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Sexualité féminine et séries TV, une révolution? (en direct de Séries Mania)

Sexualité féminine et séries TV, une révolution? (en direct de Séries Mania)

« Sexualité féminine et Séries TV, une révolution » par Iris Brey

_iris_headshot_044Dans le cadre du fil rouge du festival Séries Mania « séries, genre féminin », la journaliste (Tess Magazine, France 24) et universitaire Iris Brey donnait, lundi 20 avril, une conférence intitulée « sexualité féminine et séries TV, une révolution ? ». À l’aide de nombreux extraits, celle-ci a décortiqué différentes représentations de la sexualité sur le petit écran, pour en dresser un bilan finalement positif, car s’il reste beaucoup à faire en matière de parité et de lutte contre le patriarcat, le câble a permis un véritable décloisonnement.

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© Showtime

Première problématique abordée : est-ce que la sexualité féminine et masculine sont différentes, et quelles sont justement les différences de représentation de ces sexualités ? Iris Brey souligne que c’est précisément le postulat de The Affair, série racontant la liaison entre Adam (Dominic West) et Allison (Ruth Wilson). En effet, dans cette série d’Hagai Levi, chaque épisode est composé de deux parties, chacune racontant la même chose, mais du point de vue de l’homme, ou de la femme. Iris Brey souligne alors à quel point les scènes de sexe sont montrées de manière totalement différentes, selon qu’elles sont vécus par le regard féminin ou masculin, et déplore que le résultat en soit caricatural : la femme est fragile et sensible, là où l’homme est viril et vénal.

Iris Brey s’est ensuite demandée comment la sexualité féminin était représentée, en étudiant trois séries, qui représentent trois « âges » dans la conquête du plaisir sexuel féminin, et la sortie d’un patriarcat réducteur : Masters of Sex, Sex and the City et Girls.

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A l’appui de nombreux extraits, celle-ci a décortiqué la représentation de la sexualité féminine dans les séries, en se demandant comme l’image de cette sexualité avait évolué de manière positive. Elle a d’abord remarqué que c’est l’arrivée du câble qui a bouleversé les codes de ces représentations, et permis une véritable libération de la parole féminine. Avec Sex and the City, des femmes qui ne sont pas forcément jeunes ni magnifiques parlent librement de leur vie sexuelle, de leurs fantasmes, et partent à la conquête d’une sexualité « comme celle des hommes », comprenez une sexualité jouissive, décomplexée et potentiellement dénuée de sentiments.

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© Showtime

C’est ensuite en passant de Sex and the City à Girls qu’Iris Brey expose le chemin parcouru, en montrant que d’une série à l’autre, le désir féminin semble moins revendiqué, car davantage conquis, bien qu’il reste encore beaucoup à faire en la matière. Quant à Masters of Sex, qui se passe dans les années 60 et raconte l’histoire vraie de William Masters (Michael Sheen) et Virginia Johnson (Lizzy Caplan) dans leur grande enquête scientifique sur l’orgasme féminin, on y comprend que cette étude, ignorée à l’époque, est aujourd’hui visible, accessible au plus grand nombre : de montrer les années 50 depuis les années 2010 permet ainsi de rendre les progrès effectués flagrants, tout en rendant les inégalités, la ténacité du sexisme, d’autant plus flagrants.

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© Transparent

Enfin, il a été question de séries récemment diffusées, Transparent (Amazon) et Togetherness (Netflix). Toutes deux montrent une troisième voie, au-delà d’une simple libération physique de la femme, et au-delà de la dichotomie « maman / putain » ou « homo / hétéro ». Car dans Transparent, le fait que le père se revendique femme signifie littéralement que le patriarcat disparaît, ce qui libère les enfants de leur sexualité, et permet notamment à Sarah (Amy Landecker) de vivre sa sexualité et sa maternité sans contradiction aucune.

Pour conclure, Iris Brey a insisté sur deux idées. D’une part, il est important que les femmes soient aussi derrière les caméras, productrices scénaristes ou réalisatrices, car c’est aussi par là que le changement pourra intervenir. Et c’est par l’arrivée de nouveaux formats télévisuels, par le câble ou de nouveaux acteurs comme Netflix ou Amazon, que la « révolution » pourra avoir lieu, surtout parce que c’est là que de nouvelles représentations peuvent arriver, et surtout c’est par là que ces images de sexualité libérée et de plaisir sexuel revendiqué pourront être vues partout, pour toutes et tous, diffusée, et ainsi lutter contre le machisme dominant dans les médias et l’hétéronormalisation de la société.

Iris Brey, « Sexualité féminine et séries TV, une révolution ? » sera bientôt en ligne sur le site de Séries Mania.

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