Top 10 des Chansons Nominées aux Oscars Les Plus Incongrues

Top 10 des Chansons Nominées aux Oscars Les Plus Incongrues

L’histoire des Oscars est entachée de quelques scandales et dérapages, certains causés par des nominations assez bizarres à comprendre pour les non-initiés. C’est le cas de « Alone Yet Not Alone », qui a récemment été disqualifiée par l’Académie pour la course aux Oscars 2014. Personne n’avait vu le film éponyme en salles, à vrai dire il n’a été exploité que dans une poignée de salles américaines. Mais de manière plus controversée, le compositeur du titre, Bruce Broughton, était un ancien membre éminent de la branche musicale du Board of Governors. Et il s’avère qu’il a envoyé un e-mail aux votants pour les informer de l’éligibilité de sa chanson. Ce n’est pas la première fois que des nominations aux Oscars font sourciller, mais dans cette catégorie en particulier, c’est plutôt rare. L’Académie des Oscars a plutôt des goûts sûrs en termes de nomination musicale, même si on retrouve souvent les mêmes noms pour les compositions originales : Randy Newman, Diane Warren, toutes les chansons de « James Bond », une ribambelle de films avec Julie Andrews, j’en passe et des meilleures. On a fouillé dans les archives pour souligner 10 bizarreries dans les nominations.

Patty Smyth « Look What Love Has Done » (Junior, 1994)/ Dolly Parton & James Ingram « The Day I Fall In Love » (Beethoven the 2nd, 1993)

Dans les deux cas, les mêmes responsables : Carole Bayer Sager et James Ingram. Ce dernier chante même le deuxième titre avec la prolifique star de country Dolly Parton. Dans les deux cas, une chansonnette d’une mièvrerie à tomber par terre, composée pour des films qui n’en demandaient pas tant. C’est grâce à eux que l’immortelle comédie d’Ivan Reitman qui fait tomber Schwarzy enceinte, Junior, a décoché une nomination. Et la franchise Beethoven leur doit également une fière chandelle, en décochant l’unique nomination de tous les films avec l’adorable Saint-Bernard (2 films au cinéma, et 5 directement en vidéo pour rappel).

Phil Collins, Two Hearts (Buster, 1988)

Certes, Phil Collins reviendra dans le rang des nominés pour sa BO de Tarzan une décennie plus tard. Mais il ne s’est pas arrêté à la musique pour « Two Hearts » et a également tenu la vedette dans l’inoubliable film dont il est tiré. Buster se basait sur la vie d’un des voleurs de la célèbre attaque du train postal Londres-Glasgow en 1963, avec une affiche . L’ex-Genesis a eu l’idée de convoquer un des architectes du son Motown, Lamont Dozier, pour cette chanson. Notre Philou acteur s’est probablement senti ragaillardi par cette validation de l’Académie, et il est repassé devant la caméra pour Hook et un autre polar british vaguement fun, Frauds.

 

Luciano Pavarotti, If We Were In Love (Yes, Giorgio, 1982)

Ici, le pedigree Oscar se voit un peu plus : John Williams a composé la musique du film et cette chanson nominée, et les paroles ont été écrites par Alan et Marilyn Bergman, qui font partie du cercle très fermé des habitués de cette catégorie. Franklin J. Schaffner a été débauché pour ce  film, à la gloire de Pavarotti jouant quasiment son propre rôle : un ténor d’opéra perdant sa voix. Yes, Giorgio a essuyé un tollé critique à sa sortie et il est tombé dans la fosse commune de l’oubli dédiée aux fausses bonnes idées d’Hollywood, mais apparemment pas assez pour ne pas faire partie de l’histoire des Oscars. Roger Ebert résumait sa performance ainsi : « Quand il chante, il est formidable; quand il joue, il a besoin d’un grand seau d’eau sur la tête. »

Debbie Boone-When You’re Loved (Magic Of Lassie, 1978)


Tout d’abord : pardon pour le lien. Ensuite : ce monument de kitsch a été écrit par les frères Sherman, fameux pour leurs BO de plusieurs Disney, de Merlin L’Enchanteur à Mary Poppins. Mais surtout, c’est grâce à cette… chose que Lassie s’est retrouvé aux Oscars pour un nouveau film dans la franchise après 30 ans d’absence des écrans. The Magic Of Lassie et mettait en vedette Mickey Rooney et James Stewart qui pousse la chansonnette. Il semble que l’échec commercial fut tellement cuisant que Stewart décida de ne plus apparaître à l’écran, faisant une exception notable pour la série Nord et Sud en 1986. Ce qui n’empêcha pas l’Académie des Oscars de sélectionner « When You’re Loved ». « Somehow you find the right direction« , chantait Debbie Boone : dans ce cas précis, les votants se sont égarés dans le triangle des Bermudes.

