Serie Series : Un remake ne sert-il qu’à faire de l’argent ? (par Déborah Gay)

Serie Series : Un remake ne sert-il qu’à faire de l’argent ? (par Déborah Gay)

Les deux héros de Tunnel, adaptation franco-britannique du hit suédé-danois Bron/Broen.

Les deux héros de Tunnel, adaptation franco-britannique du hit suédé-danois Bron/Broen.

À Serie Series, cette année, le débat « Adaptation et création originale : ennemis intimes ? » aurait pu être passionnant. Entre l’adaptation de Real Humans à la sauce anglaise ou celle de Bron/Broen devenu The Bridge, devenu Le tunnel, il y a de quoi dire. Le discours était au final assez convenu. Les adaptations c’est mal. Oui, mais….

Pour Tone C. Rønning, directrice des programmes fiction et art à NRK, Norvège : « quand on fait un remake, on gagne en sureté. Si la première série a marché, on peut supposer qu’il y a plus de chances de succès pour son remake que pour une série originale. »

Même son de cloche du côté de Stefan Baron, producteur délégué de Nice Drama en Suède : « d’un point de vue financier, c’est moins cher d’acheter un script qui a déjà marché ».

Du recyclage ou de la copie ?

Cette pratique n’est cependant pas poser question. Selon la productrice Bénédicte Lesage (La journée de la jupe), c’est « dommage de recycler quelque chose qui a marché. On perd la nécessité dans chaque pays de développer ses propres histoires. On fait des séries fast-food. Mais le spectateur peut aimer voir des series de différents pays et apprécier leur diversité culturelle ». Idem pour Tone C. Rønning : « En Norvège, depuis que je suis à la tête de la fiction, nous n’avons pas fait une seule adaptation d’une série étrangère. »

Harald Hamrell, réalisateur suédois (Real Humans) pointe du doigt que dans certains cas, il s’agit même plus que de recyclage : « il suffit de regarder Ghost in the Shell et Matrix. Deux thèmes similaires, un même début avec des chiffres qui défilent… ».

Les Hubots d'Akta Manniskor. Une création en passe d'entrer dans la culture populaire.

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La solution ? Essayer d’apporter une nouvelle proposition dans l’adaptation: La scénariste Claire Lemaréchal travaille en ce moment sur l’adaptation de la série danoise Rita pour TF1 (qui deviendra Sam) : « On essaye de créer quelque chose de nouveau. C’est comme si on écrivait une nouvelle série avec un autre scénariste avec nous, celui qui a eu l’idée originale de Rita ».

Le cas de The Bridge

Dans le cas de The Bridge, malgré tout, on peut voir qu’à la fin de la saison 2, l’histoire américaine part dans une direction différente de la série suédo-danoise : « Les Américains gardent les personnages et l’idée de départ. Mais ils développent leur propre vision ». Ce qui semble être un « paradoxe » pour Bénédicte Lesage et (potentiellement) une chose « terrible ».

Mais au final, le débat a tourné autour des points d’accord majeurs : développer ses propres idées, c’est mieux. Ecouter les auteurs et leurs histoires originales, c’est top. Si c’est une adaptation de roman, ça marche quand même (« Il y a moins de gens qui lisent que de gens qui regardent des séries. Leur donner une série, leur donne accès à une histoire » Tone C. Rønning).
Et quand les fans font des adaptations sur YouTube ? C’est pour la directrice des programmes fiction et art à NRK : « un véritable honneur de voir ces fanvids, de voir l’audience répondre et participer à ce qui est fait ». Y a plus qu’à.

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