Séries Mania, saison 4 : Retour au pays des showrunners

Séries Mania, saison 4 : Retour au pays des showrunners

David Chase, créateur des Soprano.

Pour la troisième année consécutive, la série documentaire qui donne la parole à quelques-uns des scénaristes-producteurs américains les plus marquants est de retour au Forum des images. A chaque fois, le voyage au coeur du processus créatif permet surtout d’esquisser le portrait d’auteurs hors-normes. Et c’est un régal.

Le documentaire en quelques mots

Ecrit par Viriginia Vosgimorukian et Anthony Dubé, Showrunners revisite l’histoire récente du petit écran en esquissant le portrait de plusieurs producteurs exécutifs qui préside (ou ont présidé) aux destinées de grandes séries américaines (vous voulez en savoir plus sur cette fonction ? On a pensé à vous). Après une première saison au cours de laquelle les auteurs ont croisé la route de Shawn Ryan (The Shield), David Shore (House MD), David Simon (The Wire) ou encore Ronald D. Moore (Battlestar Galactica), le duo remet ça avec une nouvelle galerie de portraits qui met autant à l’honneur des scénaristes « historiques » que des valeurs montantes.

Les épisodes diffusés à Séries Mania

Mardi, les portraits de DB Weiss et David Benioff (Game of Thrones) et de Michael Patrick King (Sex & The City) étaient présentés en début d’après-midi, ainsi que la première partie de celui qui est consacré à David Chase (The Soprano). Mercredi à partir de 16h, le festival présente la suite du portrait de Chase, ainsi que les épisodes consacrés à Tom Fontana (Homicide, Oz) et Lena Dunham (Girls).

L’intégrale de la deuxième saison est diffusée actuellement sur OCS.

Les cinq choses que l’on a retenues de la première projection

1. C’est toujours aussi bien. En décrivant l’histoire d’une série et la façon dont elle est conçue, les deux auteurs parviennent aussi à esquisser le portrait de hommes et des femmes à l’ego très fort… et dont la personnalité s’exprime de multiples manières. La fraîcheur de Benioff et Weiss, la façon dont ils évoquent l’apprentissage de la fonction de showrunner contraste par exemple singulièrement avec la mine renfrognée d’un David Chase qui entretien un rapport super complexes avec la télévision (comme avec sa mère, coïncidence ?). Derrière les images, derrière les lignes, il y a des hommes et des femmes tour à tour touchants mais pas forcément faciles à vivre. Et ça, ça ressort bien.

Michael Patrick King

2. Michael Patrick King, paradoxe sur pattes. En écoutant le showrunner de Sex & the City,on voit bien que l’homme est tout autant capable de laisser s’exprimer tout un tas d’idées pour faire émerger des intrigues plus ou moins étonnantes, que de rester inflexible sur certains points… quitte à passer pour une diva. Mais là aussi, l’effet portrait fonctionne à plein : pour lui, son parcours en tant que producteur aura surtout été l’occasion d’aller au bout de ses idées. Seul regret, assez gros cependant : pas un mot sur sa période network (oui : le voir parler de 2 Broke Girls ou de Central Park West, c’eut été chouette) ni sur The Comeback, produite avec Lisa Kudrow sur HBO.

3. David Chase, un sacré personnage. Si vous êtes un défenseur de la fiction télé française, priez pour que cet homme ne croise jamais un responsable de chaîne de chez nous : cet homme ne rêve et n’a toujours rêvé que de réalisation et de cinéma ! Personnalité qui assume assez bien ses propres contradictions (notamment le fait d’avoir signé avec Les Soprano une série mémorable), Chase est et reste un incroyable producteur. Sûr de ses forces. Avec une vraie tendance control freak, aussi. Des qualités que l’on s’attend à retrouver chez les showrunners mais qui semblent surdéveloppées chez lui. Un conseil : que vous ayez vu ou non la première partie, ne manquez pas la suite ce mercredi.

4. L’adaptation de Game of Thrones, une aventure et beaucoup de questions. La force de l’épisode consacré à DB Weiss et David Benioff, c’est de raconter comment les deux scénaristes, ex-potes de fac et gros geeks dans l’âme, ont découvert l’oeuvre de George RR Martin et comment Martin a rencontré les deux hommes. Les deux scénaristes expliquent notamment comment ils ont dû gérer la transition livre/écran sans trop tomber dans l’exposition pataude. Au passage, ils expliquent qu’au moment d’adapter la saga de Martin, ils se sont dits qu’il leur faudrait au moins 70 heures de télévision. Soit sept saisons.

5. HBO, c’est une secte en fait ? Benioff, Weiss, King, Chase… tous ont travaillé pour la prestigieuse chaîne câblée. Tous répétent que celle-ci leur offre une réelle liberté. Même Terence Winter (Boardwalk Empire), qui passe faire coucou dans le portrait de Chase, le dit. C’est sans aucun doute plus vrai qu’ailleurs mais au bout d’un moment, ça fait un poil mouvement sectaire, tout de même.

 

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