Pilote automatique : Silicon Valley (HBO)

Pilote automatique : Silicon Valley (HBO)

Note de l'auteur
Photo HBO

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L’histoire : Développeur installé dans la Silicon Valley avec ses amis, Richard Hendrix travaille au sein d’un dispositif d’incubation hébergé par Erlich, un ancien programmeur. Alors qu’il bosse sur un logiciel de recherche musicale, il développe un algorithme qui pourrait révolutionner l’industrie informatique… et qui attire vite les convoitises.

Autour de la série : Créée par Dave Krinsky, John Altschuler et Mike Judge, la série marque la première incursion du dernier cité dans l’univers de la dramédie live pour la télévision. Si son nom vous dit quelque chose, c’est normal : il est à l’origine des aventures animées de Beavis and Butthead et de King of the Hill.  Les deux autres sont également les scénaristes d’une Will Ferrellerie sur glace : Les rois du patin.

Avis : C’est un bon pilote. Le ton, résolument satirique, est posé d’entrée et la plongée dans l’univers de la Silicon Valley est attrayante. En plus de ça, il y a Kid Rock dans la séquence d’ouverture. Forcément, ça aide à se laisser embarquer.

Plus prosaïquement, la série explore intelligemment une réalité qui est une petite mine d’or pour les scénaristes : la collision entre l’univers de l’innovation (qui repose sur une multitude de facteurs abstraits, on parle ici de la créativité au sens premier) et celui de son exploitation marchande (comment on transforme une idée en produit qui se vend bien). Avec une telle combinaison, on peut développer toute une galerie de portraits pleine de potentiel.

D’une certaine façon, à travers l’exemple de Pied Piper, la création de Richard (Thomas Middleditch, un bon premier rôle), le pilote de Silicon Valley revisite une forme de dilemme déjà exploré dans un autre pilote diffusé sur HBO il y a déjà quelques années. Celui d’Entourage.

Ca négocie dur dans ce pilote… et ça marche : la scène est drôle et prenante. Photo HBO

Ca négocie dur dans ce pilote… et ça marche : la scène est drôle et prenante. Photo HBO

Le cas de conscience de Richard (vendre ou pas vendre ?) rappelle en effet un peu celui de Vincent Chase (film d’auteur ou film à gros budget après un premier succès ?) au tout début de la série de Doug Ellin. Sauf qu’ici, l’humour est plus mordant. Il n’y a pas non plus Ari Gold et le reste du monde. Ici, entre Richard, Peter Gregory et Gavin Belson (les deux boss qui veulent tirer parti de Pied Piper), on a déjà trois belles figures. Et l’histoire paraît plus prenante, aussi.

Les codes de la communication autour des nouvelles technologies sont aujourd’hui bien connus du public et il est assez réjouissants d’en jouer. Qui plus est, Judge et sa bande savent s’amuser de tout ça en suivant des garçons pétris de doute (ce qui change des débuts d’Entourage, où ce n’était pas vraiment le cas).

Cerise sur le gâteau : TJ Miller (Erlich) livre une très jolie prestation, en complet décalage avec ce qu’il proposait dans The Goodwin Games. Et ça, ce n’est pas dommage.

Episode 2 ? Oui, assurément. Ne serait-ce que pour voir si la série restera sur sa lancée. Ou si elle prendra un chemin pépère et décevant façon How to Make It in America.

SILICON VALLEY (HBO)
1.01 : Minimum Viable Product
Ecrit par Dave Krinsky, John Altschuler et Mike Judge.
Réalisé par Mike Judge.
Avec Thomas Middleditch (Richard Hendrix), TJ Miller (Erlich), Zach Woods (Jared Dunn), Kumail Nanjiani (Dinesh), Christopher Evan Welsh (Peter Gregory), Matt Ross (Gavin Belson).

Silicon Valley (saison 1) est diffusée tous les lundi soirs à 22h25/22h30 sur OCS City.

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