Test Blu-ray : Kingsman, Services Secrets

Test Blu-ray : Kingsman, Services Secrets

Note de l'auteur

Kingsman Blu RayQuel drôle de film ! Avec Kingsman, Services Secrets, sorti en Blu-ray le 8 juillet, le réalisateur Matthew Vaughn continue son exploration de l’adolescence difficile, sur la lancée du très réac’ Kick-Ass et du très bon X-Men First Class. A l’instar d’un Tarantino, pour le meilleur, et d’un Robert Rodriguez, pour le pire, Matthew Vaughn digère les codes du film de genre, l’espionnage ici, et filme un voyage du héros à la violence esthétisante avec une pointe trash parfois discutable. Hommage ou parodie ? Tarantino ou Rodriguez ? Bon ou Mauvais Blu-ray ? Fromage ou dessert ? Le suspense est insoutenable.

 

Synopsis : La vie d’Eggsy, jeune délinquant insolent, bascule le jour où Harry Hart, espion au flegme britannique, lui propose d’intégrer au péril de sa vie le programme de recrutement de l’agence de renseignements ultraconfidentielle KINGSMAN. Ensemble, ils tenteront de contrer le complot machiavélique orchestré par Richmond Valentine, milliardaire excentrique et génie de la technologie…

 

Matthew Vaughn a commencé sa carrière en produisant les films de son pote Guy Ritchie, les sympathiques Arnaque, Crime et Botanique puis Snatch, deux gros succès critiques, avant de s’échouer comme une grosse otarie bourrée à la bière sur A la Dérive avec Madonna, femme de Ritchie à l’époque. No zob in job. Il entame une carrière de réalisateur dans un style assez proche de son ami : provocation, violence esthétisante, punchlines, montage cut et humour. Un cocktail que l’on retrouvera dans ce Kingsman, troisième adaptation de comic book pour le réalisateur, et deuxième collaboration avec le scénariste écossais à l’accent bien prononcé Mark Millar (Kick-Ass, Wanted, Judge Dredd, etc.).

Kingsman, le Méta-movie d’espion briton ?
Harry Palmer (Michael Caine)

Harry Palmer (Michael Caine)

A l’instar d’un Cabin in the Wood, pour le film d’horreur, Matthew Vaughn s’attaque au film d’espionnage « briton » et pioche dans les multiples références du genre. En vrac, le classique James Bond période Roger Moore (Octopussy) voire Pierce Brosnan, aux Avengers (Chapeau melon et Bottes de cuir, hein) et particulièrement à l’épisode Hidden Tiger, à Harry Palmer (Ipcress, Danger immédiat, Un cerveau d’un milliard de dollars…) interprété par Michael Caine… que l’on trouve d’ailleurs au casting avec ses fameuses lunettes dont sont affublés les membres du Secret Service.
Le flegme britannique, la mode britannique, l’aristocratie britannique, la société secrète, la base secrète, les passages secrets, les gadgets secrets, le grand méchant et son sbire pas secrets, aucun élément ne manque à la liste. Respectueux dans les codes, le réalisateur britannique n’en demeure pas moins irrévérencieux dans le traitement. Exagérant chaque ingrédient, Kingsman frôle la ligne parodique et semble hésiter à la franchir durant les trois quarts du film, avant un feu d’artifices final cartoonesque, la suggestion d’une pédication suédoise (royale, certes, mais assez mal amenée) et l’intronisation définitive du jeune héros. C’est d’ailleurs là le sujet du film, pas la pédication, hein, mais l’intégration du jeune désœuvré dans le très select et chic cercle des Kingsman.

