean Saves The World défend sa nouvelle comédie. Avec conviction, des arguments pertinents mais aussi une bonne dose de mauvaise foi.

Il est malin, Sean Hayes. Récompensé à de multiples reprises pour sa participation à Will & Grace (un Emmy en 1999, notamment), l’acteur a bien rebondi après l’arrêt de la série créée par Max Mutchnik et David Kohan. Producteur de Hot in Cleveland, Grimm et The Soul Man, il sait comment vendre un projet en se montrant convainquant. Sans ça, NBC n’aurait pas étudié et mis à l’antenne son nouveau projet de comédie familial multi-caméras, Sean Saves The World, développé avec Victor Fresco (père de Better Off Ted, notamment).

Il est malin, Sean Hayes. Il a compris qu’à l’heure où le network a besoin de nouveaux succès populaires, il pouvait débarquer avec son aura, son savoir-faire (et plus encore, celui du réalisateur James Burrows) pour proposer une comédie vieille école pleine d’énergie. Ce n’est pas l’auteur de ces lignes qui s’en plaindra, pas après la regrettable annulation de Guys With Kids alors que le projet commençait à gagner en épaisseur.

Il est malin, Sean Hayes. Il a surtout compris, alors que les chiffres de la série font du rase-motte depuis le début de la saison (en gros, on est passé de 4,4 millions de téléspectateurs à 3,4 millions en un mois), qu’il pouvait s’abriter derrière le « parapluie NBC ». Dans un entretien accordé à The TV Page, il explique effectivement que si les chiffres de sa série ne sont pas bons, c’est parce que de moins en moins de personnes regardent le network. Et qu’être une nouvelle série de CBS, c’est autrement plus porteur en termes d’image auprès du public.

C’est plutôt bien vu. Plus exactement, après avoir émis l’hypothèse à plusieurs reprises dans le passé et notamment dans notre dossier estival consacré à NBC, notre équipe de rédacteurs aurait bien du mal à blâmer Hayes lorsqu’il fait ce genre d’analyse.

Ce qui est plus gênant, en revanche, c’est que l’acteur-producteur soutient que la série fonctionne et que c’est « la sitcom la plus drôle actuellement à l’antenne ».

Comme Ellie Harrisson, on pense que tu as du boulot, Seany…

Est-il vraiment malin, Sean Hayes, quand il refuse de reconnaître qu’en dépit d’un excellent casting, il y a quelques ajustements à faire pour que la série marche vraiment ? J’adore Echo Kellum, Thomas Lennon a de quoi devenir un moteur comique, Linda Lavin et Samantha Isler sont très bien (tout comme Megan Hilty) mais je crois que la série a un petit problème de propos.

Après quatre épisodes, je ne suis toujours pas convaincu par la façon dont la série traite sa problématique. En quelques mots, Sean Harrisson (le héros) doit gérer de front sa vie personnelle et professionnelle… et les deux ont un peu du mal à se lier de manière probante dans l’histoire. L’un ou l’autre donne à voir des situations qui mettent en valeur les qualités d’acteur de Hayes (surtout) et de ses partenaires (à tour de rôle) mais le tout sert plus de prétexte qu’à une réelle exploitation de la thématique choisie. Ce que les comédies old school marquantes ont toutes fait. Sans exception.

Résultat des courses, pour Sean Saves the World  : tout ça tourne un peu à vide.

À mon avis, il ne manque pas tant de choses pour que le tout trouve son équilibre… mais se cacher derrière un « ce que je fais est nickel » et un « De toute façon, ce que fait NBC est super mais plus personne ne regarde », c’est assez stupide. Maladroit. Et prétentieux.

Maintenant, il se peut que le bonhomme sait déjà tout ça. Et qu’il préfère faire diversion pour corriger le tir avec Fresco, Keenan et les autres en coulisses. Ce n’est pas franchement ce que laisse à penser l’entretien (par ailleurs intéressant lorsque l’on parle du casting de Samantha Isler), lorsque Hayes parle des épisodes à venir.

Mais restons confiants. Ou méfiants : il est malin, Sean Hayes.

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