Stranger Things (t. 2) de Houser, Salazar, Champagne, Louise et Piekos

Stranger Things (t. 2) de Houser, Salazar, Champagne, Louise et Piekos

Note de l'auteur

Pas d’histoire, pas d’idée, un dessin franchement raté : toutes les raisons sont réunies pour ne pas s’infliger ce tome 2 de la BD Stranger Things… à peu près pour les mêmes raisons que la saison 3 de la série des frères Duffer, d’ailleurs.

L’histoire : 1978. Six n’est pas une adolescente comme les autres : elle a un don, celui de prédire l’avenir. Enfermée dans le laboratoire d’Hawkins, elle est soumise à d’étranges tests sous la supervision du docteur Brenner, qui est prêt à tout pour exploiter son potentiel. Mais dans un flash, elle aperçoit un futur funeste et grouillant de monstres… à moins qu’ils ne soient déjà autour d’elle ?

Mon avis : Si vous avez vu les deux premières saisons de la série Stranger Things (et que vous vous êtes même infligé la saison 3), vous vous êtes peut-être déjà offert les romans adaptés de la série des frères Duffer. Si c’est le cas, vous êtes tombé.e sur Suspicious Minds, le roman de Gwenda Bond (publié en France chez Lumen), qui évoque le labo d’Hawkins et son charismatique Dr Brenner à la fin des années 60.

Pour ce deuxième tome de la BD publiée originellement par Dark Horse et Netflix, on fait donc un bond dans le temps jusqu’à la fin des Seventies, peu de temps avant les événements de la série télé. Signalons au passage que le premier tome s’attachait au personnage de Will Byers et à sa tentative désespérée d’échapper au Démogorgon – des événements alors parfaitement contemporains de la série.

Francine est capable de voir l’avenir, du moins partiellement. Son père est un salaud qui ne pense qu’à lui faire deviner les numéros gagnants du Lotto ; sa mère est plutôt soumise, quand elle n’est pas purement et simplement absente de l’équation. Pour se sauver de son paternel abusif, Francine se réfugie chez son (trop ?) charmant voisin, Ricky, dont la mère la met en contact avec le Dr Brenner. Facile, rapide, peu crédible ? Absolument.

En réalité, ce one-shot ne recèle pas la moindre once d’intérêt, que ce soit pour le fan hardcore de la série des Duffer, pour l’amateur de BD en général, ou même pour quiconque accordant une importance quelconque à l’originalité, à un récit qui tienne la route, et a fortiori à la notion d’intensité en matière de création artistique.

Le roman de Gwenda Bond péchait déjà excès de naïveté, mais son tissu narratif tenait à peu près la route. Le scénario de Jody Houser est tristement aussi absent que la mère de Francine. Pas d’idée de narration, pas de rebondissement digne de ce nom. La seule chose frappante, dans cette histoire, c’est le degré atteint par l’absence de crédibilité du récit.

Côté visuel, rien dans le dessin d’Edgar Salazar, dans l’encrage de Keith Champagne ou dans les couleurs de Marissa Louise ne sauve ce grand paquet de vide. Au mieux, le tout est d’une laideur banale ; au pire, on vire dans le raté intersidéral, comme Brenner et Six paraissant flotter dans l’air du couloir (page 39), le même Brenner atteint de strabisme convergent (page 42) ou le regard tordu de Francine (page 44).

Deux seules dimensions sont à sauver ici : la couverture de Kyle Lambert (sans génie mais d’une réalisation honnête) et, surtout, les illustrations de chapitres par le Français Aleksi Briclot. Hors cela, point de salut.

Stranger Things : Six
Écrit par
Jody Houser
Dessiné par Edgar Salazar
Édité par Mana Books

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