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The Amazing Spider-man/Avengers : bataille d’aguiches pour super enjeux (part 1)

The Amazing Spider-man/Avengers : bataille d’aguiches pour super enjeux (part 1)

 

A ma gauche, le reboot ultra controversé par Sony de la franchise Spider-man, cinq ans après le dernier volet de la trilogie cornaquée par Sam Raimi. A ma droite, coaché directement par l’écurie Marvel Studios, la réunion en un seul méga-film (Avengers) des super héros de quatre autres blockbusters (Iron Man, Hulk, Thor, Captain America…), exercice de crossover sans précédent dans l’Histoire du cinéma. Les nouvelles bandes-annonce respectives de ces deux gros projets, fomentés par deux studios différents mais exploitant chacun des héros issus du même éditeur (Marvel), ont récemment envahi la toile à quelques jours d’intervalle. Et chacun des deux films cache de très lourds enjeux pour son studio respectif. Avengers sortira chez nous ce 25 avril, TASM le 4 juillet. Commençons par notre tisseur de toile préféré…

 

AVIS SUR L’AGUICHE

La seconde bande-annonce de TASM, révélée par Sony le 6 février dernier, a suscité autant de cris d’orfraie que la précédente chez les puristes mais semble avoir malgré tout rallié quelques fans supplémentaires à la cause du réalisateur novice Marc Webb (certainement plus malléable que Sam Raimi). A titre personnel, je la trouve plutôt séduisante cette aguiche, au moins intrigante. La présentation du Spidey en action presque exclusivement nocturne confirme l’intention d’un Spider-Man plus « réaliste » et « sombre » dans son traitement, y compris visuel, que ne l’était la trilogie signée Raimi. Avec le scénariste de Zodiac au script initial (James Vanderbilt, qui rempilera pour la suite de ce reboot), c’est finalement logique même si, ne rêvons pas, cette “noirceur” sera forcément au garde à vous devant la cible tout public du film.

© Sony Pictures Releasing France

L’intention semble y être cependant et finalement, après l’approche très marquée “comic book coloré” presque rétro de Raimi, pourquoi ne pas tenter une relecture plus urbaine, nerveuse, voire triviale ? Egalement au bénéfice de cette nouvelle aguiche à mon sens : le casting toujours. Andrew Garfield a définitivement plus la gueule de l’emploi que Tobey Maguire en Peter Parker, Denis Leary (inoubliable pompier déglingo dans Rescue Me) promet en Captain Stacy bien badass et Martin Sheen me fait fondre d’avance en Oncle Ben. L’aguiche n’est pas très claire à ce sujet, mais on aura bien droit ici à la même relation de cause à effet entre la mort de l’oncle Ben et la décision de Parker de devenir Spider-Man. « The untold story », comme le claironne le matériel promotionnel, passe donc bien aussi par les sentiers battus empruntés par le premier film. Sally Field parait en revanche presque trop sexy pour le rôle de tante May, qu’incarnait à la perfection Rosemary Harris chez Raimi. Gros regret par ailleurs : pas de James Jonah Jameson ni de Daily Bugle à l’horizon hélas, ce sera peut-être pour la suite.

On aime aussi le caractère vanneur arrogant plus poussé de Spider-Man (conforme au personnage de mes souvenirs), ainsi que l’idée d’inclure les parents de Peter Parker dans la nouvelle mythologie filmique de Peter. Plusieurs changements de taille semblent avoir été apportés au comic book, notamment le fait qu’ici Gwen Stacy (Emma Stone, why not…) connaisse la double identité de Peter Parker. Ce n’était pas le cas dans la timeline « old school » de la BD, mais ça l’est peut-être dans le reboot Ultimate destiné aux lecteurs plus jeunes, les experts seront bien aimables de m’éclairer sur ce point ! Quant au Lézard et son alter ego Curt Connors… Wait and see pour voir si l’écriture du personnage, son lien au père de Parker et l’interprétation de Rhys Ifans n’écaillent pas le matériau d’origine (oui, je viens de faire une blague moisie). La mise en scène cadrant les acrobaties aériennes de Spidey, de même que les VFX, ne me paraissent pas forcément dépareiller le niveau des trois précédents films, mais mon oeil n’est pas assez aiguisé pour en juger davantage au vu de ces plans. Pour l’instant donc : plutôt aguicheuse, l’aguiche. On n’est évidemment pas à l’abris d’une grosse déconvenue mais… donnons sa chance au nouveau produit !

