TOP 25 des films sanglots (mais pas sanglants) part. I

TOP 25 des films sanglots (mais pas sanglants) part. I

Hola les aminches. L’autre jour, devant Le Discours d’un roi, de Tom Hooper (un bien beau drame certes hyper classique mais superbement interprété),  je me suis soudain souvenu que pleurer au cinéma, c’est quand même une expérience bien bath. Voici donc un top 25, en deux parties, des oeuvres qui, à titre personnel, ont fait vibrer la petite chose fragile qui sommeille au fond du bourrin métalleux que je suis. Vous avez bien lu « à titre personnel » donc, les polémistes, affutez vos lames : il s’agit d’un classement tout ce qu’il y a de plus subjectif. Certains d’entre vous me feront remarquer des absences certainement impardonnables. Entre les films que je n’ai pas vu et ceux que j’ai simplement oublié, ou bien certains sélectionnés qui pourront choquer, je vous invite cordialement à dégainer vos commentaires. J’insiste vraiment sur la subjectivité d’un choix faisant intervenir des souvenirs d’enfance/adolescence et les éléments personnels expliquant pourquoi l’on est plus sensible à certains thèmes ou situations que d’autres. Tout comme pour le rire, l’émotion n’est certainement pas la chose la mieux partagée au monde.  Je m’attends certainement à une pluie de « non mais ca va pas ?!? » mais après tout un classement, hein, c’est toujours fait pour ça : vous faire REAGIR ! Avec le secret espoir que ce post ne vous fera pas pleurer seulement d’exaspération… Et rendez-vous pour les 13 autres titres dans la seconde partie d’ici demain 🙂

1) LA-HAUT, de Pete Docter et Bob Peterson (2009)

Pitch : un papy veuf prend le large avec sa maison, emportée au ciel par mille ballons, pour rejoindre la destination de ses rêves. La poisse : un gamin roudouillard s’est incrusté au dernier moment.

LA scène : dans le premier quart d’heure du film, l’inoubliable séquence muette de la love story entre Karl et sa femme depuis leur enfance. Leur bonheur, la douleur d’une fausse couche et… la traversée du temps à deux, jusqu’à ce que la mort les sépare.

Pourquoi on pleure : rythmée par la très belle et simple partition de Michael Giacchino, cette bouleversante chronique d’une vie en accéléré, fichtrement audacieuse pour un film d’animation destiné aux enfants, ne nous laisse aucune chance. Même les plus résistants ne peuvent retenir une larmichette, laissant des sanglots plus soutenus aux plus sensibles. Heureusement que la suite relâche la pression, mais avec des personnages aussi attachants que Karl, Russel et l’adorable cabot Doug, l’émotion n’est jamais loin surtout dans un touchant final qui, une fois de plus, fait mouche. Ces trois misfits en manque d’amour et qui se sont bien trouvé, moi j’les aime ! A lire : la critique de Là-Haut ici bas.

Larmichomètre : 10/10

 

2) UN TICKET POUR DEUX, de John Hughes (1987)

Pitch : Son avion dérouté pour cause de blizzard, le publicitaire Neal Page (Steve Martin) tente désespérément de rentrer chez lui par tous les moyens pour Thanksgiving. A ses côtés, un pot de colle beauf et envahissant : le VRP Del Giffith (John Candy).

LA scène : il y en a deux, consécutives, à la fin du film. (ATTENTION SPOILER) 1) Après avoir enfin dit adieu à Del sur un quai de gare au terme de trois jours d’aventures rocambolesques, Neal, recoupant mentalement quelques indices, réalise que Del ne lui a pas tout dit à son sujet. Il fait demi-tour et retrouve Del tout seul sur le quai avec sa valise. Personne n’est venu le chercher et pour cause : Del est veuf depuis des années, il n’a plus de famille. 2) Neal emmène chez lui Del pour Thanksgiving. Engoncé dans sa doudoune bleue, trainant sa valise à roulettes, Del le clown exubérant se fait tout petit en entrant dans la demeure, ému et reconnaissant. Il n’est plus seul.

