Séries Mania, saison 4 : Gros plan sur Cherif (France)

Séries Mania, saison 4 : Gros plan sur Cherif (France)

Nouveau polar de France 2, la série de Laurent Scalese et Lionel Olenga possède un argument de départ hyper bateau : deux inspecteurs de police très différents enquêtent sur des meurtres. Mais grâce à des intrigues policières carrées et un vrai goût pour la comédie, elle surprend assez agréablement. Mine de rien, ça fait du bien.

La série, côté histoire

Capitaine à la Criminelle de Lyon, Kader Cherif est passionné par son boulot et s’amuse de ceux que ça étonne. Flic de terrain qui connaît sa ville comme personne, il ne quitte jamais vraiment le commissariat puisqu’il habite… juste en face. Cherif a d’ailleurs les meilleurs résultats en matière d’élucidation de crime depuis plusieurs années. Ce qui légitime des méthodes parfois originales. Et ne manque pas de provoquer des frictions avec sa nouvelle partenaire, la très martiale Adeline Briard.

La série, côté coulisse

La première saison de Cherif compte huit épisodes de 52 minutes. La série est née de l’imagination de Laurent Scalese (qui vient du monde du polar) et Lionel Olenga (ex-policier des douanes). Outre Abdelhafid Metalsi et Carole Bianic, on retrouve dans la distribution de cette création de Making Prod le toujours très bon Greg Germain (Mais si : Médecins de nuit !)

Les cinq choses que l’on a retenues de la projection

1. Le pilote fonctionne plutôt bien. En posant deux personnages principaux assez solides, en développant une intrigue policière efficace (sa conclusion marche bien) et grâce à des scènes de comédie bien travaillées (le piège des pseudo-scènes humoristiques – toujours très horripilantes – est évité), le premier épisode remplit bien sa mission. Il n’y a vraiment rien de révolutionnaire, mais ce qui est fait est plutôt bien fait.  Ca fait bizarre de l’écrire… mais ça fait aussi plaisir.

2. La série aime les références aux autres séries. Les créateurs de la série aiment la télé… et leur héros aussi. Les deux premiers épisodes sont agrémentés de références directes à Columbo, Kojak  et Starsky et Hutch. Comme tout cela se fait au service de l’intrigue, ça passe bien. On sent une petite tentation méta chez les auteurs: on espère juste qu’ils ne vont pas en abuser.

3. Le héros est un adepte du sourire. Défini comme un personnage très compétent mais très décontracté, Kader Cherif fait de son sourire une sorte d’arme. C’est un peu déstabilisant au départ mais ça rappelle sensiblement le personnage de Charlie Crews (Damian Lewis) dans Life. Et comme il fait équipe avec une partenaire austère mais également compétente (apparemment, France 2 voulait avoir son Castle fait maison), ça nourrit vraiment la dimension « série policière teintée de comédie ».

4. L’exposition est un poil lourde. C’est le regret du pilote. Le récit tend à donner d’entrée de jeu un passé assez chargé au capitaine Briard, la partenaire de Chérif. On apprend d’abord que c’est la fille d’un ponte de la police, puis que son frère était un ripou et qu’il s’est suicidé : sur le papier, ça se peut se faire. Dans les faits, la scène où on apprend l’histoire de son frère est assez maladroitement amenée. Dommage.

5. Chaque fin d’acte est soignée. Les scénaristes l’ont volontiers reconnu : ils ont construit les scénarii de Chérif de sorte que chaque fin d’acte se termine sur un vrai temps forts. Ca rappelle la structure des épisodes de séries américaines : c’est fait de manière démonstrative, mais ça a le mérite de marteler les temps de l’intrigue. Si ça peut faire en sorte de livrer une série d’épisodes vraiment solides, la saison 1 peut trouver son public. A ce qu’on a vu, elle le mérite.

Partager