Séries Mania, saison 4 : Gros plan sur Don’t ever wipe tears without gloves (Suède)

Séries Mania, saison 4 : Gros plan sur Don’t ever wipe tears without gloves (Suède)

Don’t ever wipe tears without gloves et ses deux personnages principaux. Photo Peter Cederling

Attention, coup de coeur : poignante histoire d’amour déclinée dans le temps et avec, pour toile de fond, les ravages causés par le sida dans la Suède du début des années 80, cette mini-série scandinave est une vraie réussite. Autant par la façon dont elle traite son sujet que dans celle qu’elle a de le transcender.

La série, côté histoire

Stockholm, début des années 80. La communauté gay commence à peine à vivre au grand jour qu’elle est frappée de plein fouet par le Sida. Un par un, les destins se brisent autour du bonheur fragile qui lient Rasmus et Benjamin, deux garçons d’une vingtaine d’années.

La série, côté coulisses

Diffusée en Suède par SVT, Don’t ever wipe tears without gloves est une mini-série de 3 x 58 minutes, écrite par Jonas Gardell et Simon Kaijser. Les deux principaux rôles sont tenus par Adam Lundgren et Adam Palsson (oui, bon : c’est pas évident à placer en soirée mais c’est bon à savoir).

Les cinq choses que l’on a retenues après la projection

1. C’est une claque. Une vraie de vraie. Sur le papier, le sujet est fort mais c’est assurément la qualité de son traitement qui frappe les esprits. A partir d’un thème grave, la série développe toute une galerie de personnages qui permet d’asseoir la dimension « chronique d’une époque » mais aussi et surtout de susciter tout un éventail d’émotions puissantes. Du rire aux larmes en passant par des sensations plus complexes. C’est exactement ce qu’on demande à une fiction et là, on est servi.

Une série que l’on espère bientôt voir en France : elle le mérite.

2. C’est un projet ambitieux sur le fond mais aussi dans sa forme. L’ironie aura voulu que Dominique et moi parlions de la vacuité du flashback en tant qu’outil narratif… juste avant que ne débute la projection. Dans Don’t ever wipe tears without gloves, le récit va d’une époque à l’autre avec une fluidité proprement bluffante. Chaque scène, chaque période évoquée sert un aspect du sujet, et densifie le propos de façon hyper naturelle. C’est tellement rare que c’est à souligner. Deux fois.

3. Une histoire d’amour transcendée. Si la relation Benjamin/Rasmus est au centre de la série, si celle-ci compte plusieurs moments forts (la scène finale de la première partie est magnifique), l’histoire dépasse largement ce cadre pour transcender son sujet. Dans Don’t wipe, il est d’abord question d’identité. De la façon dont on peut parfois être amené à chercher la réponse à la question « Qui sommes-nous ? ». En tant que personne, en tant que groupe ou en tant que famille.

L’affirmation de soi, de ce que l’on est profondément et en dépit des barrières qui jonchent le parcours ; la part d’enfance qui existe en chacun et la complexité de l’amour filial qui en résulte ; le rapport à la mort et à la finitude: tout ça est aussi au coeur de ce projet. Du coup, si le ton reste plutôt mélodramatique, la puissance évocatrice du propos est assurément énorme.

4. Une première partie un peu longue. On a beau être enthousiaste, on n’a pas non plus oublié de réfléchir. Et le fait est que le premier segment n’est pas dépourvu de longueurs. Certes, cela permet d’installer solidement l’univers… mais on ne peut qu’être songeur en voyant combien il est plus facile de se laisser embarquer par les deux dernières parties. C’est un peu dommage.

5. On espère qu’elle arrivera vite en France. A l’heure actuelle, la mini-série n’a pas de diffuseur dans notre pays. On croise les doigts pour que ça change vite: elle le mérite cent fois.

 

 

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