Pourquoi on pleure ? Après nous avoir fait plier de rire pendant 1h30 avec son 3e meilleur film (après Breakfast Club et La Folle journée…), John Hughes nous terrasse dans les cinq dernières minutes en laissant exploser sans prévenir la bombonne d’humanité qui couvait sous la grosse carcasse de Del Griffith. Un homme écorché vif et dont la bonhomie beauf sert d’armure au terrible sentiment de solitude. Toute l’émotion brute de John Candy transpire dans un sublime plan final sur cet extraordinaire sourire triste et reconnaissant illuminant le visage de Del. Et ce n’est pas la maladroite reprise cheap du Every time you go de Paul Young qui empêche nos larmes de couler. Naïf, voire niais jugeront les cyniques. Non, juste bouleversant. RIP aux deux John, ils nous manquent ces deux-là.

Larmichomètre : 9/10

 

3) ROCKY, de John G. Avildsen (1976)

Pitch : boxeur minable de Philadelphie, jouant les encaisseurs de dettes pour arrondir ses fins de mois, Rocky Balboa voit la chance de sa vie passer lorsqu’on vient le solliciter pour disputer un match contre le champion du monde Apollo Creed.

LA scène : Adriaaaaaan !!!! (aussi efficace en V.O qu’en VF avec l’inoubliable voix d’Alain Dorval, comédien français doubleur quasi exclusif de Sylvester Stallone)

Pourquoi on pleure ? Rocky n’est pas un film sur la boxe, c’est une love story poignante entre deux sans grades de la vie qui n’ont pratiquement que leur amour mutuel pour seule richesse. Rocky a perdu son match, mais il s’en fout, il veut juste serrer Adrian dans ses bras. Elle, petit bout de femme, fend la foule pour rejoindre son Rocky. Ils s’étreignent, pleurent, s’aimeront pour la vie. La musique de Bill Conti achève de nous envoyer dans les cordes, K.O.

Larmichomètre : 9/10.

 

4) E.T, de Steven Spielberg (1982)

Pitch : un alien botaniste en visite sur Terre radine trop tard avant le départ de sa navette. Le v’la coincé chez nous, bientôt recueilli par Elliot, gamin fils de divorcés.

LA scène : le final, of course. Les adieux entre E.T et Elliott.

Pourquoi on pleure ? Franchement, j’ai besoin d’expliquer sur ce coup-là ? On pleure, c’est E.T, c’est tout quoi !

Larmichomètre : 8/10.

 

5) COTTON CLUB, de Francis Ford Coppola (1984)

Pitch : les années folles vues par Coppola, via un célèbre club de jazz de Harlem fréquenté par la haute comme par les mafieux.

LA scène : danseur de claquettes surdoué, Sandman Williams (Gregory Hine) est brouillé depuis un bail avec son frère Clay, qui l’accuse d’avoir trahi leur tandem en poursuivant une carrière solo vers des clubs plus prestigieux. Un soir, Sandman, devenu célèbre, vient voir Clay se produire dans les bas fonds. Depuis la scène, Clay reconnaît son frangin dans le public et, sur le ton du sarcasme aigri, le met au défi de venir danser avec lui sur le champ. Sandman s’exécute : les deux frères entament un numéro, d’abord aussi froidement que deux ennemis jurés, puis peu à peu

, la glace se liquéfie, les pieds se retrouvent comme si c’était hier et le tandem enflamme la salle. Le numéro n’est pas fini mais l’émotion est trop forte : les deux frères s’immobilisent peu à peu, se regardent, émus, avant de se jeter dans les bras l’un de l’autre. Heureux et en larmes.

Pourquoi on pleure ? Ben quoi, ca ne vous émeut pas, deux membres d’une même famille qui se réconcilient et se disent « je t’aime » après une longue période de brouille ?

Larmichomètre : 8/10.

 

6) SUPERMAN, de Richard Donner (1978)

Pitch : Envoyé sur Terre par son père Jor-El pour échapper à l’explosion de leur planète Krypton, le jeune Kal-El est recueilli par un couple de fermiers, les Kent, qui le rebaptiseront Clark.

LA scène : papa Kent vient de mourir. Clark sait que son destin doit le conduire très loin de la ferme Kent. Après l’enterrement, il annonce à sa mère adoptive Martha qu’il doit partir. Elle le sait, elle l’a toujours su. Rongé par le remord, il la sert dans ses bras. La caméra s’envole au dessus des champs de blé, en même temps que la musique John Williams.

