Serie Series 2014 : Gros plan sur Borgia et la masterclass Fontana

Serie Series 2014 : Gros plan sur Borgia et la masterclass Fontana

La série de Canal + arrive en fin de parcours : la saison 3 des aventures de la famille Borgia comptera 14 épisodes et sera la dernière. Pour célébrer l’événement, Tom Fontana et son équipe sont revenus sur une aventure à part. Tout cela, en trois temps pendant le festival.

Quelques mots sur la saison 3

S’étalant sur près de 13 ans, la troisième saison de Borgia suit la famille la plus tordue du XVe siècle (on dirait l’UMP, c’est vous dire…) à mesure qu’elle avance vers les années 1500. Cesare multiplie les conquêtes à travers les états pontificaux, Lucrezia tente d’imprimer sa marque sur Rome, et Rodrigo, le vieillissant Pape Alexandre VI, lutte pour ne pas voir l’âge anéantir ses forces. Tout ça avec beaucoup de scènes où les gens souffrent, saignent ou font du sexe ensemble.

La distribution des Borgia.

La distribution des Borgia.

Qui était présent à l’étude de cas ?

Beaucoup de gens ! Et, plus précisément, Tom Fontana, créateur et showrunner de la série (un barbu vénéré par une large partie des gens qui écrivent sur ce site, pour son travail sur St Elsewhere, Homicide et Oz), le réalisateur Christoph Schrewe, les scénaristes Marie Roussin et Audrey Fouché, le compositeur Eric Neveux, les acteurs Mark Ryder et Babsi Steiger, le producteur Pierre Bibas et Pierre Saint-André (unité fiction de Canal +).

Ce que l’on a retenu de la projection, de la rencontre et de l’étude de cas

1. Côté projection, les Borgia continuent de diviser. Pendant que certains louent le caractère âpre de sa narration, d’autres restent complètement hermétiques à une histoire bien filmée mais dans laquelle l’empathie pour les personnages est absente. L’auteur de ces lignes, qui vénère littéralement Fontana, est jusqu’ici malheureusement dans la catégorie B. Dans un des épisodes de la série de documentaires Showrunners (diffusée sur OCS) consacré à Fontana, ce dernier explique que lorsqu’il créé un personnage, il a toujours eu tendance à le « radiographier » sur trois plans. Il cherche ce qu’il y a dans sa tête, dans son coeur… et dans son pantalon. On a l’impression que tout ceci est poussé de façon paroxystique dans Borgia, mais que ça ne prend pas.

Tom Fontana, l'artisan des Borgia.

Tom Fontana, l’artisan des Borgia.

L’honnêteté pousse cependant à attendre la fin de la saison 3 pour porter un jugement définitif (comme il faudra que le Martien qui tape ces lignes rattrape les quelques épisodes qui lui ont échappés). Mais jusqu’ici, on a souvent l’impression que le poids de l’Histoire (Fontana a fait beaucoup de recherches pour ce projet : la bible des Borgia fait la bagatelle de 80 pages) écrase complètement les liens qui pourraient lier personnages et téléspectateur. En résumé : regarder Borgia, c’est souvent avoir l’impression d’observer le squelette de Oz sans la chair qui faisait toute la singularité de ce « corps narratif ». C’est troublant. Et triste aussi.

2. La technique Fontana. Deux scénaristes françaises étant de l’aventure Borgia, il a un peu été question de la façon dont les auteurs collaborent avec celui qui est, ni plus ni moins, un authentique dramaturge américain. Ce que l’on a notamment retenu ? Que Fontana développe pour ses épisodes des synopsis plutôt bien détaillés avant de les confier à un ou des scénaristes qui livre une première version de script, revue avec le showrunner. Une méthode de travail éprouvée : c’est de cette façon que fonctionnaient Joshua Brand et John Falsey sur la salaison 1 de St Elsewhere, dont ils ont signé tous les synopsis détaillés avant de les confier à d’autres auteurs. Notamment un tout jeune scénariste nommé… Tom Fontana.

3. La masterclass a squizzé Homicide. Et c’est FRANCHEMENT dommage. Avec Dominique Lancelot, Fontana a parlé de ses débuts à la télévision (il écrivait pour le théâtre et notamment pour les jeunes, avant que Bruce Paltrow ne lui offre un job sur St Elsewhere… suite à une dispute entre le producteur et sa femme Blythe Danner. La comédienne a effectivement sermonné son époux pour avoir manqué la représentation d’une pièce écrite par Fontana). L’histoire est jolie. On y reviendra sur ce site avec un portrait consacré au showrunner. Et elle donnait encore plus encore plus envie d’en savoir plus sur le scénariste, son travail avec Levinson sur Homicide et d’autres séries trop courtes (comme The Jury). Mais ce ne sera pas pour cette fois. Tant pis.

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