Le cocoritop 2015 des films français

Le cocoritop 2015 des films français

Ray Fernandez est cinéfrancophile, une perversion très particulière qui le conduit à voir tous les films français sortant en salles. Le malheureux, qui a dû renoncer à mener une vie normale, nous a confié son top de l’année 2015, que voici dans l’ordre décroissant. Et s’il a trouvé suffisamment de bons films, nous vous laissons imaginer le nombre de navets qu’il s’est coltiné pour en arriver là ! Ses collègues et amis lui souhaitent un bon rétablissement.

 

10. Nous trois ou rien, de Kheiron / Microbe et Gasoil, de Michel Gondry

MICROBE-UNE-01Ex aequo, deux films personnels et attachants, et deux des rares comédies françaises regardables en 2015 : un premier film bourré d’imperfections, naïf mais généreux, qui traque l’humour jusque dans les situations les plus dramatiques, et le retour modeste et nostalgique d’un cinéaste bricoleur qu’on avait un peu lâché ces derniers temps.

 

9. Dheepan, de Jacques Audiard

DHEEPAN-UNE-01Si Jacques Audiard impressionne par sa mise en scène et ses acteurs, il pèche par un récit mécanique articulé avec un talent trop conscient de lui-même pour surprendre autant que surprenait De rouille et d’os. Côté Palme d’or, c’est mission accomplie, et maintenant ?

 

 

8. Fatima, de Philippe Faucon

FatimaLà, on est en plein dans ce cinéma social français – emblématiquement incarné cette année par l’atroce La Tête haute d’Emmanuelle Bercot – qui d’habitude fait peur aux martiens. Pourtant, Fatima est magnifique parce que Philippe Faucon, le cinéaste le moins racoleur du monde, trouve toujours le plan digne du personnage, celui faisant naître une émotion qui te bouleverse d’un simple regard.

 

 7. L’Affaire SK1, de Frédéric Tellier

AffaireSK1Une traque effrénée pour démasquer Guy Georges, “le tueur de l’Est parisien” comme on l’appelait dans des années 1990 qui sont ici finement reconstituées. Un polar tendu et rebondissant qui retrouve une tradition perdue à force de miser sur le pathos d’Olivier Marchal ou l’esbroufe de Fred Cavayé.

 

 

6. La Loi du marché, de Stéphane Brizé

LA-LOI-UNEFilm d’horreur économique, qui reflète pleinement la brutalité morale du monde du travail subi mais nécessaire à la survie. Tragique, violent, implacable et servi par un acteur parfait, La Loi du marché est le meilleur exemple qu’un cinéma qui a du fond, c’est bon.

 

 

5. Le Dos rouge, de Antoine Barraud

LE-DOS-ROUGE-UNE-01Divagation sur les thèmes de la création et de la monstruosité en compagnie de Bertrand Bonello, acteur dans son propre rôle de cinéaste à la recherche d’un tableau autour duquel tournerait son prochain film, tandis qu’une tâche rouge apparaît et s’étend sur son dos… Inclassable et enivrant, l’OVNI de l’année.

 

4. Le Grand Jeu, de Nicolas Pariser

LeGrandJeuPremier long métrage très maîtrisé et à contre-courant des clichés du thriller français : ici la caméra est rigoureuse et les scènes de dialogue sont longues, rohmeriennes et captivantes. Quand l’affaire Tarnac rencontre le Ghost Writer de Polanski, avec un Melvil Poupaud qui devrait rassurer tous les acteurs à début de calvitie.

 

3. Taj Mahal, de Nicolas Saada

TAJ-MAHAL-UNE-02L’attaque terroriste contre le Taj Mahal Palace à Bombay en 2008, du point de vue d’une jeune touriste cloîtrée dans sa chambre. Jouant de la sensation plus que de l’action, le réalisateur Nicolas Saada tente le home invasion pour traduire le sentiment d’être pris au piège dans ce que l’on croyait être un refuge. Anti spectaculaire (quoique…) et effroyable.

 

2. Love, de Gaspar Noé

LoveOn a beaucoup glosé sur ce film en oubliant l’essentiel : la très grande beauté d’une œuvre à laquelle – une fois n’est pas coutume – la 3D contribue idéalement, et une profonde tristesse qui se dégage de cette histoire d’amour banale et néanmoins extraordinaire, comme toutes les histoires d’amour.

 

1. Réalité, de Quentin Dupieux

REALITE-02Je suis désemparé par Réalité, égaré dans un dédale narratif où rien ne se perd et tout se transforme. Quentin Dupieux possède ce don précieux de faire surgir à la fois le rire et l’angoisse d’un détail en apparence insignifiant qui enfle jusqu’à submerger le monde, comme quand, jour après jour, tu ne parviens pas à quitter un dîner mexicain, ou qu’une femme berçant une bûche s’approche de toi et veux te parler. Tu vois ?

 

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