Top 5 des comics d’Alan Moore que vous n’avez (peut-être) pas lus.

Top 5 des comics d’Alan Moore que vous n’avez (peut-être) pas lus.

Alan Moore

Watchmen, V pour Vendetta, La ligue des gentlemen extraordinaires, From Hell ou bien encore Top 10, établir un Top 5 des plus grandes œuvres d’Alan Moore est somme toute chose aisée. Mais à l’occasion du 41ème Festival international de la bande dessinée de la ville d’Angoulême, où le scénariste anglais sera l’un des trois candidats pour le grand prix 2014 (avec Katsuhiro Otomo et Bill Waterson), il nous apparaît plus intéressant de revenir sur les travaux moins connus du bonhomme (ou venant moins immédiatement à l’esprit) à travers un top 5, totalement subjectif comme d’habitude, mais riche en bonnes BD.

 

 

 

For the Man who has Everything

5/ Superman – For the Man who has Everything (Superman Annual #11 – Dessiné par Dave Gibbons)

 

Le duo à l’origine d’une des plus grandes œuvres artistiques du XXe siècle (Watchmen) avait déjà commis un premier forfait. La nature du délit ? Une histoire de Superman dans laquelle l’homme d’acier est piégé par un de ses ennemis, Mogul, qui le plonge dans une sorte de coma profond au sein duquel notre héros vit une nouvelle existence. Dans celle-ci, Krypton ne fut jamais détruite, Kal-El y est devenu chercheur et a fondé une famille.

 

Moore nous décrit un Krypton sur le déclin avec quelques visions assez terrifiantes préfigurant Watchmen. C’est également l’occasion de voir Batman et Wonder Woman à l’œuvre en tentant de délivrer leur ami. C’est surtout une histoire sacrificielle magnifique dans laquelle notre héros fait preuve d’une abnégation terrible, et renonce à son rêve le plus fou et le plus cher pour sauver ses amis.

 

Wildcats #21

4/ Wildcats, Spawn, Suprême et toute la production Image

 

Un gros package parce qu’il est au final assez difficile d’extirper un épisode ou une série majeure. Image, c’est ce studio fondé en 1992 par différents dessinateurs de chez Marvel, qui décidèrent de créer une structure puissante pour leur permettre d’éditer leurs propres créations (traduction : les sous-sous, ça n’est plus pour DC ou Marvel, c’est pour bibi). Image, ce sont des séries visuellement au top de ce qui se faisait à l’époque, mais assez affligeantes côté narration. Conscient de cette lacune, les différents dessinateurs firent venir des scénaristes afin de remonter la pente. On peut comprendre qu’un Alan Moore, qui avait des griefs envers Marvel et DC, apprécia la démarche de Todd McFarlane, Rob Liefeld ou Jim Lee. Et force est de reconnaître que la greffe prit bien.

 

 

Ainsi, il offrit ses visions d’horreur à Spawn en commençant par la descente (littérale) aux enfers du tueur Billy Kincaid ; il donna un coup de fouet à Wildcats aidé en cela par les dessins de Travis Charest ; mais surtout il se servit d’une création de Liefeld somme toute quelconque (Suprême, un ersatz de Superman et Thor) pour mettre en place une série d’épisodes méta discursifs sur les super-héros et leurs capacités à se réinventer au fil du temps, doublés d’un hommage à l’âge d’argent.

 

Captain Britain

3/ Captain Britain (Marvel Super-Heroes #387 à #389, The Daredevils #1 à #11, The Mighty World of Marvel #7 à #13 – Dessiné par Alain Davis)

 

Alors qu’Alan Moore travailla souvent avec DC Comics, ses travaux pour Marvel furent moins nombreux mais pas moins intéressants. Reprenant les rênes de la série après Dave Thorpe, Alan Moore va développer les idées de son prédécesseur et proposer avec le jeune Alan Davis une série pour le moins très sombre. Les morts s’empilent, Captain Britain est véritablement torturé, et les manigances sont de mise.