Le Voyage du Héros, « à la Potter »

Parallèlement au récit d’espionnage, Vaughn pousse le méta encore plus loin et se sert dans le bagage culturel briton pour une virée du côté de Poudlard : le jeune Eggsy (Taron Egerton) a perdu son père, un agent secret mort en mission, lorsqu’il était enfant. Ivre de chagrin et de rancœur, sa mère passe du coquet à l’âne en s’entichant du parrain cockney local. Eggsy est aigri et grandit « trainspottant » sa misère dans les bars des faubourgs de Londres. Alors que la lose semble s’acharner, un gentleman (Colin Firth) le sauve de la prison et lui propose de rejoindre les rangs de la société secrète des Kingsman. Il devra pour cela affronter dans un château d’autres candidats bien plus chics, distingués et évidemment pédants avec l’aide d’une des participantes (Sophie Cookson), pendant que son mentor lutte contre une menace planétaire, inspirée par Cellulaire de Stephen King, et instiguée par le zozottant multi-milliardaire Richmond Valentine (Samuel L. Jackson) et son sbire kill billien, la charmante mais fatale Gazelle (Sofia Boutella)…

kingsman égliseViolence et galéjade

Au-delà des classiques affrontements entre espions et anonymes séides du grand méchant, le réalisateur instille une violence esthétisante à la mode, tout en chorégraphie et slow motion, qui désamorce l’horreur de l’acte en lui-même au profit d’une vaste blague : vas-y que j’te découpe à la verticale un espion et hop, un massacre rock’n roll dans une église évangéliste. Le fun prédomine ; immoral et cynique, certes, et pas au goût de notre Docteur No (voir ici), mais diablement efficace et jouissif si tant est que l’on ne soit pas handicapé du bulbe (toujours un risque face aux crétinoïdes sub-atomiques qui confondent fiction et réalité). Qui aurait pu parier que le très classe Colin Firth, le roi George VI bégayant du Discours d’un roi, nous réjouirait d’une scène de combat ultra violente à 1 contre 100 ? Définitivement, le film évoque plus le Rodriguez de Une Nuit en enfer que Tarantino.

Et le Blu-ray dans tout ça ?

Visuellement, c’est parfait. Tellement parfait que certains effets numériques mal finis sautent aux yeux (dont la scène de générique et la scène spatiale). Le film, mixé originalement en Dolby Atmos, bénéficie d’une VO en 7.1 DTS HD MA très dynamique et une VF un peu plus feutrée en 5.1 DTS, du bon pour le caisson et la spatialisation. La galette contient évidemment les sous-titres anglais et français mais aussi allemand, espagnol, danois, néerlandais, finnois, suédois, norvégien non annoncés sur la jaquette, ainsi que des pistes audio espagnole, allemande et italienne en 5.1 DTS. Un oubli sans grande conséquence et moins gênant qu’oublier le commentaire audio du réalisateur qui, lui, apparaît sur la jaquette mais pas sur le disque. De plus, le film est annoncé en 1.85 alors que manifestement nous sommes plutôt en 2.35…
Cependant, coté bonus, vous ne serez pas volés sur la marchandise. Le making-of de plus d’une heure et demie, chapitré en 6 parties, est intéressant et assez complet bien qu’un poil trop polissé à mon goût. Ne boudons pas notre plaisir, c’est tout de même très appréciable. On notera aussi la présence des anecdotiques bande annonce et galerie photos.

Un film plutôt sympathique et divertissant, mais assez violent, un Blu-ray largement à la hauteur en tout point (même si on regrette l’absence du commentaire audio de Matthew Vaughn). Un bon achat.

 

KINGSMAN, SERVICES SECRETS

2014. Grande-Bretagne.

Réalisé par Matthew Vaughn

Scénario Jane Goldman, Matthew Vaughn adapté de Mark Millar

Avec Colin Firth, Michael Caine, Taron Egerton…

Audio : Anglais 7.1 DTS HD MA, Français 5.1 DTS, Espagnol 5.1 DTS, Allemand 5.1 DTS et Italien 5.1 DTS

Sous titres : Français, Anglais, Allemand, Espagnol, Danois, Néerlandais, Finois, Suèdois, Norvégien

Format Image : 2.35

Bonus :
• Tout sur Kingsman : Services Secrets
– La formation d’un super espion : de la BD à l’écran
– Héros et voyous
– Matthew Vaughn : Un style bien à lui
– Les armes et les gadgets
– Un montage choc
– La BD qui inspira le film
• Galeries
– Les coulisses
– Les décors
– Les maquettes


Kingsman Services Secrets, Bande annonce VOST by DailyMars

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