Super Bowl : les séries sont de sortie

Super Bowl : les séries sont de sortie

Aux Etats-Unis, le déroulement de la soirée du Super Bowl va bien au delà de la simple dégustation d’ailes de poulet devant sa télé (même si c’est ce que les pubs locales essayent de nous faire avaler). En dehors d’être un grand moment de sport, le Super Bowl est avant tout une énorme machine médiatique qui coûte et rapporte beaucoup, beaucoup d’argent.

Alors qu’ABC était avant de la partie, quatre chaînes diffusent dorénavant à tour de rôle la finale du championnat de football américain (NBC, FOX et CBS). C’est ainsi l’occasion pour tout le monde de se frotter les mains, et de sortir les carnets de chèques pour acheter des créneaux publicitaires se négociant à six chiffres. Il faut dire que chaque année, plus de cent millions d’Américains se rassemblent devant leurs télévisions pour regarder le match, largement de quoi faire saliver les diffuseurs et les annonceurs  A ce tremplin commercial vient ensuite s’ajouter une autre tradition, celle de l’épisode de série post-Super Bowl (ok, c’est pas toujours un épisode de série, passons).

Si le reste de l’année ce qui importe les chaînes dans leur logique de diffusion est ce qui est mis en lead-in d’un programme (c’est à dire ce qui vient avant), le soir du Super Bowl on change la donne et on mise tout sur le lead-out (ce qui est diffusé après, vous l’aurez compris). Ces 10 dernières années, à quelques exceptions près (comme celle de la diffusion de The Voice l’an dernier), la tendance des chaînes aura été de choisir une série pour être ce programme post-finale de la NFL. Et dans ce cas là, le tout est de miser sur le bon cheval.

NBC détient le record du meilleur coup de poker, puisqu’en choisissant de programmer Friends en lead-out du championnat en 1996, la chaîne a réalisé un record historique en matière d’audience post-Super Bowl, rassemblant plus de 52 millions de téléspectateurs. A quelques millions près, c’est comme si toute la population française s’était mise devant le même programme télé, rendez-vous compte ! « The One After The Superbowl » était cependant une machine bien pensée, avec sa bonne dose de guest-stars histoire d’appâter encore mieux le public (Julia Roberts, Brooke Shields ou encore Jean-Claude Van Damme étaient de la partie). L’idée du network en programmant Friends était simple : battre les records de revenus amassés grâce à la totalité des publicités diffusées ce jour-là. Vous pensez bien qu’entre les coupures pubs pendant le match et celles pendant ce double-épisode de Friends, il y a eu de quoi se remplir les poches.

Cette stratégie a habituellement plus ou moins de succès. L’année suivante, X-Files rassemblait presque 30 millions de téléspectateurs sur la FOX, tandis qu’Alias n’a cumulé que 17 millions de fidèles sur ABC en 2003. Nombreuses ont été les séries à être sélectionnées pour clore cette soirée sport, de L’Agence tout risque à Glee en passant par Malcolm et Grey’s Anatomy. En 2011, l’épisode de Glee (intitulé « The Sue Sylvester Shuffle ») a d’ailleurs marqué l’histoire de la télévision en devenant l’épisode post-Super Bowl le plus coûteux jamais réalisé, avec un budget compris entre 3 et 5 millions de dollars. Quand on vous dit que tout ceci n’est qu’une immense machine à sous…

A l’occasion du Super Bowl XLVII, diffusé ce dimanche sur CBS, c’est la série Elementary qui aura l’honneur de jouer les lead-out du match entre Baltimore et San Francisco. Sherlock Holmes des temps modernes, la série policière n’est pas exactement ce qu’on pourrait appeler un blockbuster télévisuel. Avec une moyenne de 11 millions de téléspectateurs par épisodes, la stratégie de CBS en plaçant le show après le match est évidente : attirer de nouveaux téléspectateurs. C’est simple, le créneau post-Super Bowl est le plus convoité de toute la grille de programmation américaine annuelle. Mettre Elementary là, c’est donner à la série une immense opportunité de conquérir un public qui n’a peut-être pas encore vu ce qu’elle a dans le ventre. L’épisode en question a donc été écrit en conséquence, et son scénario devrait être suffisamment classique pour séduire les téléspectateurs américains.

Les chances qu’Elementary face exploser l’audimat sont relativement minces, mais cette marque de confiance de la part de la CBS lui donne l’occasion d’élargir son public, et ça ne lui fera sans doute pas de mal.

 

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