 

En nous racontant les aventures d’un personnage iconique dans une Angleterre plongée dans le chaos, Captain Britain dresse un portrait terrifiant de son pays (difficile de ne pas voir dans le personnage de la Renarde le portrait de Margaret Thatcher) et préfigure ainsi le futur V pour Vendetta. Du fait du faible nombre de pages par épisode, la série s’en trouve alors extrêmement bien rythmée et Moore se permet également de tuer son héros afin de mieux le redéfinir. Un procédé qu’il reprendra et perfectionnera dans…

 

The Saga of Swamp Thing

2/ The Saga of Swamp Thing (épisodes #20 à #64 – Dessiné notamment par Stephen Bissette)

 

Créée à l’origine par Len Wein et Berni Wrightson en 1972, la créature du marais connut une véritable renaissance aux répercussions énormes sur l’industrie du comic books. Quand il reprit la série en 1984, Alan Moore frappa deux grands coups : dès le premier épisode, il tua la créature du marais, dès le second il la ressuscita tout en redéfinissant ses origines. La créature du marais n’est pas Alec Holland (cet homme transformé en monstre suite à la destruction de son labo) mais  un véritable être végétal qui a absorbé et ingéré le corps mort de Holland.

 

Ces changements posés, Moore va faire de la série une fresque horrifique et tragique qu’il déconnectera de l’univers DC traditionnel (voir d’ailleurs une des premières couvertures de la série où la ligue de justice paraît bien incapable de sauver les hommes d’une nature qui veut les exterminer). The Saga of Swamp Thing de Moore, ce sont des récits magnifiques mais aussi terrifiants, qui n’épargnent rien, ni personne. C’est la création d’un vaste univers magique et végétal. C’est une histoire d’amour touchante. Et ce sont aussi les délires visuels d’auteurs qui ne devaient pas boire que de l’eau.

 

Mais The Saga of Swamp Thing, c’est aussi la première grande incursion d’un auteur anglais dans une série américaine. Et la preuve que du sang neuf injecté à des « petites » séries donne de grandes choses. C’est enfin l’apparition du personnage de John Constantine qui allait devenir la figure de proue d’une collection, Vertigo, qui changea beaucoup de choses dans le monde des comics.

 

Wathever Happened to the Man of Tomorrow ?

1/ Superman – Wathever Happened to the Man of Tomorrow ? (Superman #423, Action Comics #583 – Dessiné par Curt Swan)

 

On a commencé ce top avec Superman, il est logique qu’on le termine avec lui. En 1986, Alan Moore vient de terminer son œuvre maîtresse, Watchmen, qui va totalement révolutionner les super-héros tels que nous les connaissions jusqu’à alors. En 1986, DC Comics termine de son coté Crisis on Infinite Earth, le grand bouleversement de son univers. La firme compte relancer toutes ses séries y compris Superman, dont elle confie la rénovation au grand John Byrne qui est prêt à lancer l’homme d’acier dans une nouvelle ère. Editeur chez DC, Julius Schwartz (l’homme derrière la version moderne de Flash et Green Lantern notamment) voulut offrir une conclusion digne de ce nom à Superman avant son relaunch. Il confia donc cette tâche à Alan Moore et Curt Swan, le grand dessinateur de Superman.

 

Le résultat ? Une histoire magnifique, bouleversante, grandiose, épique, à la hauteur de l’homme de demain. Conscient que la nouvelle version allait mettre de côté des éléments jugés vieillots, Moore va tous les convoquer ici pour l’ultime combat de Superman. Comme une forme d’adieu, nous voyons défiler au fil des pages les plus grands ennemis, alliés et amis du Kryptonien. Au revoir bouleversant et formidable hommage à l’âge d’argent, Wathever Happened to the Man of Tomorrow ? est probablement l’une des plus grandes histoires du personnage.

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