 Maureen McGovern, « We May Never Love Like This Again » (La Tour Infernale, 1974)


C’est un peu l’ancêtre de « My Heart Will Go On ». La ritournelle de Maureen McGovern est sortie parallèlement au film-catastrophe en 1974, mais contrairement à Jack et Rose, la romance n’est vraiment pas aussi centrale au film pour justifier l’existence même du titre. Certes, la distribution mirifique pour l’époque et les moyens considérables engagés justifiaient la présence du film aux Oscars. Mais élever les mérites artistiques d’un produit marketing futé… on a connu l’Académie en meilleure forme.

 Charlie Rich- I Feel Love (Benji, 1974)

Ce film familial sur un chien abandonné dans une petite bourgade du Texas, qui va sauver deux enfants kidnappés, a engrangé des recettes considérables à l’époque (40 millions de dollars) et une nomination pour cette ballade folk de Charlie Rich. Ce qui prouve que l’Académie n’a rien contre les « dog movies ». Vu la qualité de la chanson, je ne dirais qu’une chose :

Big-Bang-Theory-Sheldon-No-GIF

 

 

 

 

 

 

Patti Page- Hush, Hush… Sweet Charlotte (Chut, chut…. Chère Charlotte, 1964)


Il ne s’agit pas de disputer la présence aux Oscars du film de Robert Aldrich, totalement méritée. Mais vu l’utilisation à contrepied du titre dans le film, associé avec le personnage assez instable de Charlotte Hollis, ce choix interpelle. Le titre en lui-même a été écrit par des compositeurs émérites, Frank DeVol et Mack David, qui seront nominés aux Oscars bien d’autres fois par la suite (notamment pour Cat Ballou).

 Riz Ortolani & Nino Oliviero- More (Theme From Mondo Cane) (Mondo Cane, 1962)


Mondo Cane (Monde de Chiens) est un film italien qui est une forme bien particulière de docu-fiction. Et par là j’entends que c’est un film d’exploitation dans le sous-genre du « mondo movie », en narration composée de vignettes. Elle promet au spectateur en mal d’exotisme la « vérité crue » sur notre monde, ce qui se traduit en mise en scènes de tribus indigènes de Nouvelle-Guinée, un chien tué par une meute filmé en caméra subjective, entre autres joyeusetés avec une voix-off empreinte d’humour noir. Un peu des précurseurs des Vice Guide to Travel. En gros, tout pour un film à Oscars. Sauf que le thème composé par Riz Ortolani & Nino Oliviero est vraiment évocateur et réussi, au point qu’on y ajoutera des paroles et qu’il sera repris par plusieurs pointures au fil des années…. dont Sinatra et notre Gilbert Bécaud national. Si. Une des nominations qui reflète un certain état d’esprit des Swinging 60’s, mais a récolté un succès commercial indéniable, notamment dans les « drive-in » de l’époque. Et Mondo Cane ne s’arrêta pas là, puisqu’il fut présenté en sélection officielle au Festival de Cannes… au côté d’une trentaine d’autres longs-métrages. Néanmoins, il y eut un tollé de la part d’organisations chrétiennes, l’appelant « pornographique »et « déviant », ce qui n’empêcha pas la chanson de perdurer bien au-delà de la réputation sulfureuse de la franchise.

 

Gloria Wood & The Kay Kyser Orchestra – The Woody Woodpecker Song (1948)


Présenté avec un des court-métrages du célèbre pic-vert, The Woody Woodpecker Song est donc une extension avec paroles et big band du générique du dessin animé par Gloria Wood (également la voix de nombreux personnages de dessins animés, dont Minnie Mouse) et le Kay Kyser Orchestra. Un peu comme si on avait rajouté des paroles à la fanfare des Looney Tunes/Merry Melodies, ou qu’Henry Mancini avait décidé qu’ajouter un crooner sur le générique de La Panthère Rose était une bonne idée. Et apparemment, l’Académie a jugé le titre assez bon pour le nominer en meilleure chanson pour leur 21ème cérémonie. Ce genre d’initiatives ne s’est jamais reproduit depuis. On touche du bois.

 

 

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