#SemaineFirefly : Le guide du Browncoat débutant

#SemaineFirefly : Le guide du Browncoat débutant

On pourrait se trouver un million de raisons d’avoir raté Firefly lors de sa première diffusion aux USA, il y a 15 ans jour pour jour. Programmée confidentiellement sur Série Club trois ans après sa diffusion originale bâclée sur Fox (qui mis à l’antenne les épisodes dans le désordre), la série fut presque aussitôt annulée par la chaîne américaine. En l’absence d’un Internet encore peu répandu en ces temps anciens, la série de Joss Whedon aurait pu sombrer dans l’oubli… Mais c’était compter sans les Browncoats.

Qu’est-ce qu’un Browncoat ? À l’origine, c’est un soldat se battant pour une cause perdue. Par extension, c’est un fan (ou un flan, nous y reviendrons) qui se dresse pour défendre une série de 14 épisodes dont tout le monde se fiche. Mais ne brûlons pas les étapes, petit retour en arrière…

Lorsque Joss Whedon se lance dans l’aventure Firefly, il a plusieurs idées en tête. Raconter ses histoires d’une manière plus adulte d’une part, procédé amorcé avec Angel, le spin-off de sa série phare Buffy the Vampire Slayer. D’autre part, il choisit l’un des sujets les plus sensibles de l’histoire américaine, malheureusement toujours d’actualité, la grande guerre de Sécession qui divisa les États-Unis entre le Nord et le Sud de 1861 à 1865.

Le culte entre deux chaises

En effet, Firefly raconte les aventures d’un vétéran de guerre ayant combattu dans les rangs d’une armée indépendantiste opposée à une armée unioniste et pose la question suivante : qu’arrive-t-il aux vaincus une fois la guerre perdue, lorsque l’on sait que l’Histoire est toujours du côté des vainqueurs ? Mais comme Joss Whedon est celui qu’il est, à savoir l’équivalent télévisuel d’un Steven Spielberg en termes de création d’univers imaginaires, l’action se situera dans le futur, le conflit portera sur l’union de différentes galaxies, et l’ambiance générale sera celle d’un western !

À ce propos, inutile de prêter à Whedon la moindre sympathie pour l’idéologie esclavagiste qui animait les généraux confédérés, il se place du point de vue du soldat en premier lieu, un soldat se battant pour son indépendance. En effet, si la question noire était un paramètre important du conflit entre le Nord et le Sud, la principale source de discorde venait du fait que les États du Sud refusaient la mainmise de Washington sur leur destin. Dans le Sud, on n’aime pas trop qu’on vous dise quoi faire en somme… Tout comme le héros de Firefly !

Vous la sentez l’angoisse du diffuseur ? Des héros sudistes qui jouent du colt sur fond de musique country dans un vaisseau spatial avec à leur bord, cerise sur le gâteau, une prostituée de luxe totalement assumée et un prêtre au passé trouble, il y a moins risqué comme concept, surtout lorsque les séries du moment s’appellent Friends et The Wire !

Le Browncoat « IRL » (In Real Life) va donc naître après le coup d’arrêt de la série décidé par Fox. Le recrutement se fera au travers de forums sur Internet principalement, média encore jeune que les fans de Firefly vont embrasser avec gourmandise, et dont l’importance grandissante va jouer un rôle dans la parution d’un coffret DVD qui se révèlera le meilleur moyen de transmettre le virus (et accessoirement de découvrir deux épisodes inédits).

Flans nature

Le dévouement des « flans » (les « fans de Firefly », expression née d’un lapsus de Nathan Fillion, l’acteur incarnant Malcolm Reynolds, le personnage principal de la série) ira même beaucoup plus loin, entre fan films, collecte de fonds pour financer des campagnes publicitaires et même jeux de rôles, le tout encouragé par certains acteurs dont Fillion en personne qui ne manque jamais une occasion de faire référence à la série.

Les Browncoats sont comme ça, irréductibles, passionnés et un peu obsédés il faut bien l’avouer. NOUS sommes comme ça, l’auteur de ces lignes ayant enfilé son manteau il y a quelques années déjà. Notre mission est simple, partager notre amour pour Firefly, faire grossir nos rangs et peut-être un jour, qui sait, faire revenir la série à l’antenne ! Soldat d’une cause perdue, puisqu’on vous le dit.

Pour ce faire, notre arsenal dispose de plusieurs armes. La principale reste bien entendu le coffret DVD ou Blu-ray disponible en ligne pour un prix ridicule et truffé de bonus indispensables, dont un dîner partagé entre Joss Whedon et quelques membres du casting qui en dit long sur l’ambiance qui régnait lors du tournage.

Pour les abonnés à Netflix, sachez que l’intégrale de la série ainsi que le film Serenity (2005) qui fait figure d’épisode final (et qui ne vit le jour que grâce aux soutiens des fans, mais ceci est une autre histoire) y sont disponibles également. Un bon moyen de monter à bord à peu de frais.

Une fois votre browncoat sur le dos, le livre Firefly : A Celebration sera votre prochaine étape. 544 pages comprenant l’intégralité des scripts des épisodes, des interviews inédites, une bibliothèque d’archives photo, concept arts et même quelques goodies, et deux ou trois surprises comme l’odyssée d’un singe en peluche pris en otage…

Les bandes originales de la série et du film sont également disponibles, signées respectivement par Greg Edmonson et David Newman (sans oublier l’apport de Joss Whedon pour le générique original) et pour aller plus loin encore, une série de comics publiés chez Dark Horse Comics (et scénarisés pour la plupart par Whedon) permettent d’approfondir l’histoire des personnages, notamment l’excellent Serenity : Those Left Behind. L’ami Le Chat Venimeux nous en avait d’ailleurs touché deux mots ici.

Voilà, vous voici armés pour rejoindre notre petit groupe ! Qu’il me soit permis de vous donner un avertissement, entrer dans l’univers Firefly c’est accepter de faire un voyage sans retour… Une fois votre Browncoat sur le dos, impossible de le raccrocher au portemanteau ! Sans parler du bonus X5 que vous pourrez ajouter à votre niveau de geekitude ! En attendant de vous retrouver à bord, votre capitaine vous dit Shiny !

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