On a vu… qu’il y a dix ans, The Shield entrait dans une autre dimension

On a vu… qu’il y a dix ans, The Shield entrait dans une autre dimension

Tavon Garris, au centre de l'épisode.

Tavon Garris, au centre de l’épisode.

Streaks and Tips. Dans l’histoire de la télé américaine, et même dans l’histoire de The Shield, cet épisode n’est pas le plus célèbre. Et pourtant, dans l’implacable machine tragique qu’est le cop show de Shawn Ryan, ce moment est une étape cruciale. C’était il y a tout juste dix ans (et un jour). Petit voyage dans le temps.

On a déjà dit – et plus d’une fois, au Daily Mars- tout le bien que l’on pense de Walton Goggins. Dans The Shield ou dans Justified, l’improbable blanc-bec a coupé le sifflet à plus d’un téléspectateur.

Dans The Shield, et à titre tout à fait personnel, je trouve que c’est avec Streaks and Tips que la série franchit un cap. Hasard du calendrier, cet épisode a été diffusé il y a une décennie.

Petit rappel des faits : à l’époque, The Shield est dans sa saison 3, l’histoire d’Armadillo paraît loin et celle du Money Train pèse encore sur le devenir de la Strike Team. Depuis le début de la saison, la bande à Mackey se tire la bourre avec la Decoy Squad de Walon Burke.

Shane Vendrell (Walton Goggins).

Shane Vendrell (Walton Goggins).

Si, dans cet épisode, la rivalité des deux équipes est exacerbée par une affaire de carjacking (chaque équipe prend le pari de trouver le coupable avant l’autre), une autre intrigue bascule violemment. Celle qui oppose Shane Vendrell au petit nouveau de la Strike Team, Tavon Garris. Depuis l’arrivée du nouvel inspecteur, la tension ne cesse d’augmenter entre ces deux hommes. Elle est ici exploitée de façon paroxystique.

Ecrit par Glen Mazzara (un garçon qui ne déçoit jamais dans The Shield) et réalisé par le regretté Scott Brazil (si vous avez les DVD, écoutez les épisodes commentés par ce monsieur : c’est un ordre !), Streaks and Tips est un modèle de ce qu’est The Shield.

D’une part parce que les deux intrigues donnent à voir ce qu’il y a de meilleur dans la série : la première est bouclée, et offre un vrai point de vue sur la violence qui ronge la Cité des Anges ; la seconde est feuilletonante et très bien conduite.

D’autre part parce que Duel (c’est le titre français de l’épisode) utilise habilement un ressort tragique qui va faire toute la singularité de la série. Au centre de cet épisode, il y a une scène violente, longue (vraiment longue, mais pas du tout barbante…) et complètement au service de ce qu’est le show de Shawn Ryan : une épopée tragique qui esquisse finement les traits de personnages qui le sont puissamment. Une série dans laquelle les confrontations sont toujours le fruit d’une succession d’événements finement agencés.

A partir de ce quatrième épisode, la saison 3 marque une étape clef dans le déroulement de l’histoire. On bascule dans le deuxième tiers du show. Tout est en place et il suffit de laisser les personnages être ce qu’ils sont pour qu’ils filent droit dans le mur.

Dix ans après,  c’est toujours aussi bluffant. Si vous ne l’avez pas vu, si vous avez des doutes sur cette formidable série, c’est le moment de rattraper le temps perdu.

 

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