Summer Flashback (5/10): Le Cobaye de Brett Leonard (été 1992)

Summer Flashback (5/10): Le Cobaye de Brett Leonard (été 1992)

Comment garder un souvenir impérissable de Le Cobaye (The Lawnmower Man), film somme toute très moyen, d’un réalisateur dont la carrière est elle même aussi très moyenne (et je suis gentil), te demandes tu sûrement, aimé lecteur et chérie lectrice. Comme dit ce bon vieux Jack Burton : « Tout est une question de réflexe »…de survie dans ce cas-ci. Parlons en de Cassis, justement. 

Je venais d’avoir 18 ans, j’étais beau comme un enfant, fort comme un homme. C’était l’été évidemment…Et on s’arrêtera là dans la référence musicale moisie. Pour mes premières vacances en solo, entendez par là, sans mes parents, je m’étais laissé convaincre par deux de mes amies de descendre dans le Sud dans un supeeeeeer camping près de Cassis avec elles. Soyons honnêtes, je convoitais l’une des deux frangines. Elles n’ont pas eu de mal à me convaincre alors que je suis d’un ordinaire méfiant. Ces vacances furent à la fois les pires et, d’une certaine façon, les meilleures que j’eu passé. Je perdis  3 ami(e)s et gagna un de mes meilleurs amis.

Ce fut d’abord un cauchemar. Habitué au camping 3 étoiles, ombragé, avec emplacement délimité, je me retrouvais sur un terrain de terre battue, en plein soleil…et là bas, ça tape sacrément. La plage était constituée de gravier et, quand vous arriviez à atteindre la mer afin de soulager vos pieds meurtris par la marche sur les braises, il fallait éviter les rochers coupants dans l’eau. Rapidement, l’amie convoitée jeta son dévolu sur un bellâtre à l’accent chantant. Les premières disputes sur le « pot commun » pour les achats alimentaires apparurent, mes ami(e)s décidant de passer du collectivisme à l’individualisme au moment où leur tour de payer arrivait…Fort heureusement pour moi, la ville avait un cinéma, climatisé de surcroît. La chaleur était tellement insupportable l’après midi et agressive pour ma peau de fils d’immigrée polonaise (je ne bronze pas, je rougis), que la présence de ce ciné était un havre de bonheur.

Après une marche de quelques kilomètres, mon (futur) meilleur ami et moi, nous refugiions dans la fraîche enceinte armés de cookies, lait concentré sucré et sodas. Une alimentation saine. A l’époque, je pouvais me le permettre, la barre des 80 kg était loin, j’étais affûté et végétarien « light » (sans raison particulière, juste pour essayer). Quand Le Cobaye de Brett Leonard fut programmé dans le ciné, j’étais tout à ma joie. « D’après Stephen King » nous assurait l’affiche et Pierre Brosnan dans le rôle principal. Les photos d’exploitation affichées devant la salle nous montraient des images de synthèse, on ne disait pas Ci-Dji-Aille à l’époque. La nerditude que je dissimulais au grand public depuis le lycée (expérience collégienne difficile dans ma banlieue parisienne : rôliste, fan de cinéma de genre, d’informatique…certains d’entre vous ont connu ça, non ? ) allait être satisfaite. J’étais, et suis encore, un ultra fan de Stephen King. Je venais de finir le génial Fléau (pour la deuxième fois). J’avais adoré la série Remington Steele (sans commentaire) et trouvait le p’tit père Brosnan, très classe ( il n’était pas encore passé par la case James Bond).

Je l’avoue sans honte, j’ai pris un pied énorme. Retrouver le beau Brosnan dans rôle de scientifique informaticien, une sorte de geek, m’a ravi. L’angoissant et tanké neuneu permanenté aux yeux d’azur, Jeff Fahey, était parfait (on le retrouvera, bien plus tard dans le rôle de Duke dans la série Under the dome…tirée de Stephen King). Les images de synthèse m’avaient étourdi. La réalité virtuelle et l’idée finale d’une sorte de virus se répandant sur le réseau (téléphonique, hein, on est en 92) était géniale. J’en garde un souvenir ému malgré une réalisation très moyenne, il faut l’admettre.

Evidemment, j’appris par la suite l’arnaque du « D’après Stephen King », ce qui me rassura car je n’avais jamais lu cette nouvelle, moi, l’ultra fan,  alors qu’à l’époque je dévorais tout ce qui était estampillé King…et j’en ai vu des adaptations foireuses. Je n’ai jamais revu le film dans son intégralité. Je préfère en garder ce souvenir agréable…allez savoir pourquoi.

Le Cobaye de Brett Leonard, avec Pierce Brosnan, Jeff Fahey, Jenny Wright…

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