The Walking Dead : No Sanctuary en cinq (bons) points

The Walking Dead : No Sanctuary en cinq (bons) points

Note de l'auteur

The Walking Dead - Episode 5.01 - New Promotional Photos (2)_FULLAvec une réactivité qui frise le surnaturel (trois bons jours, dingue !), John Plissken (soit moi-même m’exprimant à la 3e personne, tout va bien) dégaine ses impressions sur No Sanctuary, le season premiere du 5e automne de The Walking Dead. Comme dirait le zombie Bub en dégustant sa poterne de tripes fournie par le Dr Frankenstein dans Le Jour des morts-vivants : c’est très bon !

 

 

ATTENTION  : CET ARTICLE CONTIENT DES SPOILERS SUR L EPISODE, IL EST ENCORE TEMPS POUR VOUS D’ALLER MARCHER AILLEURS !

 

Quelle décidément curieuse série que The Walking Dead. A ce stade de son existence, on peut sans trop se mouiller affirmer que ses instigateurs sont définitivement passé à côté de la grande saga zombiesque pourtant à portée de main. Trop d’errances scénaristiques, trop de retard à l’allumage, trop de blabla, trop de Grand Huit qualitatif entre épisodes foudroyants et d’autres stupéfiants d’ennui, incapables d’exploiter des pistes pourtant riches de promesses – la saga plutôt laborieuse du Gouverneur par exemple. Tant pis, c’est ainsi, faisons notre deuil du chef-d’oeuvre. On a d’ailleurs hâte de lire un jour le récit détaillé des coulisses tumultueuses de la production d’une série qui aura sans cesse paru chercher son ADN, sans doute trop vampirisée par l’interventionnisme de Robert Kirkman, créateur du comic book.

the-walking-dead-DarylEt pourtant, pourtant… Est ce l’appel du zombie, du tripoux et des incroyables maquillages toujours plus sophistiqués de Greg Nicotero, que sais-je, mais voilà : à l’orée de cette saison 5, je ne lâcherai certainement pas de sitôt un baril de The Walking Dead contre trois barils des soporifiques Revenants. Bien entendu, hormis mon appétence naturelle pour les marcheurs décomposés, The Walking Dead a su retenir à ce jour mon attention pour d’autres qualités. Et notamment celle-ci : s’il y a bien une chose que la série ne rate quasiment jamais, ce sont ses explosions d’action matinée de gore déchaîné. Et accessoirement ses season premiere (hormis le 4.1 peut-être…).

He ben mon colon, c’est peu de dire que No Sanctuary ne faillit foutrement pas à la règle ! La promo l’avait judicieusement vendu ainsi et elle a bien fait. Promesses tenues cette fois : No Sanctuary déroule un tétanisant concentré de tension, d’épouvante et de pur plaisir tout en continuant de tracer un sillon cohérent pour ses personnages principaux. On prie très fort (sans trop y croire il faut bien le dire), pour que la procession des héros vers Washington en quête d’un hypothétique vaccin ne replonge pas TWD dans des tréfonds de bavardage poussif à travers bois. Mais en attendant, No Sanctuary a généreusement rassasié notre faim de badasserie et tant que The Walking Dead remplira ce contrat-là, même sporadiquement, je marche !

 

Carole1) CAROL !!!

Non mais sérieusement, quelle évolution stellaire depuis la découverte de ce personnage en saison 1, femme soumise et battue, libérée par la mort de son beauf d’époux bouffé lors d’une mémorable attaque de zomblards. La petite chose fragile et craintive s’est peu à peu muée en exécutrice sans scrupule, jusqu’au point de non retour de l’infanticide commis dans l’inoubliable The Grove l’an passé. Au centre de No Sanctuary, Carol tracte l’action à elle seule, lâche les walkers dans le Terminus et prouve une fois encore à quel point le meurtre de sang froid l’indiffère désormais totalement quand il s’agit de sauver sa troupe. Une évolution symptomatique d’une mutation globale de Rick and co, régression mentale indispensable à la survie dans cette jungle mortelle qu’est devenue la planète entière.

