Top 4 des personnages transgenres dans les séries télé

Top 4 des personnages transgenres dans les séries télé

Cette semaine, le Daily Mars vous propose de vous pencher sur la question de la représentation des minorités dans les séries télé. Nous avons traité de la question de la couleur de peau ce lundi, puis du handicap, de la place des femmes, de la question gay et de la représentation lesbienne. Pour finir, voilà la question du soi, avec ce top des personnages transgenres.

Max de The L Word par Déborah Gay

The L Word - Season 4Max, c’est l’homme qu’on a vu naître. C’est d’abord la compagne de route de Jenny, Moira, une femme lesbienne qui est souvent prise pour un homme. C’est son combat pour l’accepter, pour en devenir un. C’est aussi l’explication des difficultés pour l’entourage, non pas dans l’acceptation, mais aussi dans les conséquences de la prise de stéréoïdes. Max devient alors vraiment odieux avec ses amis. Max, c’est aussi une question : qu’est-ce qu’une orientation sexuelle ? Quel est son rapport au genre ? Si Moira aime les femmes, Max préfère les hommes. Avant de tomber enceint dans la dernière saison de la série. Un puissant débat sur ce qui fait de nous des êtres genrés, sexués, et qui décident ou non de donner la vie.

L’actrice, Daniela Sea, était aussi l’une des trois seules actrice lesbienne Out au moment du tournage de la série et elle a vécu pendant 8 mois en Inde en se faisant passer pour un homme. Elle défend aussi la fluidité du genre.

Maura Pfeifferman dans Transparent par Nicolas Robert 

jeffrey-tambor-maura“Tout ceci est plus grand que moi”, a-t-il lâché, le Golden Globe de meilleur acteur dans une comédie entre ses mains. Lorsqu’il lâche cette phrase, Jeffrey Tambor ne songe pas une minute à la kyrielle d’échecs qu’il a enregistré entre plusieurs rôles à succès (principalement celui de George Bluth, Sr dans Arrested Development). Il songe plus sûrement au rôle en or que lui a confié Jill Soloway dans la série produite pour Amazon. Et il a raison.

S’il est ici question d’or, c’est bien parce que la série, enchâssée dans un récit de pur dramédie où les moments doux cohabitent avec les instants cruels, met admirablement en images la question de l’identité. Être transgenre, c’est se poser se poser véritablement la question du “Qui suis-je ?”, apprendre à se connaître beaucoup plus intimement que beaucoup, beaucoup d’autres. Et c’est assumer les réponses que l’on trouve au fond de soi avec une grande honnêteté.

Le processus est parfois long, parfois lent. Parfois douloureux aussi, surtout quand on est confronté au regard des autres (souvenez-vous : la scène où les filles Pfeifferman vont aux toilettes pour dames d’un restaurant). Mais dans Transparent, Maura est l’incarnation du personnage qui assume ce qu’elle. Elle n’a juste plus envie de (se) mentir : ce n’est pas du courage. Quelque part, ça va au-delà et, en même temps, c’est quelque chose de presque simple, évident. Au final, c’est très touchant. Et plus grand que nous.

Alexia de Paris par Flore Di Sciullo

Paris-Sarah-Jane-Sauvegrain-incarne-la-chanteuse-transsexuelle-de-la-nouvelle-serie-d-Arte_width620Interprétée par Sarah-Jane Sauvegrain, Alexis/Alexia est l’un des rares personnages transgenres de la fiction française, d’autant plus rare qu’elle est étonnamment crédible. C’est sa voix qui ouvre et clôt la série, entonnant une chanson où elle alterne voix féminine et masculine, incarnant ainsi littéralement la voix de la différence dont parlait Carol Gilligan. Lorsque Paul, adolescent perdu qu’elle prend sous son aile, découvre en même temps ses seins et son pénis, il lui demande « qu’est-ce que tu es », elle lui répond simplement « je suis moi ». Alexia est un personnage révolutionnaire car sa transsexualité est montrée comme tout à fait ordinaire : femme enfermée dans un corps d’homme mais recherchant l’amour des hommes, qui a dès que possible eu recours à la chirurgie et aux hormones pour se sentir plus en harmonie avec elle-même. Inutile donc d’être embarrassé par les pronoms : elle se sent femme et c’est l’essentiel. Être humain embarrassé par ses organes génitaux, mais avant tout être humain, qui recherche désespérément l’amour de ses parents, la tolérance de ses amis. Alexia est donc personnage transsexuel, mais personnage en priorité, qui perd tout son caractère LGBTQ lorsqu’elle est confrontée à l’épreuve du deuil, et c’est là que le plus fort message de tolérance est amené, dans la banalisation de la différence.

Sophia Burset de Orange is the New Black par Déborah Gay

Sophias1promo2_cropDifficile de séparer Laverne Cox, l’actrice, de Sophia Burset, le personnage. Sophia est l’une des femmes de la prison dans la série Orange is the New Black. Ouvertement transgenre, auparavant marié-e et père d’un garçon, c’est toute l’histoire de sa vie, de son passage à Sophia, qui se déroule à l’écran. Et les lignes entre vie réelle et vie sérielle se brouille quand c’est le frère jumeau, M Lamar, de l’actrice Laverne Cox qui incarne Sophia/Marcus avant sa transition. Laverne Cox/Sophia Burset c’est le moment où un personnage de série et son interprète deviennent si puissant dans leur message de tolérance, qu’elle finit en Une de Time magazine (première fois qu’une femme transgenre a cette honneur) avec en sous-titre : America’s next civil right frontier ? (La dernière frontière des droits civils américains). Elles ne sont qu’unes dans leur message pour la tolérance.

Partager