Techno faerie : la fée electro

Techno faerie : la fée electro

Note de l'auteur

Un bel ouvrage divisé en deux parties distinctes, l’une récit et l’autre encyclopédie illustrée. Quand fées et hommes se rencontrent…

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Couverture par Melchior Ascaride.

L’histoire : Les fées ont toujours existé, multiples dans leurs formes et leurs comportements. Mais pendant longtemps, elles ont vécu cachées, sous la Colline, kidnappant ici un enfant, apparaissant un moment là. Mais cette période est terminée. Il est temps de revenir parmi les hommes, dont la société se renferme de plus en plus sur elle-même, puçant même leurs enfants.

Mon avis : Le futur est dans la diversité. Tel pourrait-être le message donné par ce texte, entre autres. Diversité, jeux et tolérance. Première chose, nous sommes face à un roman écrit de plusieurs manières : récit à la première personne qui ouvre le livre, un article de journal, un récit, un journal intime. Ainsi, et c’est aussi l’une des faiblesses de l’ouvrage, nous passons d’un personnage à l’autre, avançant dans le temps, mais perdant aussi de vue certains protagonistes auxquels nous nous étions attachés. Un seul sert de fil rouge et c’est donc sa vie sur laquelle nous nous penchons.

Le récit n’occupe qu’une seule moitié du livre. L’autre moitié est donc une encyclopédie dédiée au genre féérique. De multiples illustrations sont présentes sans réelle homogénéité stylistique, depuis l’usage d’un dessin de collage (proche des couvertures de Sandman par Dave McKean) à des dessins type DeviantArt, plus SD, avec des petits bonhommes à grosses têtes. Le tout se lisant d’un bout à l’autre, dans une diversité de noms et de couleurs.

crédit : Les moutons électriques

crédit : Les moutons électriques

Sara Doke est, comme l’était/l’est (car à travers ses écrits, il reste toujours) son compagnon Ayerdhal, quelqu’un d’engagée. Elle choisit, par exemple, d’utiliser le genre féminin pour parler des fées. C’est un détail, mais au début, c’est un peu perturbant. Aucune espèce n’est supérieure à l’autre, et les fées sont aussi traversées par des conflits et des sécessions. Le monde des humains est décrit par ses utopistes, ses scientifiques, ses espoirs. L’unité, l’égalité, la joie tout simplement, sont possibles. Et cela passe aussi par une écologie politique, engagée, la défense d’un monde de mythologies et nourricier, celle de notre terre.

Si vous aimez : Fées et tendres automates de Téhy, Béatrice Tillier et Franck Leclercq.

Autour du livre : Certains récits, des nouvelles, avaient déjà été publiés et sont ici réunis pour témoigner du monde sous la Colline.

crédit : Les moutons électriques

crédit : Les moutons électriques

Extrait : « Ils ont vu la fin du monde et ils ont vu comment vous y avez répondu. Ils ont été témoins de l’apocalypse et vous les avez punis ! Comment crois-tu qu’ils ont réagi ? Que crois-tu qu’ils aient pensé quand l’armée s’est postée à tous les coins de rue, plus seulement dans les gares et les bâtiments administratifs, quand les soldats se sont installés dans les écoles ? D’après toi ? Quand on les a fait défiler devant les pédopsychiatres, enrôlés de force dans des pseudo-thérapies de groupe, quand on leur a posé une puce ?
Vous avez puni vos enfants pour les crimes d’autres enfants. J’imagine que la situation actuelle est confortable pour un prof. Non ? Les mômes sont calmes, ils ont l’air attentif, ils ne posent pas de questions, ils ne sèchent plus les cours… jamais un mot plus haut que l’autre… à ta place, moi, ça m’inquièterait !
Cette grimace ne te va pas du tout. Oui, dans un sens, je t’accuse. Je t’accuse d’être complice, de profiter d’un crime contre vos enfants. Oui, toi. Tu es enseignante. Tu le vois tous les jours ce calme apathique et obéissant ! Et tu ne fais rien contre ! »

Sortie : le 7 janvier 2016, Les moutons électriques, 192 pages noir et blanc, 176 pages couleur, 21 euros.

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