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Summer Flashback (10/10): Shrek de Vicky Jenson et Andrew Adamson (été 2001)

Summer Flashback (10/10): Shrek de Vicky Jenson et Andrew Adamson (été 2001)

Il vous est déjà certainement arrivé d’inviter un être qui vous est très cher au cinéma pour voir un film et guetter la moindre de ses réactions, ses soupirs. La salle de cinéma, antre de vos passions, de grandes joies, de déceptions ne vous a jamais laissé indifférent. L’être chéri partagera-t-il votre flamme ? Va-t-il regarder sa montre ? Va-t-il aimé le film ? Va-t-il s’ennuyer ? Dans mon cas c’était aussi : Va-t-elle être émerveillée ? Va-t-elle avoir peur ? Va-t-elle parler pendant tout le film (comportement absolument insupportable qui a tendance à se produire de plus en plus souvent) ? Va-t-elle piquer une crise de colère ?

C’était l’été 2001, à Marseillan Plage.


Il fallait que je tente le coup, que je l’emmène voir ce film. Après tout, il était temps. Mais il ne fallait pas faire les choses n’importe comment. Etudier la place, mettre en place une stratégie. Un cinéma en plein air, très bien, ça fera l’affaire. Pas de risque de claustrophobie, on aura de la place pour poser tout le matériel. Idéalement, il eût fallu que nous nous placions au dernier rang, près de la sortie pour prévenir tout incident. Hélas, la visibilité était trop mauvaise pour apprécier le spectacle. Il fallait transiger. Premier rang, près de l’allée nous permettant un accès direct à la sortie sans « pardon, excusez-moi », « désolé », susurré avec un air contrit.

Elle est briefée, elle sait ce que j’attends d’elle. Elle est à la fois inquiète et excitée, comme moi. Les lumières s’éteignent. Je la surveille du coin de l’œil, prenant un air faussement détendu. Les bandes annonces sont lancées, tout se passe bien même si j’ai peur que le son soit un peu fort. Elle tient fermement son grigri dans la main, ses grands yeux bleus ne quittent pas l’écran. Le film commence. « Oh, la lune » me dit-elle, montrant l’écran. Une production DreamWorks SKG. Pendant une heure et demie, elle ne bouge pas malgré l’inconfort de l’assise (des sièges de camping en plastique), ne me pose pas de questions. Elle rit de bon cœur aux pitreries de l’âne. Un rire communicatif, celui qui vous fait instantanément sourire voire rire aux larmes s’il se prolonge, même si vous ne savez pas ce qui est si drôle. Fin de la séance.

« C’était bien, hein ? » me lance-telle, ravie. En fait, ça ressemblait plus à un « ch’était bien, hein ? », on lui répète pourtant toujours de ne pas parler avec sa tétine. Août 2001, Shrek, première séance de cinéma de ma fille ainée, Camille, elle a 3 ans.

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