Top 5 des plus grands tortionnaires du cinéma

Top 5 des plus grands tortionnaires du cinéma

Tu aimes le fouet? Le waterboarding? Les chansons de Britney Spears et le heavy metal? Alors réjouis toi lecteur, à l’occasion de la récente sortie de WHIPLASH et du terrible prof de jazz sadique interprété par J.K. Simmons, la rédaction du Daily Mars a été soumise à la question et s’est fendue, au prix d’un interrogatoire musclé, son Top 5 des plus grand tortionnaires du cinéma.

 

Joan Crawford (Faye Dunaway) dans MAMAN TRES CHERE de Frank Perry (Mommie Dearest, 1981)mommie_dearest

C’est bien connu, les plus grands tortionnaires de nos vies peuvent parfois être nos parents : pères alcooliques, mères démissionnaires, le cinéma ne nous a jamais épargnés. Traumatisme d’enfance, Maman très chère est resté gravé dans mes chocs cinématographiques durant de nombreuses années. C’est à partir des mémoires (et du scénario) de Christina Crawford, fille de Joan Crawford, actrice bien connue, que ce film est réalisé. Elle y témoigne de la cruauté de sa mère et de son enfance bouleversante à souhait. Enfant adopté par une femme complètement folle, Christina raconte le mal-être de sa mère, sa cruauté ainsi que sa vanité. Tiraillée entre sa vie privée et sa vie publique, Joan Crawford mélange tout et affiche une folie digne d’une des plus grandes mégalomanes. Les démons qui habitent cette tortionnaire sont ceux qui hantent toutes stars de cinéma, peur de vieillir, de ne plus travailler… Et ils l’entrainent dans les méandres de l’alcoolisme. On assiste à une descente aux enfers, jusqu’où va-t-elle aller ? C’est avec une scène culte, assez insoutenable, que Maman très chère s’ancre dans votre mémoire, celle des cintres, que nous vous proposons un peu plus bas.
D’un point de vue qualitatif, ne nous mentons pas, ce film a pris un sacré coup de vieux, le maquillage de Faye est super flippant et son jeu un peu outrancier. Mais elle reste quand même la figure de la mère égoïste, tortionnaire et complètement dézinguée du bulbe sur laquelle on espère ne jamais tomber.

 

 

fullmetalSergent instructeur Hartman  (R. Lee Hermey) dans FULL METAL JACKET de Stanley Kubrick (1987)

Honte à Plissken de moi-même, tisane de tisane de foutriquet de palsembleu ! J’allais débuter la rédaction de ce petit module consacré au Sergent instructeur Hartman dans Full Metal Jacket, l’un des pires salopards sadiques jamais vus au cinéma et ce grâce à la performance interstellaire de R. Lee Hermey… Quand soudain, paf ! Voilà-t-y pas que me sauta aux méninges le souvenir de mon texte consacré au dit Sergent dans notre feuilleton des 100 badass du cinéma. Veuillez me pardonner ainsi la paresse crasse qui s’empare de mon être en cette journée post-agapes noëliennes, mais je vais donc me contenter de faire présentement un lâche copié-collé de ma prose d’alors. Surtout que, en toute modestie, tout y est dit ! Précisons juste que Full Metal Jacket est bel et bien l’un des films préférés de Damien Chazelle et que la prestation gueularde de Hermey dans le chef-d’oeuvre de Kubrick a largement inspiré le jeune américain dans sa direction de J.K. Simmons en prof de jazz atrabilaire dans Whiplash.

Sur ce ! Comme je le disais à l’époque…. : 

 « Il est au centre de toute la première partie de Full Metal Jacket et on l’aime, tant cet odieux personnage a le sens de la formule bien saquée : le sergent d’artillerie instructeur Hartman, impitoyable bourreau des jeunes recrues qu’il est chargé de former dans un boot camp avant leur départ pour le Vietnam au sein du Corps des Marines. A l’écran, Hartman n’est rien d’autre qu’une machine à gueulantes, un déversoir d’injures dont la mission est de transformer les boutonneux en authentiques machines à tuer après un lavage de cerveau méthodique. Les plus forts s’en sortent avec suffisamment de distance pour endurer leur déconstruction psychologique, les plus faibles craquent comme le pauvre “engagé Baleine” (l’acteur élastique Vincent d’Onofrio) lors d’une des scènes les plus glaçantes de toute la filmo de Kubrick.