 

the-walking-dead-5-temporada-episodio-5x01-0052) EN GORE ET ENCORE

On n’est jamais mieux servi que par soi-même : big boss des incroyables maquillages de The Walking Dead (et par ailleurs crédité comme producteur exécutif depuis la saison 4), Greg Nicotero a réalisé No Sanctuary et le bougre n’omet pas de mettre en valeur le boulot de son armée de prothésistes. On n’est pas prets d’oublier les égorgements choquants qui ouvrent ce nouvel épisode, ni ces carcasses humaines pendues à des chaînes, ni ce plan fou de trois secondes montrant un walker en flammes bouffer le nez d’une victime à terre. Du tripoux à l’état pur pour celui là, qui ne dépareillerait pas une bande zomblarde vintage de Lucio Fulci ou Bruno Mattei. Truffé de petits détails de mise en scène bien pensés et boosté par un montage aux cuts toujours efficaces, No Sanctuary s’inscrit sans mal dans le peloton de tête des épisodes les plus graphiquement violents d’une série qui n’en manque pourtant pas. Et même si l’usage d’hémoglobine en image de synthèse pour les impacts de balle n’est toujours pas des plus heureux, il reste tout de même nettement plus soigné qu’ailleurs.

 

the-walking-dead-episode-501-walker-9353) DES MORTS FLAMBANT NEUFS ET SANS TEMPS MORT

Comme écrit plus haut, The Walking Dead n’est jamais aussi bonne que lorsqu’elle fait parler la poudre. Les attaques massives de zombies, qui ont généralement pour fonction d’annoncer un nouveau “déménagement” pour la troupe, sont une corde sur laquelle les scénaristes ont certes fréquemment tiré et sera de plus en plus ardue à renouveler. Mais c’est aussi pour ces moments de pure adrénaline qu’on regarde The Walking Dead et une fois encore, No Sanctuary offre le haut du panier de la télé américaine en matière d’action et sa mise en forme.

 

The Walking Dead - GARETH4) LA MUTATION DES HEROS

Qu’il était mimi Andrew Lincoln avec sa coupe au carré, son teint frais et sa barbe de trois jours en saison 1. Regardez le désormais : hirsute, tignasse et barbe en bataille, l’épiderme crasseux, comme un chien sauvage au regard vitreux, prêt à éventrer sans ciller le moindre allumé qui osera “déconner avec les mauvaises personnes” (sa bande, quoi). En quatre saisons, les scénaristes ont fait de lui un psychopathe sali dans tous les sens du termes par cette épopée mortuaire.

La construction en flash back de No Sanctuary, qui s’attache à montrer le passé de la communauté jadis pacifique des fous furieux du Terminus, résonne comme un avertissement sans frais : Gareth et les siens sont le futur des proches de Rick, à la merci du vertige barbare pour avoir choisi de devenir à leur tour “bouchers” plutôt que “bétail”. Basique mais là encore, ça fonctionne.

 

daryl-carol-15) APRES LE SANG ET LA SUEUR… LES LARMES

Hé oui, c’est rare mais il arrive aussi à The Walking Dead de réussir ses sorties lacrymales. Sans non plus nous submerger, les retrouvailles finales du groupe avec Carol, Tyreese et bébé Judith ont été joliment traitées : de simple étreintes, sans mots et intenses, portées par un Daryl en larmes et poignant de ferveur. Une aire de répit et de réconfort bienvenues après 40 minutes d’horreur quasiment non stop.

 

Et après ? On laissera passer quelques épisodes pour revenir à mi-parcours sur cette nouvelle saison et vérifier si ce départ en fanfare confirme l’impression d’une série plus à l’aise avec son concept et tellement mieux maitrisée qu’à ses débuts. Ou si, une fois encore, The Walking Dead ira se perdre dans d’inutiles chemins de traverses en cours de saison jusqu’à la destination finale annoncée. Début de réponse dés dimanche prochain…

The Walking Dead saison 5 : chaque dimanche sur AMC et en US+24 sur OCS Choc.

 

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