Sébastien Lalanne (Hero Corp) : « La saison 3 est plus sombre »

Sébastien Lalanne (Hero Corp) : « La saison 3 est plus sombre »

Sébastien Lalanne

Hero Corp revient enfin ce soir sur France 4 avec sa troisième saison. Pour fêter l’évènement, le Daily Mars vous propose de retrouver chaque semaine un entretien avec un membre de l’équipe. On commence cette semaine avec  Sébastien Lalanne, alias Doug dans la série.

Comment s’est effectuée pour vous la transition entre la saison 2 et la saison 3 ? Comment reprend-t-on l’aventure après une si longue pause ?

C’est difficile d’en reparler car tant que nous y étions il n’était pas question de reprendre. Mais il n’a jamais été non plus tout à fait question que tout s’arrête. C’était un temps suspendu avec au fond de nous le sentiment que les choses ne pouvaient pas être aussi injustes. Les fans nous ont porté. Cette mort sans fin était cruelle. Et puis non, nous ne sommes pas morts ! Si c’est pas un truc de super-héros, ça ! On est tous passés à autre chose entre temps et on a tous eu la bonne surprise.

En quoi les nouveaux lieux de tournages utilisés dans cette saison 3 ont-ils apporté quelque chose de nouveau à la série, en dehors de leur côté esthétique ? Le château que l’on aperçoit dans les teasers est par exemple assez impressionnant et laisse supposer que les héros d’Hero Corp vont en imposer un peu plus qu’avant…

Les lieux de tournage apportent toujours quelque chose de fort dans Hero Corp. A chaque saison. Le décor est toujours un des personnages principaux. Et aussi nous nous sommes toujours battus contre les éléments sur les tournages. Là on s’est caillés comme des malades ! Cette âpreté se voit à l’image. Et le décor est magique. A chaque fois nous avons été dans des endroits avec une densité historique très marquante. Les Super-Héros américains sont dans un environnement américain, c’est à dire dans un pays relativement jeune. Leur particularité est une architecture de gratte-ciels. Nous, nous avons plein d’autres choses: un village du moyen-âge en pierre, sans électricité, un fort militaire et des souterrains armés abandonnés depuis un demi-siècle et cette année…

Une autre chose que l’on a pu voir dans le dernier teaser dévoilé, c’est qu’il va y avoir de la romance dans l’air chez les super-héros d’Hero Corp ! Même pour Doug on dirait…pouvez-vous commenter là-dessus ?

Il y a de la romance oui. Mais de la romance dans Hero Corp ça reste particulier. Il ne faut pas oublier que ces gars sont en pleine progression, qu’ils sont fraîchement sortis de leur léthargie. Ils découvrent le monde moderne avec ses arrangements (avec les civils entre autre). Alors côtoyer des femmes ça reste une discipline olympique à leurs yeux, un art martial, une énigme du Sphinx.

Photo France 4

A la fin de la saison 2, Doug est l’un de ces personnages dont l’avenir est le plus intriguant : il se change en vampire et cela à l’air d’affecter son comportement. Que peut-on attendre de l’évolution de Doug dans la saison 3 ?

On peut tout attendre de Doug. C’est ça Doug. Il est capable de tout. Après, l’évolution de fond continue pour tous et lui, il suit le mouvement du groupe. Cette saison est plus sombre. Il sont nés au milieu de leur campagne, ils sont sortis de leur oubli et il se frottent au monde et aux super-vilains avec leur courage mais pas tous les moyens nécessaires. Ils ne sont pas encore mûrs. Quand on grandit on a plus de force mais plus de responsabilité, plus de conscience, donc plus de soucis. Doug suit ce chemin, même si ce n’est pas celui qui subit les plus fortes mutations.

Avez-vous le loisir de suggérer des choses quant au développement de votre personnage ou bien Simon en a déjà une vision toute tracée ? (Je demande ça car il a déjà expliqué dans une précédente interview que l’histoire de Doug serait racontée dans un futur tome de la BD et il semble donc avoir une idée bien précise au sujet de son passé.)

Ce qui est amusant dans la fiction, et surtout comme Simon la conçoit, c’est que le passé s’invente au fur et à mesure. La fiction est à rebours. En changeant le passé et en l’inventant on change la perception qu’on a du présent (c’est le pouvoir politique des historiens). Jusque là Doug a été inventé sur des bases précises. Connaissant Simon il va les contourner ou les mettre à mal. Certes je peux proposer des choses mais je préfère de loin les surprises et les difficultés que cela engendre. J’ai une idée pour la suite. Elle ne va peut-être pas avec le fil de Simon , mais les failles nous plaisent. Dans Lost il y a plein d’éléments hétéroclites qui semblent incohérents et pourtant c’est cet effet de mosaïque qui renforce la fiction. Doug sera peut-être fait de désirs contrariés et d’idées juxtaposées…

Quelle est selon vous la plus grande force de Doug ? Et sa plus grande faiblesse ?

Doug est un hystérique. Il est trop. Il n’a pas un pet de recul. Aucun instinct de conservation. C’est le premier degré absolu. Le quotidien est aussi dur pour lui qu’un combat à mort. Il s’investit en tout de la même manière. Je crois que tout ça est un défaut. Je crois que tout ça est une qualité de super-héros. Mais il pourrait quand même parler moins fort. Et sinon, moi je trouve qu’il est bien gaulé.

Vous avez déjà participé à l’écriture de certains épisodes d’Hero Corp, comment se déroule votre collaboration avec Simon sur ce plan là ?

J’ai participé à toute l’élaboration de l’univers et de l’arche de la saison 1. Puis à l’écriture d’un ou 2 épisodes. En matière d’écriture pure je suis mal placé pour en parler. Pour le reste, on a passé des mois à mettre en place un faisceau de support de diffusion: internet, BD, télé etc… On a passé des semaines à rire 8 heures par jour, tous les deux à table. Avec Simon ces moments-là étaient ce que je souhaite à tout le monde. C’était de l’émulation permanente, de l’exigence. C’était du sérieux parce qu’on inventait un monde comme si nos vies en dépendaient. Simon ne fait pas les choses pour blaguer, ou faire un coup. On créait un monde pour de vrai. Et on riait en l’observant. C’était pour de vrai et tellement drôle. Plus grande excitation ça n’existe pas. Pour moi ce métier devrait toujours être de cette intensité. Je l’ai rêvé comme ça.

© Calt Productions

Avez-vous une façon particulière d’aborder le travail d’écriture ?

Pour l’écriture tout est dans la structure. C’est à dire dans les fondations. C’est à dire dans l’esprit avec lequel on entreprend quelque chose. Si c’est du vernis, ça se voit. Simon travaille dans la masse. Hero Corp ça tient et ça va tenir longtemps parce qu’il n’y est question que de thèmes fondamentaux. Les blagues et les dialogues viennent plus tard se glisser dans le costard. Et Simon est un orfèvre en matière de dialogues.

Comment avez-vous vécu les retrouvailles avec les fans de la série lors de la dernière Comic Con ? Vous attendiez-vous à un tel accueil de leur part ?

Retrouver les fans au Comic Con était fou… Ils sont fous ces gens… Ils ne se rendent pas compte de ce que ça fait comme énergie tout ça. Et c’est une énergie positive et respectueuse. C’est un coup à rabibocher les misanthropes avec la société. Ça rassure. Qui peut imaginer qu’un jour il vivra ça ? Tant de douceur venant de tant de gens ?

Propos recueillis par Marine Pérot le 19 septembre 2013.

Copyright photo de UNE : ©Isabelle Ratane/Allocine – Comic Con’

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