Le souper des maléfices : Arleston à l’écriture

Le souper des maléfices : Arleston à l’écriture

Note de l'auteur

Christophe Arleston, mais si, c’est cet auteur de BD, qui nous a offert ces grands moments qu’étaient Lanfeust de Troy, mais aussi Les Forêts d’Opale ou dernièrement Sangre. Il se lance aujourd’hui dans la littérature, avec un Souper des maléfices.

57897L’histoire : À Slarance, il se trame des choses pas nettes. Une étrange bière dégueulasse inonde les bars, la nourriture n’a plus de goût et tous les agents du dynarque se sont fait tués. Zéphyrelle est la seule à pouvoir faire quelque chose désormais. Entre son désir de réussir et les interventions d’un cuisinier malin mais amoureux, la ville n’est pas sortie de l’auberge.

Mon avis : Amateur de l’humour potache et des mondes sens dessus dessous de Christophe Arleston, vous trouverez ici votre bonheur ! Gaffes à répétition, effets de manches ratés, quelques personnages zigouillés et un personnage féminin qui sait user et de son intelligence et de son physique… On est en terrain connu !

Et c’est peut-être le défaut principal de l’ouvrage. Car il y a comme un goût de déjà-lu, sans prise de risque aucune de la part de l’auteur. L’amoureux est niais et prêt à tout, la jeune femme fière et forte, un vieillard alcoolique voudra bien donner un coup de main… Certes, les personnages secondaires offrent une galerie bien agréable, avec plus de nuances, et l’univers est croqué de manière à ce qu’on puisse s’y promener avec plaisir. C’est divertissant, avec quelques twists qui ne sont pas sans déplaire, et dans un format assez court pour que l’on échappe à l’ennui.  Si vous ne connaissez pas encore Christophe Arleston, et que la BD, ce n’est pas votre truc (enfin, Lanfeust de Troy, quand même ?), Le Souper des maléfices peut vraiment vous faire sourire et apporte une touche joviale et pas prise de tête à la fantasy, avec un message qui aurait pu être politique, mais pas trop.

photo_6C’est léger, ça détourne deux ou trois clichés avant de passer par un voyage en bateau avec des pirates à l’horizon, des mauvais mages et des bastons à coups de poing. Sans compter une enquête, car il faut sauver Slarance ! Pour les autres, ceux qui sont habitués à ce que sait faire Arleston, un petit plus d’engagement de sa part aurait été agréable. Mais peut-être pour un prochain ouvrage ? En attendant, ça reste un moment sympathique à passer, en compagnie d’une ancienne connaissance.

Si vous aimez : Les vieilles couettes qui tiennent chauds mais dont on connaît chaque nœud et chaque trame.

Autour du livre : Le Souper des maléfices paraît aux éditions ActuSF, sous le tout nouveau label de Bad Wolf, qui représente la collection fantasy dans laquelle se lance l’éditeur.

Extrait : « Zéphyrelle n’avait pas eu le temps de passer par les bains et elle ne se sentait pas très à l’aise sur les coussins brodés. Elle prenait conscience de son pantalon tâché, de ses pieds maculés de boue qui sortaient de sandales rapiécées, de sa chemise imprégnée de sueur. Une serpillière usagée eut été moins répugnante. Les narines du laquais frémirent. Était-il gêné par son odeur ? Peut-être même se sentait-il humilié d’avoir à s’occuper d’une créature aussi misérable et poussiéreuse ? Zéphyrelle supportait peu la condescendance et elle choisit d’y répondre par une provocation. Elle se détendit, repoussa les rideaux et sortit crânement un bras à la fenêtre de la cabine, puis, offense suprême, allongea les jambes pour poser les pieds sur la banquette d’en face.
Le laquais imperturbable n’eut pas un geste. Dépitée, Zéphyrelle reporta son attention sur la vue spectaculaire. »

Sortie : octobre 2016, éditions ActuSF, 395 pages, 19 euros.

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