Pilote automatique : State of Affairs (NBC)

Pilote automatique : State of Affairs (NBC)

Note de l'auteur
© Michael Parmelee / NBC

© Michael Parmelee / NBC

L’histoire : Charleston Tucker est une ancienne agent de terrain de la CIA, reconvertie en analyste après l’attaque d’un convoi diplomatique à Kaboul dans laquelle elle perdit son fiancé, le fils de la  présidente des Etats-Unis.

Autour de la série : L’heure des retrouvailles entre Katherine Heigl et la télévision après son départ de Grey’s Anatomy. Véritable véhicule commerciale de la série, l’actrice comme la chaîne misent beaucoup sur la série pour retrouver les grâces du public.

L’avis : Une question de dilution. L’acteur ou l’actrice, c’est un corps capable de se fondre dans un personnage, jusqu’à faire oublier son visage. Un corps vierge qui raconte une nouvelle histoire. Ici, la page blanche possède les traits de Katherine Heigl. Et c’est chargé d’un passif télévisuel lourd qu’il s’accompagne et peine à se greffer dans un nouvel univers. Tout est affaire de croyance, comme on a du mal à croire en cette Charlie Tucker. L’instrument principal de la série échoue dans sa fonction de sculpture parce que la notion d’identité nouvelle est diluée dans le jeu de l’actrice.

© Michael Parmelee / NBC

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De dilution, il est également question dans le genre. Homeland, 24, Rubicon… La première incarne, pour le pire et pour le meilleur, un nouveau modèle, version bâtarde entre l’énergie hyperbolique de 24 et la retenue de Rubicon. Une idée poussiéreuse et paresseuse nous pousserait à croire que State of Affairs serait un Homeland de network. Comme s’il était inéluctable qu’une présence sur NBC allait nécessairement diluer l’essence de la série de Showtime dans un moule grand public. Un façon de penser qui imagine la série de network par un nivellement par le bas. Pourtant, se trouve à l’endroit de State of Affairs des qualités et des défauts similaires à l’ancienne coqueluche de la presse. Un traitement rapide qui confond précision et énergie, deux personnages féminins principaux cassées et une culture de l’ambiguïté – bien plus ambitieuse chez Homeland que la petite pirouette finale de ce pilote. Sinon, c’est l’éternelle grosse machine du récit d’espionnage moderne dans sa lutte contre le terrorisme, la hiérarchie et les différents services de renseignements américains.

© Michael Parmelee / NBC

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Il n’y a pas d’originalité dans ce pilote et peu de réelles fausses notes. Un spectacle convenu, très actuel, moderne dans sa façon de raconter une histoire, comme s’il existait une sorte de bible sur laquelle reposait toute la fiction des trois ou quatre dernières années. Le principal défaut de State of Affairs, c’est de ressembler à beaucoup d’autres séries, de se diluer dans une masse où il est devenu presque impossible de distinguer les différents éléments. Une homogénéisation castratrice où la notion d’identité est supprimée au profit du programme. Le pilote de série est devenu une science. Chaque particule semble dosée selon une formule pré-établie pour susciter l’intérêt du public, sans trop en donner, sans être trop évasif. Seul élément discordant, la séquence d’introduction qui porte l’emprunte de son réalisateur : Joe Carnahan. Sa caméra embedded rappellera la première scène de Narc pour sa capacité d’immersion, sa sensation quasi physique de ressentir l’action et la lisibilité du chaos.

Episode 2 : Il faudrait pour infirmer ou confirmer une absence d’identité fondamentale et décider si la série est un ogm formaté pour son actrice principale ou une réelle oeuvre.

State of Affairs (NBC), Saison 1, Episode 1, « Pilot »
Ecrit par : Alexi Hawley
Réalisé par : Joe Carnahan
Avec : Katherine Heigl (Charlie Tucker), Adam Kaufman (Lucas Newsome), Alfre Woodard (President Constance Payton),…

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