Pourquoi on pleure ? Parce que Richard Donner, qui à l’époque était encore un cinéaste, réalise là l’une des plus belles scènes d’adieu du 7e art. Les gros plans sur le visage parcheminé de Martha Kent, bouleversée mais acceptant la décision de son Clark, couplés au tableau magnifique d’une mer de blés surplombée d’un océan de ciel bleu, l’étreinte entre Clark et sa mère, le tout nappé des violons déchirants de John Williams…. Voilà un inoubliable morceau d’Americana digne d’une toile de Rockwell. Kleeneeeeex !

Larmichomètre : 8/10

 

7) BLADE RUNNER, de Ridley Scott (1982)

Pitch : Los Angeles, 2019 (merde c’est dans 8 ans). Ex-membre de l’unité d’élite des Blade Runners, Rick Deckard doit retrouver et liquider des cyborgs meurtriers en cavale refusant leur fin programmée.

LA scène : Roy Batty va mourir. Il pourrait en finir avec Deckard mais, juste avant de s’éteindre, il préfère s’improviser poète.

Pourquoi on pleure ? Un androïde assassin en phase in extremis de rédemption, déclamant l’une des plus belles tirades de toute l’histoire de la SF, colombe en main. Le regard noyé de larmes de Rutger Hauer, sous une pluie battante, émerveillé par sa vie, terrifié par sa mort imminente… Et puis la fin, à genoux en forme de pardon, soulignée par les accords synthétiques célestes de Vangelis. Gasp….

Larmichomètre : 7/10

 

8 ) IL FAUT SAUVER LE SOLDAT RYAN, de Steven Spielberg (1998)

Pitch : juste après le débarquement du 6 juin 1944, le capitaine Miller reçoit pour mission de monter un groupe pour retrouver et ramener au pays un soldat, James Ryan, unique survivant de sa fratrie décimée au front pendant le D Day.

LA scène : l’introduction du film. Après un plan glaçant sur un pâle drapeau américain filmé en contre jour, nous voyons un vieillard marcher dans un cimetière militaire (celui de Colleville-sur-Mer, en Normandie), sa famille le suivant à distance. Il cherche une tombe, la trouve, s’immobilise… et s’effondre à genoux, submergé par l’émotion. La tombe est celle du capitaine Miller, l’homme qui lui a sauvé la vie 50 ans plus tot. Les mains des siens se posent sur lui en guise de réconfort… et James Ryan replonge dans ses souvenirs, en pleine furie du débarquement.

Pourquoi on pleure : la musique de John Williams (encore lui) donne toute sa dimension à cette scène particulièrement poignante, tout autant que le final bouclant la boucle.

Larmichomètre : 7/10

 

9) LES EVADES, de Frank Darabont (1994)

Pitch : Andy Dufresne (Tim Robbins) est emprisonné à vie pour le double meurtre de sa femme et de l’amant de celle-ci. Au pénitentier de Shawshank, il traversera les pires épreuves mais va faire aussi une rencontre qui changera sa vie : celle d’Ellis « Red » Redding (Morgan Freeman).

LA scène : une douce montée en puissance de l’émotion au moment où Red est libéré. Il remonte les indices laissés par son vieil ami Andy pour lui permettre de retrouver sa trace. Avant qu’Andy ne s’évade, les deux hommes ont eu le temps de nouer une amitié indestructible, rien d’autre ne compte pour le vieux Red que de retrouver son copain. Après un voyage qu’on imagine bien long, Red rejoint enfin Andy, en exil sur une plage lointaine. La caméra s’éloigne, ils s’étreignent…

Pourquoi on pleure ? Parce que ce grand et beau film classique récompense à la fin le courage, la ténacité et l’indéfectible amitié de deux détenus qui ont lourdement payé leur dette à la société. Malgré les violences, l’horreur, les ravages psychologiques de l’enfermement, ils ont tenu bon. La voix off apaisée de Morgan Freeman confère à cette émouvante conclusion sans dialogues une ambiance élégiaque ouatée, sereine, à l’image de la discrète et radieuse mélodie signée Thomas Newman. Pudique, presque trop, la caméra prend du champ au moment des retrouvailles, nous laissant à bonne distance mais tout de même assez près pour ressentir le bonheur d’Andy et Red. Nous n’entendrons pas leur échange, il n’appartient qu’à eux. Les Evadés est un film qui croit en l’Homme, en sa bonté et sa force.

