Tommy’s got a plan (Bilan Peaky Blinders s3)

Tommy’s got a plan (Bilan Peaky Blinders s3)

Note de l'auteur

Oui, je sais, je sais, nous ne sommes pas en avance. Mais ce qu’il y a de bien avec les séries aujourd’hui, c’est que nous ne sommes pas forcément à la bourre non plus. Alors, les casquettes vissées sur les oreilles, on sort les lames de rasoir, BY ORDER OF THE PEAKY BLINDERS. (Attention, spoilers)

peaky-blinders-season-3-episode-3Alors, tout commence par une avancée dans le temps, comme vu précédemment. Mais c’est surtout une figure de style qui va ressurgir tout au long des six épisodes qui constituent cette troisième saison des aventures de la famille Shelby, qui aimerait bien devenir honnête…

Parce que l’histoire, la grande et la petite, sont à un tournant. Celui du choix du capitalisme contre le communisme en Russie. Celui du trafic parallèle ou de l’honnêteté pour Tommy, sa famille, ses frères. Celui de la violence ou de la paix. Et pour pouvoir traiter toutes ces thématiques, quoi de plus simple qu’en… faisant des sauts de puce dans le temps ? C’est à la fois la force et la faiblesse d’une saison, un peu plus mineure que ses précédentes. En effet, on garde finalement des personnages bien ancrés, voilà après tout deux saisons que nous les suivons. On garde l’idée d’une inscription de la petite histoire dans la grande Histoire, comme vu avec l’impact de la Première Guerre mondiale. Mais on ajoute, rapidement de nombreux personnages, de nouveaux méchants, et d’anciens camarades, et nous voilà rapidement perdus.

peakyblinders-feat-480x279Six épisodes, en effet, c’est court. C’est court pour réussir à savoir qui fait quoi et où. C’est court quand on a les ambitions de créer une série de qualité. Car ils sont tous là, la photo, le jeu incroyable des acteurs bien dirigés, la violence et les questionnements sur la réussite. La famille Shelby n’a jamais été aussi haut, n’a jamais eu autant le pouvoir. Alors, la seule façon de tenir sa promesse, celle d’une saison construite qui se tient en une demi-douzaine d’heure, c’est de suivre le héros, le chef des Peaky Blinders, Thomas Shelby. Et surtout ce qui a fait sa réussite jusqu’à présent, c’est-à-dire sa capacité à planifier. Tommy’s got a plan. Oui mais, ils ont une légère propension à se planter dans les grandes largeurs. Car Tommy ne pense plus « en famille ». Il pense « pour la famille ».

Un enfant, une femme. Deux frères devenus hommes de main. Une tante qu’il n’écoute plus et un cousin, Michael, qui veut devenir un homme. Alors on saute, d’un épisode à un autre, on avance dans le temps, et les saisons n’ont pas l’air de bouger, non, nous sommes toujours dans une météo maussade, celle de Birmingham. Seuls évoluent les bleus et les coupures sur les visages, alors qu’en toile de fond, comme un fil sensible, on entend les plaintes et on découvre les histoires. Celle de Michael, abusé a priori par un prêtre. Celle d’Esme, qui n’en peut plus d’avoir cessé d’être nomade. Celle de John et Arthur, qui ont l’impression d’avoir été délaissé. De Polly, qui en crève de se savoir aimer pour elle-même et de se sentir si dévalorisée. Mais tous ces personnages doivent être passés sous silence, car, voyez-vous, Tommy a un plan.

getimageIl faut naviguer cette saison. Entre la culpabilité, celle d’avoir provoqué la mort de la femme qu’on aime et de venir d’un milieu pauvre, entre les Russes blancs et les communistes, entre la famille et les ennemis d’hier. Mais Tommy est trop sûr de lui. Sûr de savoir comment faire, et ce qu’il faut. Sauf qu’il ne navigue plus seulement dans les eaux de Birmingham. Désormais, le voilà dans les eaux internationales. Et les écueils sont nombreux. Et la famille se retrouve face à une autre famille, plus calculée, plus dure, plus sexuée, celle des Russes. Une famille aussi, mais détruite et malsaine. Comme un miroir déformant à la fête foraine.

03On aime à retrouver Peaky Blinder. On aime sa photo, ses gueules cassées, ses physiques parfois atypiques. On aime moins quand la seule homosexualité visible est celle représentant la décadence des cosaques, dans des orgies douteuses et des fellations d’arrière-plan. Et parfois, on ne comprend pas toujours tout à l’intrigue, quand les méchants sont des monstres, pourtant téléguidés par Churchill. Enfin, à ce que j’ai compris. Mais avec deux saisons commandées et à venir dans la poche, sans doute est-ce que l’intrigue aura tendance à s’étayer. Peut-être prendrons-nous un peu plus de temps sur le contexte, et les affects de personnages secondaires toujours passionnants. Mais si à la fin de cette saison, Tommy a eu un plan, il risque surtout de perdre sa famille. Et donc d’éclater encore plus son histoire. Mais y a-t-il une survie possible, pour une bande organisée, loin de ses frères ?

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