Série Series 2014 : Qui a peur du grand méchant Netflix ? (par Déborah Gay)

Série Series 2014 : Qui a peur du grand méchant Netflix ? (par Déborah Gay)

Proposer une table ronde sur le thème « Enjeux Numériques, social TV, géants US versus Exception culturelle », à l’occasion de la 11ème journée de l’Association pour la Promotion de l’Audiovisuelle, c’est surtout un bon moyen d’évoquer de l’arrivée de Netflix en France cet automne.

C’est aussi pour les nombreux participants un moyen de se plaindre, qui de la loi et de la réglementation, qui du manque de fonds… Oui, mais certains intervenants ont rappelé que Netflix, c’est aussi des idées.

"Ce n'est pas de la télé, ce n'est pas HBO, c'est... encore un tout petit peu à préciser".

Netflix ne paye pas d’impôts

Constat : Netflix ne joue pas avec les mêmes règles que tout le monde. Installés hors de nos frontières, les services européens de la plateforme de SVOD passeront à l’action en France cet automne (ce qui rappelle aussi l’époque où les radios privées étaient interdites en France et Europe 1 était basé à Monaco et RTL au Luxembourg).
Pour Jean-Michel Counillon, secrétaire général de TF1, c’est tout simplement de la « concurrence déloyale qui est déjà installée». Et d’appeler à une plus grande dérégulation du secteur : « On doit donner aux acteurs français une plus grande marge de manœuvre ».
Mais comme le dit la productrice Bénédicte Lesage (La journée de la jupe) : « On sait depuis 2008/2009 que ces plateformes vont arriver. Nous avons tous été très frileux. Nous n’avons pas su réfléchir suffisamment en amont et nous le payons assez cher aujourd’hui ».

logo_APANetflix : un mouton noir ?

OK, mais… comme le souligne le producteur Thomas Anargyros : « Aux Etats-Unis, Netflix possède 48 millions d’abonnés. HBO, 30 millions. Le développement de l’un n’a pas diminué l’audience de l’autre. Pourquoi ? Parce que les Américains ont une vraie capacité de création. Sur Netflix, la majorité du catalogue est composée de séries de plus de 3 ans. »

D’ailleurs, pourquoi ne pas l’imaginer aussi comme un nouveau diffuseur de séries françaises en France et à l’étranger ? Des séries que nous ne diffusons plus et pourtant qui font partie d’un imaginaire commun, comme Police District par exemple ?

Netflix peut aussi donner un formidable coup de fouet pour l’innovation française. Rémy Pflimlin, le président de France Télévisions : « C’est exactement la même chose qu’a connu la musique. Nous sommes des intermédiaires. Aujourd’hui, il faut développer des contenus forts, originaux et spécifiques qui nous permettent d’aller à la bagarre. Les chaînes traditionnelles sont une marque fédératrice, une marque de confiance. Nous devons proposer un contenu intéressant dans l’hyper-choix, aller vers notre public. »

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