Larmichomètre : 7/10.

 

10) HONKYTONK MAN, de Clint Eastwood (1983)

Pitch : dans l’Amérique de la Grande Dépression, la ballade de Red Stoval, chanteur et joueur de guitare country, malade, acariâtre et fauché.

LA scène : le final…. Après être enfin parvenu à décrocher un contrat pour l’enregistrement d’un titre, Red est rattrapé par sa tuberculose en pleine session de studio. Il lutte…. Mais s’effondre, avant qu’un de ses musiciens ne prenne la suite de la chanson au micro. La chanson Honkytonk Man fera un tabac, Red connait le succès dans la tombe…

Pourquoi on pleure ? Ouch, Honkytonk Man est clairement l’un des films les plus déprimants de Clint Eastwood, le genre d’œuvre personnelle que la Warner, studio abritant sa boite Malpaso, lui laissait faire à l’époque uniquement contre des FirefoxLa Corde ou Sudden Impact. Retentissant bide dans sa carrière, Honkytonk Man bouleverse par la tragédie du destin de Stoval et ce final, où Stoval meurt sous nos yeux, ravagé par une quinte de toux, sur fond de triste ritournelle, est sans doute l’un des plus déchirants tourné par Eastwood. Je précise au passage qu’un autre film d’Eastwood, tourné deux ans plus tôt, m’a profondément ému pour des raisons totalement différentes : Bronco Billy, avec sa touchante love story finissant bien, elle, entre un patron de cirque cowboy loser (Eastwood, forcément) et une héritière en fuite (Sondra Locke).

Larmichomètre : 7/10.

 

11) THE FULL MONTY, de Peter Cattaneo (1997)

Pitch : Sheffield, Angleterre, berceau de la sidérurgie ravagé par la crise. Quatre potes ouvriers au chômage décident, pour l’argent, de participer à un numéro de strip tease dont raffolent les clientes du strip bar local. Avec deux recrues supplémentaires, ils iront jusqu’au bout…

LA scène : le climax du film : le strip-tease intégral pour lequel nos héros losers ont traversé mille tourments et interrogations. This is it… devant une foule déchaînée, ils ne peuvent plus reculer. Ils vont faire un malheur, sur fond de « You can leave your hat on » de Joe Cocker.

Pourquoi on pleure ? Bon je triche un poil (un poil… à poil… voilà… hem). On ne pleure pas forcément mais il se dégage une émotion indéniable de cette belle scène festive, récompense autant pour nos chômeurs strippers que pour le spectateur, qui a partagé leurs tourments avant le spectacle. Après avoir traversé moult humiliations et doutes, en particulier le personnage joué par Mark Addy (comédien rondouillard actuellement au générique de Game of Thrones), ces héros attachants, cassés par la vie, goûtent enfin un triomphe mérité. Ils ont vaincu, au moins pour un soir, leurs propres peurs et complexes, tout en regagnant dans cette épreuve un peu d’auto-confiance et de leur dignité. Et c’est beau quoi, merde !

Larmichomètre : 6/10.

 

12) LA BELLE ET LA BETE, de Gary Trousdale et Kirk Wise (1992)

Pitch : transformé en Bête par un sortilège, un prince erre seul depuis des années dans les murs de son château. Jusqu’à ce que son destin croise celui de la jeune Belle…

LA scène : c’est un peu flou, car je n’ai pas vu le film depuis longtemps, mais j’ai un souvenir très clair d’une scène de valse entre Belle et la Bête dans laquelle le monstre commence à tomber le masque, éprouver des sentiments pour sa captive et surtout espérer que ceux-ci soient réciproques.

Pourquoi on pleure : l’expression particulièrement humaine de la Bête pendant cette scène est simplement bouleversante. On lit dans ses yeux pour la première fois l’envie d’y croire, de se dire que peut-être, la Belle va voir en lui autre chose qu’un monstre. Artistiquement et commercialement, La Belle et la bête fut le dessin animé de la renaissance pour Disney après une décennie 80 riche en bides…

Larmichomètre : 6/10

 

13) LES PETITS MOUCHOIRS, de Guillaume Canet…. Nan je déconne…

 

2e partie à suivre…. quand j’aurai fini !

 

End of transmission…
Partager