The Five, Harlan Coben et le Club des Cinq (Séries Mania)

The Five, Harlan Coben et le Club des Cinq (Séries Mania)

Note de l'auteur

Du 15 au 24 avril se déroule la septième saison de Séries Mania à Paris, et comme chaque année, le Daily Mars vous offre une couverture du festival. Au programme, critiques, bilans de conférences et autres surprises…

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Comment l’ADN du petit Jesse, disparu il y a 20 ans lors d’une balade en forêt, peut-il être retrouvé aujourd’hui sur une scène de crime ? Une enquête délicate s’annonce, exhumant de douloureux secrets du passé. Première création originale pour le petit écran de l’écrivain Harlan Coben, The Five nous entraîne dans une course effrénée à la recherche de la vérité.
The Five, série en 10 épisodes créée par Harlan Coben et écrite par Danny Brocklehurst pour Sky 1, propose de se jouer de la réapparition pour en faire un mystère mystérieux.

De l’aveu franc et clair de Coben avant la projection, il veut nous accrocher. À nos sièges, à son récit, à l’envie de voir la suite. Pour se faire, et au cours seulement des deux premiers épisodes, de multiples histoires criminelles sont découvertes : une jeune femme retrouvée morte, une autre vivante des années après sa disparition, l’ADN d’un enfant disparu et présumé mort depuis 20 ans… Non, non ce n’est pas un procédural mais bien une série feuilletonnante. Du coup, ça fait beaucoup. Mais Coben nous l’affirme (peut-être pour mieux nous enfumer) : à la fin, on comprendra tout.

THE-FIVE-2Dans The Five, le réapparu n’est que théorique, une idée de réapparition. Son ADN est là, mais lui, où est-il ? Que lui est-il arrivé ? Et qui est-il devenu ? Ces questions se posent pour son frère et ses 3 amis, les 4 dernières personnes à l’avoir vu en vie. C’est à eux qu’appartient la tâche de trouver la vérité. Pourquoi eux me direz-vous ? L’un d’entre eux est policier. Le deuxième est le frère du disparu. Les deux autres sont des amis et viennent grossir les rangs, la dose de mystères et la dose de suspects, pour nous faire revivre le temps d’une série les aventures du Club des Cinq.
Si je fais référence à ces livres d’enquêtes pour enfants, c’est pour vous faire comprendre l’impression qui se dégage de The Five. En ôtant le propre du drama dans une série de disparition anglaise, la série déconcerte. Tous les mystères semblent liés, sans raison précise (au moins pour l’instant) ou par une magie scénaristique un peu fainéante. À force d’accumulation de storylines et de faux-semblants, le récit ne met pas en place de suspens réel mais laisse entrevoir le sourire roublard de ses auteurs.

Dans une atmosphère colorée, on fait fi des tensions, des sentiments, au profit d’une enquête bonhomme, légère, où malgré le glauque des situations rien ne paraît vraiment important. L’œil du spectateur retient à peine l’espérance et l’angoisse du frère du potentiel réapparu, pour se concentrer étrangement sur ses retrouvailles avec son amour d’enfance, sur ses amitiés de toujours.
La série de Coben et Brocklehurst est bien l’équivalent sériel du roman de gare. On peut s’en plaindre, ou en rire (mon entourage après la séance a allègrement fait les deux, je vous préviens), mais on peut aussi (comme moi) se laisser gentiment surprendre par cet imbroglio superficiel, trouver reposant de ne pas avoir à sortir les mouchoirs et remonter en voiture pour le prochain épisode en attendant de découvrir où va ce train qui semble partir dans tous les sens.

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