« Le secret de l’authenticité du sergent Hartman ? Son incroyable interprète, le génial Ronald Lee Ermey (R. Lee pour les intimes), authentique ex-Marine, ex-vétéran du Vietnam, reconverti dans le cinéma depuis les seventies, à la fois comme acteur et consultant militaire. Ermey (à ne pas confondre avec le fabricant de macarons, hein), qui avait déjà conseillé Coppola sur Apocalypse Now tout en y incarnant un pilote d’hélico, n’était pas le premier choix de Kubrick pour jouer Hartman. Sur le plateau, il était “simple” consultant pour les acteurs mais une vidéo de 15 minutes concoctée par Ermey, où ce dernier alignait sans s’interrompre une bordée de jurons, attira l’attention du maestro sur son incroyable aptitude à l’abattage verbal. La légende raconte que le réalisateur acheva d’être convaincu le jour où, voulant attirer son attention, Ermey lui intima soudainement l’ordre de se lever quand il lui parlait… Obtempérant instinctivement, Kubrick finit par embaucher Ermey pour le rôle. Bien lui en a pris : ce gros réac raciste d’Hartman est aussi révoltant qu’hilarant et l’on savoure jusqu’à la lie la moindre goûte de ses obscénités dégradantes, quasiment toutes improvisées par Ermey devant la caméra (un exploit quand on connait l’aversion de Kubrick pour l’improvisation !!!).

« Le metteur en scène fut comblé, dit-on, par la prestation de R. Lee Ermey qui, pour renforcer son autorité, ne rencontra aucun des comédiens avant le tournage ni ne sympathisa avec eux entre les prises. Troublante mise en abîme de l’acteur avec sa fonction technique sur le plateau. A mi-parcours dans Full Metal Jacket, implacable démonstration de la destruction mentale de l’Homme par la guerre, Hartman périra par où il a pêché. Une scène choc pour le spectateur qui s’était paradoxalement attaché à ce vieux dégueulasse en uniforme et une sortie de première classe pour R. Lee Ermey, dont la carrière à Hollywood fut jusqu’à aujourd’hui extrêmement prolifique grâce à cette inoubliable composition. A noter qu’en VF, R. Lee Ermey fut doublé sur Full Metal Jacket par feu Bernard Fresson qui fit un admirable travail d’interprétation sur la base d’une non moins admirable adaptation française aux petits oignons des répliques hautes en couleurs du sergent Hartman ».

 

baby janeBaby Jane Hudson (Bette Davis) dans WHATEVER HAPPENED TO BABY JANE de Robert Aldricht, (1962)

Rongée par la jalousie et par l’excès de boutanche, l’ancienne enfant vedette « Baby » Jane Hudson est une tortionnaire plus animée par la folie que par le sadisme. Ceci dit, elle est tout de même capable de belles saloperies. Mortellement jalouse de sa soeur Blanche, une talentueuse actrice coincée dans un fauteuil roulant suite à un accident de voiture, elle devient sa gardienne et lui fait vivre les pires horreurs, de la torture psychologique à base d’animaux morts au tabassage en règle. Interprétée par une Bette Davis terrifiante et maquillée comme une poupée de porcelaine vieillissante, Baby Jane est de ces personnages sinistres qui vous donne froid dans le dos et qui transpire la psychose à grosses gouttes. Une tortionnaire complètement malade dedans sa tête, toujours à deux doigts de franchir la limite qui sépare le supplice du meurtre.

 

 

 

 

 

 

 

vincent-cassel-black-swan2Thomas Leroy (Vincent Cassel) dans BLACK SWAN, de Darren Aronofsky (2010)

Pauvre, pauvre petite Nina Sayers, ballerine obsédée de réussite et prête à tout pour décrocher le double rôle principal d’une version hard boiled du Lac de Cygnes que prépare le talentueux mais odieux maître Thomas Leroy. Séducteur, manipulateur, impitoyable, le venimeux directeur d’une école prestigieuse new-yorkaise ne va faire qu’une bouchée de la danseuse mais dans le seul but de la pousser vers les cimes de l’excellence. Une partition cruelle et inconsciente avec laquelle le fragile jeune femme va finir par s’accorder avec un brio surnaturel, mais au prix définitif de sa santé mentale. Certainement le meilleur rôle de Cassel à ce jour et un thriller psychologique contesté mais toujours aussi époustouflant dans son crescendo final, comparable dans son principe narratif à celui de Whiplash.

AuditionAsami Yamazaki (Eihi Shiina) dans AUDITION, de Takashi Miike (1999)

Seul depuis la mort de sa femme il y a sept ans, Shigeharu retrouve finalement l’amour en la personne d’Asami, une femme de 24 ans rencontrée dans le cadre d’une audition. Douce et réservée, la belle Japonaise cache cependant un terrible secret…

Avec Audition, le prolifique Takashi Miike a créé l’une des tortionnaires les plus mémorables du cinéma. Sous ses airs angéliques, Asami est un véritable démon qui ne révèle sa vraie nature qu’à la toute fin du film, après une heure et demie de malaise et de tension croissante. Le climax révèle l’effroyable perversité de cette âme meurtrie capable de transformer un homme en animal de compagnie, de découper des membres avec fil métallique ou de planter de fines aiguilles sous les yeux de son amant. « Giri giri giri…« 

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