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Summer Flashback (7/10): Jeu d’enfant de Tom Holland (été 1989)

Summer Flashback (7/10): Jeu d’enfant de Tom Holland (été 1989)

Note de l'auteur

C’est l’été, j’ai 11 ans. George Bush senior vient d’être élu président des Etats-Unis. Mikhail Gorbatchev devient le président du Soviet Suprem. Ils vont devenir très bons amis (mes connaissances sur le sujet se limitent à l’épisode des Simpsons où George Bush emménage en face de chez Homer et reçoit la visite de Gorbatchev qui vient lui apporter un cadeau pour sa pendaison de crémaillère. Oui je l’avoue j’ai une culture limitée).

Les ceintures de sécurité à l’arrière ne sont pas obligatoires, donc j’en profite : l’arrière de la bagnole de mes parents (une Renault 12, soit un tank beige) ressemble à une mini chambre d’ado avec des BD et des oreillers partout. Confortable. Tant mieux, car pour aller en Espagne, lieu des vacances cette année là, c’est deux jours de trajet. Tant pis si je risquais ma vie à l’époque sans le savoir, j’étais bien installé.

Benidorm, été 89. Appartement avec vue sur la mer, la plage en bas des escaliers. Un temps magnifique. De ces vacances, ce dont je me souviens le plus, ça n’est pas de cette fille que je croisais souvent à la plage et que je trouvais bien mignonne (je dois me ranger à mon avis de l’époque, car je n’ai aucun souvenir de ce à quoi elle ressemble). Ça n’est pas d’avoir dormi plusieurs fois sur le balcon tellement il faisait chaud. Ça n’est pas d’avoir lamentablement échoué de gagner à Shinobi sur la borne d’arcade en bas de chez nous. Et même si, pour ce, j’ai évaporé les économies familiales dans le processus.

Non, mon plus gros souvenir est d’être allé voir Jeu d’enfant. Le premier film mettant en scène la poupée Chucky. Dans un cinéma en plein air. En langue espagnole. El muñeco Diabolico, comme ils disent là-bas.

« Donde esta la biblioteca ? »

On continue dans les confidences, je suis à 50% espagnol. Et je suis aussi la preuve vivante que la connaissance de la langue maternelle ne se fait pas par le patrimoine génétique. Playa : Plage. Si : Oui. Paella : Paella. On a fait le tour. Quand le patron du restaurant d’en bas « El Pépé » m’accueillait avec gentillesse (j’y bouffais des calamars frits quasiment tous les jours après la plage), il le faisait en criant « Hola ! ». Pendant quelques jours, j’ai cru qu’il m’avertissait qu’il fallait que je ralentisse. (En fait, non. Le saviez vous ? Hola veut dire salut en espagnol. Ils sont fous ces espagnols.)

Du coup, se retrouver dans une salle de cinéma pour suivre une histoire à 100% en espagnol relève de l’impro complète. Et du cassage de pieds de ma mère, la seule qui parlait espagnol dans le groupe.

« Et là, il a dit quoi ?
– Il a dit attention.
– Et pendant que tu traduisais, il a dit quoi ?
– J’en sais rien, je te parlais.
– Tu crains, maman. »

En plus, maintenant que j’y repense, mes parents étaient des hors-la-loi complets. J’avais 11 ans. Pour un film interdit aux moins de 13 ans. En parler ici, c’est risquer la prison pour eux… tant pis, je continue. C’est la nuit noire, on est tous installés sur des chaises de fortune. Je suis entre ma mère et mon père (qui ne parle pas espagnol, mais qui a renoncé à tout type de compréhension, en grand cinéphile qu’il est). Et je dois l’avouer, j’ai eu les pétoches. Juste ce qu’il faut.

Avertissement : ce film n’est pas une adaptation de Stephen King par John Carpenter. Pas du tout.

Jeu d’enfant est loin d’être un excellent film d’horreur, mais il sait jouer de la terreur que procure les objets inanimés qui prennent vie. En cela, il possède une certaine efficacité primaire, qui fonctionne majoritairement sur les personnes un peu facile à terrifier (les enfants, les vieux, les poissons rouges). Il a su, en plus, créer une icône cinématographique qui, si elle n’a jamais donné naissance à un film digne de ce nom, a le mérite d’être reconnu et facilement identifié. Le film est très marqué eighties, et ressemble à une piteuse tentative de faire du Carpenter sans Carpenter. Je ne le savais pas à l’époque, mais c’était mon premier face à face avec Brad Dourif, acteur qu’aujourd’hui j’adore (oui, j’ai vu Dune et Blue Velvet bien après ce film, et j’ai surtout percuté son existence grâce à X-Files).

« Salut poupée »
(hihi humour)

Aujourd’hui, penser à Chucky me ramène presque autant à cette projection qu’à ses parodies, dont celle réalisée par les Simpsons pour l’un de leurs Special Halloween (Comme je l’ai dit plus haut : culture limitée). J’ai vu trois de ses suites. Aucun souvenir du 2 et du 3. Plus du quatrième, La fiancée de Chucky, une bouse agréable à regarder, surtout quand on repense à la scène de sexe entre poupées. Pas vu le reste, pas forcément envie. Je serais prêt à les voir à deux conditions : qu’ils soient projetés en plein air, et dans une langue que je ne comprend pas.

Pour le fun, le début du film en espagnol. Un début qui vous enchantera avec la voix-off qui dit les noms qui s’affichent au générique (partant du principe révoltant que les gens ne savent pas lire, ou juste pour le bonheur de prononcer des noms avec l’accent ibère ?)

Jeu d’enfant (Child’s Play), de Tom Holland (1h27). Scénario : Don Mancini, John Lafia et Tom Holland. Sortie France : le 5 avril 1989. Sortie Espagne : on va dire que c’était dans les mêmes dates, hein…

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