The Walking Dead : The Darabont Years

The Walking Dead : The Darabont Years

The Walking Dead est aujourd’hui l’une des meilleures séries à l’antenne. Il y a deux ans à même époque, si on nous avait dit, au Daily Mars (1) qu’on affirmerait ça avec aplomb aujourd’hui, on se serait bien marrés. La série à zombies partait de tellement loin. La difficulté qu’on rencontre, maintenant, c’est de convaincre tout ceux qui sont descendus du train (à juste titre) qu’il faut remonter.

Rick tue un zombie. Shane regarde l’horizon, le futur, l’inconnu.

Pour eux, et rien que pour eux, le Daily Mars vous offre : le résumé de tout ce qui s’est passé sur The Walking Dead quand ça n’était pas bon du tout. Pour simplifier, nous appellerons cette époque: The Walking Dead : The Darabont Years. Et qu’on soit clair, le but de l’article est de SPOILER complètement la série de son pilot au septième épisode de la saison 2. Ceux qui veulent voir la série dans son intégralité, passez votre chemin.

« Tally-ho, dudes »

Rick est un flic. Il dit ses phrases avec un ton bizarre. Pas parce que l’acteur est mauvais, mais parce qu’étant un anglais qui force un accent américain, il pense plus à son travail avec son coach d’accent qu’à jouer un rôle. C’est déstabilisant, mais on s’y fait. Son collègue, pas très naturel non plus, s’appelle Shane. Shane est joué par Jon Bernthal, qui à l’époque imite très mal De Niro dans Les Affranchis. On verra par la suite qu’il connaîtra une évolution dans son jeu (vu qu’à la fin il imitera très mal De Niro dans Mon beau-père et moi).

Rick se fait tirer dessus et se réveille dans un hôpital vide. Il sort de l’hôpital et les rues sont vides. Il ne reste plus que des zombies. Il a l’air surpris, alors que s’il avait vu 28 jours plus tard, il aurait gagné beaucoup de temps de compréhension. Il rencontre un type sympa et méfiant, Morgan Jones, qui survit avec son fils, Duane. Leur rencontre à l’air hyper-importante, et l’acteur qui joue ce type est vraiment excellent, mais on ne reverra jamais ni Morgan, ni Duane.

Au lieu de ça, Rick retrouve les rescapés de Lost… pardon… des rescapés tout court, au milieu desquels se trouvent son fils, sa femme, et Shane qui, entre-temps, s’est tapé la femme de Rick. Un beau triangle amoureux, rien de tel pour bien commencer une fresque humaine.

Merle Dixon, connard raciste fou dangereux

Rick et un groupe de rescapés part faire des emplettes en ville, alors qu’elle est gavée de zombies. Ca se passe moyen, vu qu’ils sont obligés de menotter sur le toit d’un immeuble Merle Dixon, connard raciste fou dangereux. Il doivent aussi, pour s’enfuir, se badigeonner de sang de mort pour passer inaperçus. La scène est très sympa. C’est le point culminant qualitatif de la saison 1.

Après s’être enfui de la ville gavée de zombies, après avoir retrouvé sa femme et son fils, Rick décide de retourner dans la ville gavée de zombies pour sauver Merle Dixon, connard raciste fou dangereux. Parce que… ben… c’est la chose à faire (essayez cet argument face à tous les gens qui prennent vos décisions pour de grosses conneries, ça passe à tous les coups). Alors ils y vont, Merle s’est envolé (haha !), donc ils repartent bredouille, mais le camp a été attaqué par des zombies, et beaucoup de gens sont morts. Tout ça, on le rappelle, pour sauver Merle Dixon, connard raciste fou dangereux.

Le groupe (un peu diminué, mais fortement chargé en boulets, ça compense), prend une nouvelle super-bonne décision en allant au CDC, histoire de voir si quelqu’un a créé un antidote. Le groupe trouve la trappe (pardon, le CDC), John Locke se trouve baigné d’une lumière blanche après avoir tapé sur la trappe (pardon, il fallait lire Rick, pas John Locke et la porte, pas la trappe), et ils y trouvent un type qui vit tout seul dedans et qui continue les recherches (là, je ne corrige pas, mais c’est suffisamment clair pour comprendre à quel point c’est pompé sur Lost, hein…)

On apprend au CDC qu’il n’y a pas d’antidote (surprise !), que les derniers à avoir travaillé sans relâche étaient français (mais putain, cocorico, merde, on était les derniers à ne pas réussir à sauver le monde, wouhou !), que le mec qui est resté a des envie de suicide et que quand on dit « gâchez pas l’eau chaude, on manque d’énergie », tout le monde prend des douches bouillantes de 2 heures.

