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Séries Mania, saison 4 : Gros plan sur Line of Duty (épisodes 1 et 2)

Séries Mania, saison 4 : Gros plan sur Line of Duty (épisodes 1 et 2)

Note de l'auteur
Seconde journée de Séries Mania, un polar anglais au programme. Label BBC de qualité, une 5×52′ diffusée en juillet 2012 chez nos voisins britanniques. De la noirceur, des flics tendus, une histoire de corruption… et au final une très bonne surprise.
La série, côté histoire

Steve Arnott travaille à la brigade anti-terroriste. Suite à une opération qui s’est terminée dramatiquement (mort d’un civil), et alors qu’il ne veut pas mentir dans sa déposition, il est forcé de quitter la brigade et de rejoindre l’anti-corruption.

Tony Gates est une star. Un superflic avec un taux de réussite jamais vu auparavent. Ses états de service éveillent la suspiçion de la brigade anti-corruption. Son cas sera la première affaire de Steve Arnott.

La série, côté casting et équipe

On retrouve dans Line of Duty une tête bien connu : celle de Lennie James, habitué des séries BBC, qu’on a pu entrecroiser dans The Walking Dead. James interprète le rôle du supposé flic ripou, Tony Gates, et lui apporte son charisme et sa présence.

Face à lui, Martin Compston livre un Steve Arnott plus en retrait, adversaire quasi-silencieux et observateur. Le reste du casting offre une belle galerie, de Gina McKee en amante de Gates à Vicky McClure en flic ambivalente.

Au scénario on retrouve un vieux de la vieille, l’expérimenté Jed Mercurio (scénariste et producteur). A la réalisation (très propre), c’est David Caffrey (1) qui réalise les deux épisodes diffusés aujourd’hui au festival.

Les cinq choses qu’on a retenues de la projection

1. C’est franchement bien. De la réalisation, de très bonne facture, à l’écriture, fine et efficace, Line of Duty est, sur ses deux premiers épisodes, un divertissement intelligent, un polar prenant. Loin d’un cop show ordinaire, la série se concentre sur les relations entre les policiers et réussi à captiver en se centrant sur l’humain. 

2. La série a un petit air d’Infernal Affairs, et de façon générale, fait penser aux polars Hongkongais de ces dernières années. Le début de la série, centré sur une opération anti-terroriste qui tourne mal dans un HLM, ramène à des films comme Breaking News.

L’opposition entre brigade criminelle et brigade anti-corruption ramène aussi à la tradition de la confrontation bien-mal du cinéma d’action hongkongais. Les flics y sont montrés de la même façon: droits, d’apparence intègres, dévoués à leur travail. Une vision du monde de la police en apparence très propre. Une façade qui cache des actions sombres, cachées.

3. Même s’il s’agit d’un affrontement entre les justes et les pourris, la série évite de tomber dans le manichéisme. Gates n’est pas seulement un flic charismatique, il est aussi père, et fondamentalement efficace. S’il est dans le collimateur des anti-corruption, c’est pour mettre en application une méthode que ses supérieurs valident sans le dire: choisir les affaires en fonction de leur capacité à être résolues, laisser tomber les autres. D’ailleurs, le héros vertueux, Arnott, est persuadé au départ que son opération ressemble à une chasse aux sorcières.

4. Oh tiens, du The Wire. Oh, tiens du Hill Street Blues… Et même un petit peu de The Shield aussi. La série connaît bien les polars américains, et jouent avec les codes de ces séries. L’équipe de Gates fait penser à celle de Vic Mackey sur le principe (mais pas sur l’esthétique), la série s’attarde sur des petits flics en uniformes et ouvre son univers de la même façon qu’Hill Street Blues en son temps… on note ici et là des appels du pied à l’univers Simon (Homicide aussi), avec la zone de deal de drogue et surtout les conversations autour des heures supplémentaires, des budgets, des rapports avec la hierarchie…

5. Tout n’est pas parfait pour autant. Le personnage de Gina McKee est assez désagréable, alors qu’elle est censée interpréter une femme fatale que Gates ne peut éconduire. La série prend des raccourcis assez violents par moment, traduisant une envie d’avancer vite, hélas malhabile.

En tout cas, définitivement une série à découvrir, et dont on vous reparlera certainement au Daily Mars après avoir vu les cinq épisodes de sa première saison.

(1) : David Caffrey avait signé dans les années 90 une comédie policière très réussie, Divorcing Jack (avec David Thewlis dans le rôle d’un détective privé un peu hors norme).
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