 

LES ENJEUX

© Sony Pictures Releasing France

Pour Sony Pictures comme pour Marvel, ils sont de taille. Tandis que la campagne marketing autour du film monte en puissance, c’est une course à l’échalote autour de la franchise Spider-Man à laquelle se livrent la major hollywoodienne et l’auguste éditeur. Pour Sony Pictures, pas question de laisser filer les droits cinéma du précieux tisseur, qui reviendront dans le giron de Marvel si le studio tarde trop à produire les films. D’où l’annonce prématurée par Sony, en août 2011, d’une sortie d’ores et déjà fixée au 2 mai 2014 pour la suite de The Amazing Spider-Man. A condition bien entendu que le premier volet ne remplisse toutes ses promesses au box office. Un échec est impensable pour le studio, fragilisé par une série de contre performances en salles depuis 2010 (pour un Schtroumpf successful, combien de Salt, Copains pour toujours, Resident Evil : Afterlife, Very Bad Cops et autres Karaté Kid sinistrés…).

Sony Pictures a pourtant réalisé un bénéfice net de 268 millions de dollars en 2011, mais ce salut comptable n’aurait jamais pu être atteint sans une petite bombe passée relativement inaperçue chez nous. Non, il ne s’agit pas d’un film, mais d’une transaction. En novembre dernier, SP a officialisé la revente à Disney (propriétaire de Marvel) de tous les droits liés au merchandising de la licence cinéma Spider-Man. En échange, Disney a cédé à Sony tous les droits liés à l’exploitation des films. Vous avez bien lu : Sony récupère 100% des recettes liées aux films (alors que jusqu’ici Marvel/Disney touchait un pourcentage), tandis que Disney préfère garder la main mise sur 100% des ventes de produits dérivés. Pour faire encore plus simple, Sony préfère les tickets de cinéma, Disney les jouets… pour le moment. Mais pour plusieurs observateurs, ce “lâchage” par Sony de ses droits sur le merchandising lié aux films ne serait qu’une étape vers LE Graal convoité par Disney et Marvel : la rétrocession pure et simple de la licence cinéma Spider-Man dans leur giron, même si la question n’est officiellement pas à l’ordre du jour vu l’annonce de la séquelle pour 2014.

 

© Sony Pictures Releasing France

La transaction a en tout cas gratifié Sony Pictures d’un joli pactole de 278 millions de dollars, une somme qui tombe à point pour sauver les comptes du studio (bénéficiaires en 2011 donc) et le rendre plus attractif aux yeux d’éventuels repreneurs. Car les mauvaises langues, encore elles, voient derrière cette recherche d’argent facile par Sony Pictures le signe que la maison mère Sony pourrait chercher à revendre prochainement sa danseuse hollywoodienne. Au Japon, les comptes ne sont pas bons. Le groupe, fragilisé par une kyrielle d’impairs industriels et le tragique séisme de l’an passé, a communiqué des pertes d’un montant vertigineux pour l’exercice se clôturant au 31 mars 2012 : 1,1 milliard de dollars ! Soit la quatrième année consécutive de pertes nettes, quand celles de l’exercice précédent s’élevaient déjà à plus de trois milliards…

C’est donc la traque aux économies et au cash où qu’ils se trouvent et Sony Pictures, la seule division du groupe à se porter correctement (avec la musique), pourrait bien faire partie des victimes collatérales. Le 22 juin dernier, le site d’experts 24/7 Wall St. Wire a d’ailleurs classé sans pitié Sony Pictures en tête d’une liste de “10 marques qui disparaitront en 2012”, c’est dire si la rumeur d’une revente circule ! Qui voudra de Columbia TriStar Pictures, racheté par le japonais en 1989 pour être rebaptisé Sony Pictures, si jamais Sony s’en défait ? Trop tôt pour conjecturer, surtout sur ce petit blog non-spécialiste des questions financières, mais dans ce contexte, il est clair que, pour Sony Pictures, The Amazing Spider-Man sera un triomphe ou ne sera pas ! Du coup, on se demande si l’air de famille entre le poster teaser de ce Spider-Man là avec son concurrent indirect The Dark Knight Rises est franchement dû au hasard… Le côté « dark » inédit du second volet de la trilogie de Nolan ayant rapporté à Warner 1 milliard de dollars de recettes ciné dans le monde, autant mettre toutes ses chances de côté en tirant Spider-Man vers le côté obscur. Encore une fois : pourquoi pas, tant qu’à l’arrivée l’initiative accouche d’une bonne toile.

 

End of transmission…. (à suivre : Avengers)

RAPPEL : THE AMAZING SPIDER-MAN, de Marc Webb. Sortie nationale le 4 juillet 2012/AVENGERS, de Joss Whedon. Sortie nationale le 25 avril 2012.

 

 

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