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Retour sur la conférence « Sitcom américaine : de qui se moque-t-on ? » (en direct de Séries Mania)

Retour sur la conférence « Sitcom américaine : de qui se moque-t-on ? » (en direct de Séries Mania)

Comment fonctionnent les sitcoms, ces séries où le rire est le fruit d’un processus à la fois complexe et protéiforme ? Telle est la question qui habitait la conférence « Sitcom américaine : de qui se moque-t-on ? », animée dimanche par le journaliste et universitaire Renan Cros.

La bande de How I Met Your Mother. Photo 20th Century Fox

La bande de How I Met Your Mother. Photo 20th Century Fox

Libre parcours dans l’histoire du genre, cette rencontre est partie des fondamentaux. Concrètement, la sitcom c’est quoi ? C’est un genre qui repose d’abord sur une logique de fond : la variation au sein du même. En clair : peu importe les dilemmes auxquels sont confrontés les héros dans chaque épisode, à la fin des 22 minutes syndicales, il y a toujours un retour à l’ordre installé au début de l’histoire.

Si le succès des comédies de situation s’appuie sur une logique de statu quo, cela ne veut pas dire que le cadre dans lequel elles racontent le monde n’évolue pas. Au contraire.

À l’origine, la sitcom s’inscrit dans le registre de la catharsis théâtrale. C’est ce qui caractérisait déjà I Love Lucy (commencée en 1951 et diffusée au début des années 2000 sur Teva), dont les rires du public sont enregistrés en direct marquent justement la théâtralisation.
Cette logique, on la retrouve dans la réappropriation intelligente de l’univers du conte de fées qui est au cœur de nombreux projets des années 80 (comme Madame est servie). Le « Il était une fois… » s’appuie alors sur des éléments de dérèglement des conventions au service de l’effet comique (un homme embauché pour faire le ménage). Le rire lui-même sert un élément clé : l’importance de la cellule familiale.

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Dans les années 90 cependant, la donne change. Avec deux séries mythiques qui explorent l’amitié de façons très différentes et très marquantes. D’un côté, Seinfeld, qui fait naître le rire de l’angoisse du réel (« votre vie, c’est de la merde, la leur aussi : c’est pour ça que c’est drôle », résume Renan Cros). De l’autre, Friends, qui livre une version fantasmée de l’amitié (et déconnectée de l’ordre social).

Ces deux séries vont avoir un impact assez fort sur le genre, qui va connaître une évolution importante dans les années 2000. Quitte à casser les codes. D’une part, les personnages perdent leur caractère forcément immuable (c’est sans doute là le véritable héritage de How I Met Your Mother, dans laquelle Barney Stinson évolue considérablement).
D’autre part, la théâtralisation des situations laisse place à une « théâtralité cinématographique ». L’humour n’est plus impulsé par les rires enregistrés mais par une autre dynamique de montage, de cadrage. Et par le partage d’une culture commune avec le téléspectateur.

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Louis CK, dans « Louie ».

C’est ce que l’on retrouve dans Arrested Development ou les mockumentarys comme The Office. Mais aussi dans Louie où l’on n’a pas peur de flirter avec le drame pour renforcer le rire.

Si elle aura éludé certains pans cruciaux de l’histoire du genre (The Mary Tyler Moore Show, All in the Family… des séries des années 70 à la liberté de ton que l’on ne retrouve presque plus aujourd’hui), cette conférence aura su séduire par son côté très construit et le regard pertinent qu’elle offre sur un genre parfois encore mésestimé en France (au moins du côté des diffuseurs/producteurs). Mine de rien, c’est déjà beaucoup.

ET POUR CEUX QUI L’ONT MANQUE


[Séries Mania] Sitcom américaine : de qui se… par forumdesimages

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