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On a vu… que les séries, ça dure (c’est même comme ça qu’on les juge)

On a vu… que les séries, ça dure (c’est même comme ça qu’on les juge)

J’ai un aveu à vous faire : j’aime bien True Detective. Même un peu plus que ça, quand je repense au pilote. Mais je ne sais toujours pas si ce sera une grande série.

On peut se dire que ça fait un peu pisse-froid d’écrire une chose pareille. Et c’est peut-être vrai. Peut-être y a-t-il des shows dont on sait,  dès le départ, que ce sont de très grandes séries. Personnellement, je n’y crois pas vraiment. Sans doute parce que je suis d’un naturel prudent, que je regarde des trucs pas fameux assez souvent. Mais il n’y a pas que ça.

Quand on pense qu’une série s’impose dès le départ comme une proposition à part, comme une création qui interpelle véritablement le téléspectateur, c’est surtout parce qu’elle rencontre « efficacement » la subjectivité de celui qui la regarde.

Je ne dis pas que c’est pas bien. Au contraire. Quand on aime les séries, on a tous envie d’être emportés d’entrée par une histoire, des personnages forts et une atmosphère singulière. Moi le premier. On aurait tort de ne pas savourer cela quand ça arrive. Pour moi, Matthew McConaughey s’impose avec brio dans l’anthologie de HBO. Dans l’épisode 3, il prononce plusieurs lignes de dialogue superbement écrites. La mise en scène, portée par un vrai souffle, est toujours aussi séduisante.

Mais est-ce une grande série ? Je ne sais toujours pas. 

La saison 1 de The Wire.

Pour la juger une première fois (donc… en attendant la suite *), je me laisse le temps d’un tour complet (Huit épisodes, ce n’est pas énorme en plus) : c’est la chronique écrite par Julia au sujet de la saison 1 de The Wire qui m’a ramené à une idée qui me trottait dans la tête depuis un moment. Quand une série devient un « phénomène », le temps de l’analyse est encore plus important.

Personnellement, j’ai adoré la saison 1 de The Wire. Contrairement à Julia, j’ai eu la chance d’être embarqué assez vite par l’histoire. Pour le coup, l’effet subjectif a joué à plein. Sur la longueur, j’y ai trouvé des qualités qui m’ont semblé un peu moins subjectives (?)… et c’est pour cela que je l’aime vraiment. Parce que j’y ai trouvé un plaisir immédiat et un plaisir différé, en dressant  un bilan d’ensemble dans lequel non seulement mon plaisir initial a été validé… mais conforté.

Cette idée me semble d’autant plus importante qu’en France, on a un peu tendance à marketer des séries comme si elles étaient cultes en moins de temps qu’il ne faut pour écrire cette phrase (plutôt longue).

Souvenez-vous quand on nous a présenté d’entrée Damages ou Homeland comme des monuments du genre. La saison 1 de ces deux séries était, il est vrai, solidement bâtie. Un certain nombre de gens pensent que la suite n’était pas à la hauteur de ces probants débuts. C’est également vrai. En partie.

La saison 1 de Homeland.

Parce que Damages saison 1, c’est une série à concept qui montre dès le départ que le canevas narratif ne supporte pas du tout l’à-peu-près. Si on peut jouer sur l’effet de surprise une fois, il ne faut pas compter dessus trop longtemps pour masquer quelques faiblesses.

Homeland saison 1 a, elle aussi, des moments flashback franchement tirés par les cheveux pour justifier des actions des héros dans le présent.

Est-ce que tout ça remet en cause la très grande qualité du pilote de la première ou l’épisode Week-end de la seconde ? Certainement pas. Cela valide juste le fait qu’une série offre différentes phases d’appréciation. Différents moments où l’on se fait plaisir et où on grince des dents. Et que mine de rien, les vivre entièrement, complètement, c’est bien. Surtout avant de décréter que telle ou telle création, c’est vraiment un chef-d’œuvre (ce qui arrive régulièrement).

En plus, aujourd’hui en France (le pays de l’Auteeeeureuh et du Cinémaaaaaaaa…), pour convaincre quelqu’un de regarder une série, on n’a plus besoin de forcer le trait, histoire de le convaincre que le visionnage d’une création télé est légitime. Si ?

(*) : ce qu’on essaie de faire dans les chroniques Pilote automatique, d’ailleurs.
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