Séries Mania Saison 4 : Gros plan sur Ananda

Séries Mania Saison 4 : Gros plan sur Ananda

Sous les pitch les plus simples se cachent souvent des oeuvres profondes et fascinantes, Ananda fait partie de cette catégorie. Les 3 premiers épisodes de la série comique israélienne ont été présenté à Séries Mania dans la catégorie « Séries du monde » et ont enchanté la salle.

La série, côté histoire

Anna se retrouve contrainte de partir en Inde seule, car son petit ami réalise à l’aéroport qu’il a oublié son passeport. Déterminée, elle veut rentrer en Israël à tout prix, mais se perd en route et fait la rencontre de deux hommes, qui vont changer le cours de son voyage.

La série, côté coulisses

Créée, écrite et jouée par Dana Modan, la série a reçu le prix de meilleur scénario et meilleure actrice aux Academy Awards Israéliens. Dana Modan confiait avant la projection qu’elle s’est inspirée d’une de ses expériences.
Un matin, elle se réveille à 11h et voit que le producteur de sa précédente série a voulu l’appeler pendant la nuit. Elle éteint son téléphone la nuit car elle n’a ni parent, ni enfant, ni mari. Elle réalise la liberté immense qu’elle a et décide donc de partir en Inde. A l’arrivée, elle rencontre deux personnes qui la guideront dans son voyage. C’est ce voyage qui l’a inspiré et pourtant le récit n’est absolument autobiographique.

L’écriture lui a demandé plus de 2 ans pour passer d’un récit brut à un récit humoristique. Elle est actuellement en train d’écrire une saison 2.

Les cinq choses que l’on a retenues de la projection

1. C’est drôle et touchant à la fois. C’est le récit d’une femme confrontée à ses préjugés et ses certitudes sur le monde. Alors que le voyage aurait pu simplement être traité sous forme de chronique ou de voyage initiatique personnel, la série revient sur les problèmes de la société israélienne, sur le conflit qui oppose les palestiniens et les israéliens mais sur ce qui rapproche les hommes. On rit pourtant des situations, mais aussi des réactions spontanées. Qui aurait cru que regarder Anna dire pardon à une vache pourrait faire rire une salle aux éclats ?

2. La réalisation fait voyager. Le réalisateur Ohav Flantz a fait un travail remarquable sur le cadre et la lumière. Il prend le temps de capter l’ambiance de l’Inde avec des plans larges très construits. La mise en scène travaille en complémentarité avec le scénario, ce que les dialogues ne disent, le cadre nous le suggère. C’est un exemple de plus s’il en fallait, qu’on peut faire une série touchante et drôle et bien réalisée.

3. Ca m’a mis en colère. En regardant Ananda, comment ne pas se demander pourquoi un tel récit n’est pas possible en France. Chaque année, des milliers d’étudiants tentent l’expérience du PVT, d’autres partent en vacances ou encore s’expatrient. Des dizaines d’histoires pourraient être raconté et nous faire réfléchir sur la société française, comme Ananda le fait sur la société israélienne. Au lieu de ça, on préfère développer une énième série sur des meurtres en Champagne ou des crimes à Saint Malo. C’est un choix comme un autre, par forcément celui qui m’inspire.

4. Ils sont balèzes ces israéliens. Après Hatufim, l’année dernière, Ananda cette année, la télévision israélienne investit dans des séries qui font réfléchir autant qu’elles vous divertissent. Hatufim, sous le polar, obligeait à réfléchir sur le sort des prisonniers de guerre, Ananda, sous le voyage, aborde la question du poids de la société sur les choix individuels.

5. On aimerait la voir en France. On aimerait encore plus que cette splendide oeuvre et son succès inspirent les diffuseurs, les producteurs et les scénaristes français à créer ce genre de bijou.

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