Fin en fanfare: le CDC explose, une membre du groupe a décidé de mourir dans l’explosion, revenez l’année prochaine, ça sera super.

Mais pas tout de suite.

LA FERME !

D’abord, il y a Dieu, et la ferme d’Hershel.

La saison 2 démarre avec une scène bien flippante d’un groupe de zombie qui traverse une zone embouteillée de voitures. Les survivants se planquent sous les bagnoles, c’est bien filmé, tout va bien. Et puis… Et puis une ptite fille disparaît, donc il faut la rechercher. Rick se sent responsable, parce que c’est lui qui lui a dit de rester planquée dans une mare, dans une zone dangereuse, pour l’attendre. Etrange qu’il s’en veuille, non ?

Donc on lance une battue. Faut agir vite. Mais pas trop, donc le tiers du casting, passant près d’une Eglise, s’y arrête pour parler à Dieu. « Dieu, je ne te parle pas souvent, mais là… ». En ce début de saison 2, les personnages ne sont plus acteurs, ils ne sont plus en mode survie. Non. Ils s’en remettent à Dieu pour les aider.

On en est là.

En cherchant la fille, le fils de Rick (ils morflent les gosses, bordel) se fait tirer dessus par un type sympa qui visait un cerf. Rick, Shane et le type sympa, Otis, se rendent dans la ferme d’Hershel (toubib) pour sauver le fils de Rick (Carl). Pour ça, il a besoin de médicaments. Otis y va avec Shane pendant que Rick donne son sang (beaucoup trop, et du coup il joue encore plus mal). Shane, maintenant en mode « De Niro Mafia Blues », tue Otis pour le donner à bouffer aux zombies et apporter les médicaments. Shane a donc un sens du sacrifice très personnel.

Maintenant qu’on n’a pas trop avancé dans l’intrigue (on en est à l’épisode 3), on revient en arrière et on part chercher la petite fille. En faisant celà, Daryl (frère de Merle, et beaucoup moins flippant) se fait blesser.

Les survivants : « De Niro ! »
Shane : « Bravo, vous avez trouvé… maintenant, plus dur »
Les survivants : « De Niro ! »
Shane : « La vache, vous êtes trop forts »

Le reste de la mi-saison tient dans le concept suivant: quelqu’un sait quelque chose, mais ne dit rien à personne. Puis craque et révèle tout pour créer le climax. Lori (femme de Rick) apprend qu’elle est enceinte mais ne connait pas le papa. Glenn apprend qu’Hershel a gardé des zombies dans une grange dans l’espoir de les sauver. Shane fini par l’apprendre et zigouille tous les zombies pour un climax de mi-saison certes poignant (dans le lot de zombies, il y a la petite fille qu’ils cherchent depuis le début de la saison), mais qui intervient au bout de sept épisodes où tout le monde discute des heures avant d’agir.

Qu’est-il arrivé à The Walking Dead pour passer d’une fiction bavarde et soporifique à ce monument de tension débarqué sur les écrans cet automne? Réponse : Glenn Mazzara. Darabont, peut-être triste de ne pas avoir le même salaire que Matthew Weiner, jette l’éponge et passe la main à son second. Mazzara vient de The Shield, et c’est un sacré scénariste.

Il a l’intelligence de ne pas bazarder tout le travail de son prédécesseur (de toute façon il manquait de temps), et se tient au canevas prévu à l’origine. Mais en cette deuxième moitié de saison, le ton a changé. Ca discute un peu moins, il y a au moins une bonne idée par épisode, on sent l’intrigue avancer. Lentement, certes, mais au moins elle avance. Le final de la saison 2 est d’une violence inouïe, ramenant à la tradition du western et du film de siège.

Puis arriva la saison 3. Avec la scène d’ouverture, Mazzara a envoyé un gentil « merde » à The Walking Dead : The Darabont Years. Une longue scène où les survivants éliminent des zombies, s’installent, progressent. Sans aucun dialogue. Une fois l’ADN de la série redéfinie, Mazzara part d’un tableau vierge et peu offrir sa vision. Elle est prenante. Elle est fascinante. Elle n’a rien à voir avec les débuts de la série. Et on ne peut que le remercier.

 

 

NDLR : Une review complète des 8 premiers épisodes de la saison 3 de The Walking Dead sera publiée ce dimanche sur votre webzine, par John Plissken. Vous allez forcément la dévorer elle aussi, n’en doutons pas une seconde.

 

(1) : Oui, le Daily Mars n’existait pas encore, et alors ?

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