« See you in an another life, brotha »

« See you in an another life, brotha »

Le 22 septembre 2004 débutait Lost sur ABC. A cette occasion et durant toute la semaine, le Daily Mars fêtera dignement l’anniversaire de cette oeuvre importante dans l’histoire de la télévision. Géniale ou vilipendée, elle ne laisse rarement indifférent et son final pourrait occuper une place aux côtés du Prisonnier par la violence des réactions. Aujourd’hui, le Daily Mars accueille un témoignage passionné car Lost fut pour lui l’équivalent d’un Star Wars. Magneto…

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La rédaction du DailyMars a demandé ma modeste collaboration pour saluer ces 10 ans. Je suis bien entendu ravi d’écrire pour ce site, encore plus quand il s’agit de Lost. Je l’avoue volontiers, je suis un inconditionnel de Lost, et j’étais même plus fanatique que fan. Ne me demandez donc pas d’être objectif. Je vais essayer de contrôler un minimum mon ressenti, mes souvenirs face à une telle série. Je sais qu’elle n’est pas parfaite, pour autant je ne peux m’empêcher de la voir comme ma série préférée, celle qui m’a fait passer par une grande diversité d’émotions.

Il faut replacer Lost dans le contexte de l’époque. Je regardais quelques séries, mais en petit nombre. Je passerais sur les jeudi soir de TF1 avec Navarro, Julie Lescaut et j’en viendrais tout de suite à Urgences, Spin City, Friends, Buffy,  Lois et Clark, etc.… . Malgré tout,  ce n’était pas encore la folie séries en France. Il a fallu attendre les années 2000 pour la voir débarquer. 24 a été ma première grande série et gros choc que j’ai pu découvrir et suivre à partir de sa première saison. Lost s’est révélé en être un plus important.

lostensemble1J’ai découvert la série sur TF1, l’été 2005. Et oui chers lecteurs, ce temps qui paraît si lointain, où nous étions dans la quasi obligation d’attendre la diffusion sur nos chaînes françaises pour pouvoir regarder les séries. Le plaisir et ce fameux choc en sortaient encore plus forts. Nous avions très peu de retours sur ces nouvelles séries, et peu d’infos sur sa réelle intrigue.

Ainsi, le pilote de Lost est arrivé. Il a totalement révolutionné pour moi et bien d’autres la façon de voir des séries. Cette heure et demie m’a époustouflé. Visuellement, dès les premières minutes, elle a frappé fort. L’intrigue était posée et surtout passionnante. On se retrouvait à suivre toute une bande de naufragés auxquels je me suis identifié très vite. Je fais partie de ceux qui ont été autant emballés par les mystères que par les personnages. Il m’est impossible de suivre une série sans ressentir d’empathie pour eux.

La saison 1 dans son ensemble n’a fait que confirmer ma première impression. Tous les samedis, y compris en vacances, je me précipitais devant l’écran pour suivre les aventures de Jack, Kate, Locke, Sawyer et toute la bande. La saison 1 multipliait les mystères, tout en menant habilement la présentation des personnages. Cette manière qu’avait la série de nous faire découvrir un personnage par épisode me plaisait énormément. En ce sens, la découverte du handicap de Locke dans Walkabout (1×04) avait scellé mon amour pour Lost. La suite n’a fait que le confirmer.

Bien entendu Lost a des défauts. Les saisons suivantes les mettront plus ou moins en évidence. Reste que je n’ai jamais eu la moindre envie de la lâcher, y compris durant les laborieux épisodes au milieu de seconde saison et début de troisième. La contrainte des 22 épisodes, et le manque de vision des scénaristes jusqu’à la saison 3, l’ont parfois rendus agaçantes. Elle pouvait se caricaturer en produisant des épisodes qui n’apportaient rien à l’intrigue ou aux personnages. Oui je parle de l’épisode sur le tatouage de Jack, ou le fameux « Nikki et Paolo ».

Style: "lost_city_color"Lost n’a pour autant, à mes yeux, jamais eu de saisons mauvaises. Elle a eu comme beaucoup de séries, des passages à vides. Oui le début de saison 3 était mauvais, mais à partir du moment où Desmond prend une place importante, elle va vite décoller et donner des moments fabuleux. La deuxième partie de saison 3 et la saison 4 représentent en ce sens l’apogée de la série. Rarement des épisodes de série m’ont autant retourné que l’incroyable cliffhanger de Through the Looking Glass part 2 (3×23). L’alchimie entre prouesse narrative et émotion de The Constant (4×05) n’a pas été égalée.

Ces saisons 3 et 4 que je suivais grâce au fameux cousin américain, m’ont passionné, parfois retourné le cerveau et m’ont amené à l’autre facette de Lost : les débats, les théories qui partageaient la communauté sur les forums. Ce bouillonnement autour de Lost sur le net a paradoxalement nui à la série. A force de se concentrer sur les théories, beaucoup de fans ne la suivaient que pour voir les résolutions finales, en oubliant le plus important : les personnages. Les scénaristes ont aussi leur part de responsabilité, en ayant multiplié les mystères impossibles à résoudre. La saison 5 a bien essayé grâce au voyage dans le temps de s’atteler à quelques résolutions autour de Dharma, tandis que la saison 6 a parfois maladroitement voulu recentrer les mystères sur la cause de la présence des naufragés.

lostceneEt j’en viens à la fameuse et controversée fin de Lost. Je préfère parler de la saison et pas seulement de l’épisode final.  Car la fin n’a de sens que si on prend la saison 6 dans la globalité. Les flashs post-morts ne sont sans doute pas la meilleure idée qu’aient eue les scénaristes, alors qu’ils recentraient la série sur les personnages. Quelques épisodes sont parmi mes préférés comme celui autour de Richard, ou de Jacob et l’homme en noir. Mais ils se mêlent à d’autres qui semblent bâclés, où des personnages sont sacrifiés comme Sayid. Tout n’est pas à jeter, mais elle n’a pas répondu à mes attentes, pas du point de vue des mystères mais bel et bien des personnages. Ces derniers ont été particulièrement bien traités dans le dernier épisode qui m’a pleinement satisfait et ému à ce niveau. Le message « spirituel » était joli et osé, mais a fait du mal à ce final. Car une fois encore, les mystères ont occulté quelques peu les réussites. Sans être un grand fan de cette dernière saison, je ne verse pas du tout dans la haine assez bête et irrationnelle qui a suivi ce final. Les scénaristes ont mis en place la fin qu’ils voulaient, avec plus ou moins de talents et de réussites, mais rien ne nous enlèvera la passion nous accompagnant tout au long de la série. Oui elle nous agacé, elle nous a surtout enthousiasmé, fait réagir, débattre et c’est ce que j’attends principalement de l’art, qu’il soit sériel ou non.

Merci Lost et tu es en grande partie responsable de ma sériephilie. Depuis je n’ai jamais retrouvé d’oeuvres qui m’ont autant fait vibrer, devenir fou et crevé après avoir regardé des épisodes au moment de la diffusion aux Etats-Unis. Elle est mon Star Wars des séries. Celle à qui j’arrive à pardonner tous les défauts. Et celle dont j’ai enfin envie de me refaire l’intégrale. Mon histoire avec Lost ne sera jamais finie.

« See you in another life brotha »

Hyubasa

 

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