The Good Wife (bilan de la saison 4)

The Good Wife (bilan de la saison 4)

Note de l'auteur

La bonne femme (Julianna Margulies)

La meilleure drama de network vient de se terminer dimanche. The Good Wife est diffusée sur CBS, une chaîne plus connue pour ses procéduraux. Une chaîne dont on attend peu, sorti de ces formats, et qui, pourtant, possède une série incroyablement bien écrite et jouée. Une série qui, sur sa diffusion en 2013, n’était pas loin de la perfection. En 2012, c’était une autre histoire.

En octobre, Alicia doutait toujours de sa relation avec Peter (apaisée, terminée…), Will et Diane géraient une possible banqueroute, et Kalinda retrouvait sur sa route son mari. La saison s’est garnie de guest de qualité: Maura Tierney est Maddie Hayward, opposante politique principal de Peter Florrick pour la primaire Démocrate; Nathan Lane arrive pour jouer le rôle d’un médiateur censé contenter les créanciers de Lockhart/Gardner et les aider à combler leurs dettes; et enfin Amanda Peet s’installe au bureau du procureur général. Et… Marc Warren…

Commençons tout de suite par évacuer le désagréable. Le début de saison de la série n’est pas bon. La faute, entre autres, à Kalinda Sharma. Donc, l’an dernier, au sommet d’un final de saison haletant, Kalinda flippait de voir son mari revenir dans sa vie. On la laissait derrière sa porte, armée, alors que quelqu’un essayait de l’ouvrir. Brrr… et au lieu d’une confrontation violente, de l’irruption d’un mafieux dans la vie feutrée des avocats, on a eu le droit à une intrigue digne d’Hollywood Night (1).

« Tu la sens ma grosse intrigue de merde ? »

Nick, c’est un roquet. Rien d’un mafieux terrifiant. C’est une petite frappe. Une frappe que Kalinda mène à la baguette, ou presque. Jamais on ne craint pour la vie de la jeune femme. On est juste passablement agacés de les voir se bastonner et finir au pieu. Il y a quelque chose de profondément gênant à voir un personnage qui affirme sa sexualité, qui possède l’ascendant sur tout le monde, dans une situation aussi… stupide et clichée. Pour ne rien arranger, Marc Warren y est pathétique. Mauvaise arche, mauvais personnage, mauvais casting.

Tout un pan de la saison qui prouve un avantage que possèdent les séries de networks (écrites en flux tendus, sur 11 mois) sur les séries du câble (mûries en amont, souvent écrites à 70% avant le premier jour de tournage): Quand c’est pas bon, on s’en rend compte rapidement, et on change tout. Pareil pour Maddie Hayward et son histoire d’amitié avec Alicia sur fond de rivalité politique avec Peter. Pas glorieux, on évacue. Quand à Nathan Lane et la banqueroute, quelques bons moments viendront sauver une intrigue qui rappelait peut-être un peu trop les problèmes financiers de la firme lors du départ de Jonas Stern.

La seconde partie de saison est d’un autre niveau. A partir de l’épisode 14, « Red Team/Blue Team », on touche presque au divin. La force de la série, est de réussir dans un grand nombre d’épisodes à casser la dynamique habituelle (et tellement connue) des séries judiciaires. Tantôt, Alicia se retrouve face au Tribunal Arbitral du Sport (« Je Ne Sais What? »), un autre épisode, elle prend part à une enquête médico-légale (« Invitation to an Inquest »). A chaque fois, ces épisodes montrent les avocats dans des postures compliquées, face à des méthodes qu’ils ne connaissent pas.

« Excellent… »

The Good Wife réussit aussi à nous intéresser au destin de ses personnages. Alicia, bien sur, au centre de toutes les attentions, est celle qui se taille la part du lion. Cette année, elle est engagée dans deux triangles, l’un amoureux, l’autre professionnel. Dans les deux cas, Will Gardner est impliqué. Aucun moyen de dire qu’il ne va pas perdre sur toute la ligne. Alicia est donc plus ou moins en train de se rapprocher de Peter, qui semble s’être racheté une conduite (ou est-ce seulement parce qu’il pense avoir perdu Alicia ?). La logique veut qu’elle aille vers lui. Ils ont deux enfants, un passé commun… la passion la mène vers Will.

Professionnellement parlant, et c’est la grosse nouveauté cette saison, Alicia est tiraillée entre rester fidèle à Lockhart/Gardner et tenter une nouvelle aventure. Après que Louis Canning (fabuleux Michael J.Fox) ait tenté à de nombreuses reprises de la débaucher, c’est au tour d’un autre personnage de le faire cette saison (on ne spoile pas, on ne dit pas qui c’est). Une opportunité très séduisante, beaucoup moins terrifiante que l’idée de signer de son sang un pacte avec Canning. Une possibilité qui va trotter dans la tête d’Alicia jusqu’aux derniers instants de la saison.

On en parlait déjà ici, The Good Wife, c’est le Royaume des guests. Cette année, on eu droit à un grand Michael J. Fox dans l’épisode « Boom De Ya Da ». Christina Ricci est venu faire son tour en tant que comique (Sarah Silverman en tête ?) rentre dedans qui doit faire face à la FCC parce qu’elle a montré ses seins à l’antenne. On a retrouvé une Elsbeth Tascioni égale à elle-même (c’est à dire géniale), qui nous donne des envies de la voir signer en régulière et lâcher True Blood (2). Elle nous a même offert un face à face avec Kyle MacLachlan qui a fait d’elle, pendant deux épisodes, la quasi-star du show.

John Noble dans « Death of a Client », dont le boulot doit être de faire sourire, puis pleurer les téléspectateurs.

A la brillance des guest-stars, on peut opposer celle de l’écriture, ciselée à la perfection. La série nous aura gratifiée d’un épisode fabuleux, un de ceux qui marquent une saison de télé. Avec « Death of a Client », la série réussit à jouer sur tous les plans avec brio. L’épisode arrive à être drôle, émouvant, captivant, et en plus à faire avancer les intrigues personnelles des protagonistes. En un épisode, The Good Wife réussit à faire ce que certaines séries peinent à réaliser en 12.

La fin de saison ouvre sur des possibilités qui risquent de changer considérablement la face de la série. Entre les atermoiements professionnels d’Alicia, la course à la Maison Blanche dans laquelle semble être lancée Peter, et les changements à venir chez Lockhart/Gardner, The Good Wife ne risque pas de tomber dans la redite l’an prochain. On fait confiance aux King pour réussir à nous émerveiller l’an prochain. Même si ça ne vient qu’après une dizaine d’épisodes.

Malgré ses difficultés au début, la saison 4 de The Good Wife reste une grande saison de télévision. Une série qui, malgré son univers (les avocats) réussit à surprendre plus que de raison. Une série à performances, aussi, tant les Emmys pourraient remplir leur catégorie « guests » en se contentant de regarder la série. Une série à voir impérativement, si ce n’est pas le cas. Même si elle vient de chez CBS et pas Showtime. La qualité n’a pas de maison.

THE GOOD WIFE, Saison 4 (CBS)

Showrunnée par Michelle et Robert King

Avec : Julianna Margulies (Alicia Florrick), Matt Czuchry (Cary Agos), Archie Panjabi (Kalinda Sharma), Josh Charles (Will Gardner), Christine Baranski (Diane Lockhart), Makenzie Vega (Grace Florrick), Graham Phillips (Zachary Florrick), Alan Cumming (Eli Gold)

(1) : Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître.

(2) : A moins qu’elle y soit déjà morte. J’ai arrêté en début de saison 5. Je n’en pouvais plus…

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