The Writer, dissociation narrative (Séries Mania)

The Writer, dissociation narrative (Séries Mania)

Note de l'auteur

Du 15 au 24 avril se déroule la septième saison de Séries Mania à Paris, et comme chaque année, le Daily Mars vous offre une couverture du festival. Au programme, critiques, bilans de conférences et autres surprises …

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Un père de famille et scénariste de renom ressent un besoin de changement. À la manière de Louis C.K., Sayed Kashua (Arab Labor) se met en scène à travers un double.

Il y a deux ans, le festival projetait Les Beaux Malaises, série québécoise de Martin Matte dont le sujet était… Martin Matte. Un geste que l’on retrouve dans The Writer avec cette même façon de faire de « je » le centre de l’histoire. L’autofiction est un genre délicat. Entre narcissisme et dérision. Une déclinaison de soi dans un programme — le plus souvent comique. Si Les Beaux Malaises (ou Curb Your Enthusiasm, Platane) entretient son côté awkward comedy, The Writer choisit une projection plus frontale, dans une mécanique qui entend poser des réflexions socioculturelles sur Israël.

Si l’ensemble est animé de bonnes intentions, le procédé trop schématique grippe la fluidité narrative. Chaque épisode se décline en concept façon « Martine à la… », avec un propos sérieux en filigrane. Ce grand écart entre une comédie du je façon jeu de massacre et la parole incisive sur Israël assigne une position inconfortable où la série développe ses messages au-delà des critiques. La faute à un personnage principal qui vectorise des sentiments contraires : antipathique, macho à la fragilité qui ne laisse pas indifférent.

THE-WRITER-2The Writer explore la frustration. D’un homme, d’un citoyen, d’un artiste. Et de façon compulsive à faire grincer les dents. La série ne souffre pas avec son personnage mais de son personnage. Et le spectateur d’osciller entre des moments désincarnés et une convergence inespérée qui débouche sur de vrais et beaux moments (la peur du fils, l’adolescente qui écoute son grand-père au casque dans son lit).

L’acteur Yousef Sweid, présent après la projection, racontera que la plupart des histoires proposées sont vraies. C’est peut-être ce côté sans filtre qui finit par désaxer la série. Où quand le je est l’ennemi du bien.

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