The Neighbors : bilan de la saison 2

The Neighbors : bilan de la saison 2

Note de l'auteur
Les Bird-Kersee passent à table. Photo ABC

Les Bird-Kersee passent à table. Photo ABC

Les Zabrovniens et les Weaver ont confirmé avec panache cette saison qu’ils étaient les voisins -et même les familles- les plus drôles des networks américains. Dommage que tout le monde s’en fiche et que la série fonce droit vers l’annulation : elle mérite un autre destin. On vous dit pourquoi. Encore.

Souvenez-vous : c’était en septembre. La saison 2 de The Neighbors débarquait sur les écrans américains et on formulait un double vœu. Que la série confirme son ton délirant, mordant et ses histoires toujours inventives mais aussi qu’elle trouve enfin son public, après une première année franchement moyenne côté audiences.

22 épisodes plus tard, la série n’aura accompli que la moitié de la mission qui lui a été confiée. De la manière la plus frustrante qui soit. Ceux qui ont suivi la saison 2 ont effectivement ri tout au long de l’année… mais ils n’étaient franchement pas nombreux.

Les Weaver en pleine photo de famille. Photo ABC

Les Weaver en pleine photo de famille. Photo ABC

Après un season premiere qui n’a attiré que 4,58 millions de téléspectateurs (un chiffre plus bas que la plus faible audience de la saison 1), The Neighbors n’a jamais été en mesure de renverser la vapeur, puisque ses résultats n’ont cessé de décliner pour finalement boucler sa deuxième course juste au-dessus de la barre des 4 millions.

Les esprits taquins diront que la comédie de Dan Fogelman fait toujours mieux que le Hannibal de Bryan Fuller sur NBC. Pas sûr cependant que cela suffise à convaincre les exécutifs d’ABC de donner une saison 3 à la série, quand bien même Paul Lee, le président du network, ne cache pas son attachement à ce projet. Les faits sont là : on est loin de la moyenne des 6 millions de téléspectateurs rassemblés devant la saison 1.

Et pourtant, pourtant… qu’est-ce qu’elle était bien, cette saison 2 ! Comme on s’en doutait un peu, The Neighbors s’est débarrassé des tâtonnements qui caractérisait ses débuts pour livrer une saison sans véritable temps mort. Et avec, à chaque épisode, une multiplicité d’intrigues déclinée de façon franchement efficace.

Reggie et Amber, en plein dîner amoureux. Photo ABC

Reggie et Amber, en plein dîner amoureux. Photo ABC

Le cœur de cette saison, c’est l’intrigue amoureuse qui lie Amber et Reggie Jackson, l’aîné des fils Zabrovniens. Les atermoiements des deux tourtereaux -et les obstacles qu’ils rencontrent- sont assez nombreux.

S’il y a une saison 3, les scénaristes de la série devront prendre garde à ne pas tomber dans le trop-plein, car la valse-hésitation a été bien exploitée cette saison. « Bien » dans le sens « beaucoup » : il faudra trouver un moyen de faire avancer le petit couple. Faut-il pour cela squeezer le génial personnage de Jane (Megan Park) ? La logique inviterait à répondre « oui ». Mais on a aussi le droit d’être agréablement surpris.

Deux autres personnages étaient également bien en vue cette saison : Jackie et Debbie. Les deux mères se sont intelligemment détachées de leur rôle dans leurs familles respectives pour devenir des mères ET des femmes indépendantes (comprendre, ici : elles ont leurs intrigues à elles).

Tout cela s’est toujours fait au service de l’humour corrosif de la série : Toks Olagundoye (Jackie) continue de bluffer son monde, épisode après épisode, grâce à son timing comique, sa capacité à occuper l’espace et son envie de défendre un personnage multifacettes… mais Jami Gertz (Debbie) s’inscrit dans une complémentarité assez réjouissante. Le duo marche d’ailleurs très, très bien.

Ah, Larry Bird… Photo ABC

Ah, Larry Bird… Photo ABC

Si Larry Bird est fidèle à lui-même, à savoir un personnage haut perché et en même temps redoutablement snob (là aussi, Simon Templeman assure), on pourra regretter que le personnage de Marty serve plus souvent de (bon) passe-plat que de leader dans les intrigues. Cela ne l’empêche pas d’avoir de très bons épisodes lui aussi (comme High School Reunion, le treizième), mais si la structure de la série impose un peu cette logique, on souhaiterait le voir un peu plus souvent dans un autre schéma.

Du côté des enfants, il n’y a pas grand-chose à dire. Max et Abby sont bien utilisés par les auteurs… mais on aimerait qu’ils utilisent plus souvent Dick. Certes, il est parfait en sniper de la vanne… mais plus d’une fois cette année, on ne le voit que de manière elliptique. Et c’est un peu frustrant. Le gamin a (vraiment) du talent, son  personnage est franchement intéressant et il y a sans doute plein de choses à imaginer.

En même temps, côté imagination, on est pas déçu avec cette saison 2 : The Neighbors s’impose encore un peu plus comme un impressionnant blender à références pour lequel la pop culture est clairement un aliment de choix. La télévision, le cinéma, le sport, l’actualité, la littérature… tout y passe, de façon incroyablement fluide.

Les Oscars (Oscar Party, le 2.16, avec Erik Estrada qui fait des blagues sur les chips !), l’univers de Bollywood (Balle, Balle !, le 2.17), les comédies romantiques (Man Actually, le 2.14)… les épisodes thématiques sont aussi nombreux que maîtrisés. Ce qui rend encore plus frustrante l’indifférence que le show suscite.

Forcément, ça pose question : à une époque où on se plaît à célébrer Community et son discours meta, The Neighbors paie-t-elle le côté « pas sexy » des acteurs, voire… son délit de sale gueule ?

Debbie et Jackie. Photo ABC

Debbie et Jackie. Photo ABC

Je pose d’autant plus facilement la question que j’ai eu ses préjugés sur la série et sur sa distribution, qui ne célèbre pas vraiment le good-looking acting. Pourtant les faits sont là : le show est d’une inventivité et d’une énergie franchement rafraîchissantes. C’est à se demander si les jurés des Emmys, qui ont encensé jadis la qualité de 3rd Rock After The Sun sont déjà tous à la maison de retraite. Ou s’ils sont déjà tous morts.

Comme c’est peut-être la dernière fois que j’ai l’occasion de le dire, je persiste et signe : regardez The Neighbors. Si vous aimez la télé, si vous aimez la pop culture, si vous aimez les dialogues vraiment percutants, si vous aimez les blagues idiotes et très idiotes, si vous aimez les scènes drôles mais aussi émouvantes, si vous aimez les bons acteurs, c’est une série pour vous.

Et si vous avez de la chance, si on a tous de la chance, il y aura une saison 3 (après tout, dans le finale, le show se moque lui-même de sa prochaine disparition… ou de son futur retour).

Ce serait une bonne nouvelle. On aurait en plus une réponse en bonus : bon sang, mais par quel trou va-t-il sortir ? Vous ne savez pas de quoi on parle et c’est normal. Mais souvenez-vous : il ne tient qu’à vous pour que cela change.

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